Réflexions sur le discours du Président sortant, Mgr Vingt-Trois
Nous sommes restés sur notre faim en lisant les commentaires répandus dans la presse. Ces réactions du genre « discours de combat de l’archevêque de Paris », nous a paru à des années lumières de la réalité. Heureusement Perepiscopus a trouvé un bémol à propos de la philosophie des Lumières.
L’annonce d’une violence civile à venir est certes intéressante, mais elle ne constitue pas en soi une originalité catholique et d’autres qui ne le sont pas l’ont aussi prédite. A qui s’adressait l’archevêque ? A ses confrères, au clergé, aux fidèles, aux Français, aux responsables politiques ? Il aurait pu ajouter sans que cela puisse lui être reproché que la paix véritable, surtout la paix civile ne peut se concevoir sans le respect de l’ordre voulu par Dieu. Il aurait pu citer la première phrase de Pacem in Terris du Bienheureux Jean XXIII. Il ne se compromettait pas vis-à-vis de l’appareil épiscopalo-médiatique puisque LA VIE-LEMONDE avait fêté l’anniversaire de cette encyclique le 10 avril : « 1 - La paix sur la terre, objet du profond désir de l'humanité de tous les temps, ne peut se fonder ni s'affermir que dans le respect absolu de l'ordre établi par Dieu. »
Ce simple rappel aurait placé ce discours à la hauteur où il aurait dû être. A côté des phrases creuses voilà qui aurait marqué notre différence.
Ce que nous voulons souligner c’est le décalage entre ce discours et la pratique épiscopale. (Mis à part les diocèses qui ont un évêque responsable).
« Nous somme entrés dans le temps des héritiers, que nous sommes tous, et il me semble que les modalités d’interprétations des textes conciliaires et de leurs applications vont devenir particulièrement importantes et significatives. »(1-3)
Et de rappeler le discours de Benoît XVI à la Curie du 22 décembre 2005.
Le problème ici est double.
1 -Voici plus de 50 ans que le Concile est terminé et on est toujours en attente d’interprétations. Il y a certainement quelque chose qui ne fonctionne pas. Et apparemment depuis que le Cardinal de Paris est aux affaires ça n’avance pas.
2 - Cette interprétation tant attendue a trouvé sa solution auprès des jeunes avec la bénédiction de l’épiscopat. C’est l’incroyable YOUCOUN qui est chargé de « célébrer comprendre et promouvoir » le Concile chez les jeunes. Nous avons déjà abordé cette question mais nous allons y revenir. YOUCOUN semble avoir la réponse que n’a pas le Cardinal.
Le style nouveau du Pape François pose question au cardinal . ;
« Peut-être faut-il y voir une intention d’infléchir au moins la représentation que l’on se fait du pape et les attitudes à son égard ? Certains, sautant allègrement par-dessus la tête des évêques ne voient-ils pas dans le pape une sorte de super-évêque, ou, mieux encore de curé du monde… ? Il me semble que la manière de faire suivie par le pape François induira une pratique plus conforme à la tradition er à l’ecclésiologie »(1-4)
Le pape curé du monde. Ah la belle formule ! Nous remercions le Cardinal de ce magnifique rappel du catéchisme. « La dignité du pape est la plus grande de toutes les dignités sur la terre, et elle lui donne un pouvoir suprême et immédiat sur tous les pasteurs et fidèles. »
Avec la plus grande affection, la plus grande attention et le plus grand respect, une partie de la jeunesse catholique, surtout depuis Jean-Paul II, s’est mise à l’écoute des enseignements de l’Eglise en direct. Et a redoublé de ferveur avec Benoît XVI !
L’arrivée d’internet est providentielle. A l’heure où se tarissaient les sources de la foi, les fidèles ont pu trouver où étancher leur soif !
Ce que leur curé, leur évêque ne leur donnaient plus, ils l’ont trouvé chez le curé du monde. Et le cardinal qui a cru bon de faire une sorte d’inventaire à sa manière des points non-négociables s’est lourdement trompé. Lui qui marchait dans l’ombre de son prédécesseur aurait dû se souvenir de ses paroles : « Ce n’est ni une mode retro, ni un réflexe identitaire, c’est une réaction vitale. Nous leur avons peut-être donné un christianisme carencé ? Ils ont besoin de vitamines et de nourriture solide, pour parler comme Sain Paul » (Cardinal Lustiger 25 août 1998).
Cette jeunesse était à la périphérie de notre monde et aujourd’hui elle est dans la rue pour défendre l’ordre établi par Dieu ! « La nouvelle évangélisation » a été et est pratiquée par les trois derniers papes et ça marche ! Tandis que celle qui est mise en œuvre depuis vingt ans ( 1-5) par l’épiscopat elle est encore à chercher ses objectifs prioritaires.
Comme nous l’avons écrit dans notre article précédent, ceux qui ont reçu et persévéré sont ceux qui au retour des JMJ ont rencontré des communautés nouvelles et traditionnelles où leur foi rénovée a pu prospérer. Les autres ont retrouvé leur diocèse aride. Où les vocations ont-elles fleuri ?
Quel bilan Eminence !
A suivre…
Mariage pour tous ? Quelle Stratégie – 4
Nous venons de voir que l’engagement politique de Frigide Barjot et l’avachissement de l’archevêque de Paris conduisaient à éliminer les catholiques des manifestations du 13 janvier et du24 mars. En revanche, un grand nombre d’évêques est intervenu pour une levée en masse bien réelle. Et le site du Salon Beige a eu dans cette action un rôle d’informateur (encyclopédique selon Yves Daoudal) et de coordinateur exceptionnel …en direction des catholiques de toute la France. Lorsqu’on voudra écrire l’histoire de ces années ; le S.B. sera la référence obligatoire.
Ce que Frigide Barjot et l’archevêque ne veulent pas voir, Charlie Hebdo l’a vu : le retour des catholiques en politique, c’est une évidence. (S.B., 9 avril). Pour des raisons différentes cette réalité dérange l’égérie et le cardinal ! Cachez ces cathos que je ne saurais voir, c’est un jeu idéologique qui n’est vraiment pas à la hauteur de l’événement.
« Libération » en a fait une rivalité de femmes. Guillaume de Thieulloy, (S.B. 10 avril) a remis les choses en perspectives de la meilleure façon.
Nous sommes maintenant à la phase suivante. Et ce sont bien les catholiques, s’ils cessent de s’en remettre à des saltimbanques ou à des demi-soldes de la foi, qui continueront la bataille et finiront par l’emporter.
I - Pour une bataille de ce genre il faut savoir avec précision qui sont nos adversaires si nous voulons combattre avec efficacité. Nous avons en face de nous un pouvoir politique et un pouvoir spirituel.
Le pouvoir politique a lui-même une idéologie qui lui tient lieu de « pouvoir spirituel ». C’est le pouvoir de la franc- maçonnerie qui se décline selon les tendances politiques représentées au parlement et dans les médias. Sous ce rapport, il n’y a aucune différence entre un socialiste ou un UMP ou un FN qui veut entrer dans l’arène politique coûte que coûte. Ils n’ont pas dans leur programme de points non-négociables. Et ils feront toutes les promesses qu’on veut sans jamais s’engager à les tenir.
Face à ce pouvoir politique, tout l’art consistera d’abord à éliminer la pléthore de canailles qui siège au Parlement et au Sénat et dans toutes les autres instances qui requièrent nos votes et soutenir les moins mauvais et les bons s’ils existent. Ce discernement ne va pas de soit et nécessite d’être parfaitement informé pour que chaque action soit parfaitement ciblée.
Cela ne demande pas la création d’un parti. Le succès d’une élection se joue souvent à un faible pourcentage.
La multiplicité de groupes contre le mariage homosexuel dans toute la France fournit a priori la base d’une organisation locale capable d’obliger ceux qui prétendent nous représenter, à se dévoiler. Cela s’adresse surtout à l’UMP et au Front National car leurs représentants nous tourneboulent avec leurs formulations confuses. Dire qu’on abrogera la loi du mariage homo si on est au pouvoir mais que ceux qui auront été « mariés » selon cette loi le resteront, c’est une foutaise ! Foutaise aussi de la part de ceux qui invoqueront les lois européennes pour nous dire « Désolés » ! L’UMP et ses prédécesseurs qui depuis des lustres animent la politique de mort et veulent revenir aux affaires sont particulièrement dangereux d’autant que Frigide Barjot roule pour eux depuis longtemps.
La réflexion est vaste et il faut se mettre au travail tout de suite.
II - Le pouvoir spirituel est pour nous celui de l’Eglise catholique.
Dans quelques diocèses (moins d’une douzaine) cela ne posera aucun problème car les évêques ont la foi chevillée au cœur et au corps et ils savent ce qu’est la loi naturelle et le bien commun. Ils sont courageux, déterminés et ils ont montré une volonté sans faille ces derniers temps.
Malheureusement, et nous savons ce dont nous parlons, l’Eglise catholique en France est dominée par un pouvoir épiscopalo-médiatique, un comité central avec son appareil et son idéologie qui n’appartiennent pas au fonctionnement normal de l’Eglise. Sa puissance s’exprime à travers des commissions, des radios, KTO, une multitude de feuilles, de revues et de journaux qui sont tenus par le clergé comme paroles d’évangile.
On comprendra pourquoi nous ne pouvons prendre pour argent comptant l’analyse de Gérard Leclerc dans Zénith du 11 avril 2013.
« L’expression de « catholicisme conciliaire » est équivoque, parce qu’elle semble solidariser l’enseignement de Vatican II et une certaine mouvance qui s’est réclamée du Concile d’une façon plus que discutable.
On s’en aperçoit en cette année anniversaire, que Benoît XVI a voulu placer sous le signe de la foi. Le véritable contenu doctrinal du Concile était d’une autre essence que l’ambiguë « ouverture au monde », grand slogan de l’époque. Cette mouvance s’est comme évaporée dans la nature. Elle n’a rien produit de vivace, ses continuateurs se livrant à une incessante polémique contre l’Eglise, qui n’a produit qu’amertume et découragement. Pardon de le dire crûment, mais ces gens ne se sont même pas reproduits. Cela est vrai pour les prêtres dits progressistes, qui n’ont aujourd’hui aucune postérité ».
C’est à se demander si l’on vit dans le même pays et si nous parlons de la même Eglise !
« Aucune postérité » ! : Et les synodes révolutionnaires dans les diocèses, et le refus généralisé de l’application du Motu proprio Summorum pontificum, et la mise à l’écart des communautés qui s’en réclament et les ostracismes internes aux diocèses. La génération des conciliaristes qui, à plus de quatre-vingt ans, contrôle et formates les prêtres d’après Vatican II. Toute l’action catholique qui marche comme un seul homme au canon de la gauche et dont les responsables interchangeables sont issus de la CFDT, et du PS comme le président du Secours catholique toujours encarté ! Ceux-là sont l’Eglise, ils tiennent sous leur férule la quasi totalité des diocèses. Et la grande débilité de la formation dans les séminaires.
Pas étonnant que Gérard Leclerc envoie son coup de pied de l’âne à CIVITAS : « Tout ce qui contribue à une revictimasation de la condition homosexuelle est à bannir résolument. Ceux qui se laisseraient tenter par une attitude homophobe ne savent pas ce qu’ils font. C’est le cas d’ailleurs d’une association comme Civitas qui intervient non seulement à contre-emploi, mais au plus grand profit de la cause du « Mariage pour tous ».
Civitas n’a pas droit aux considérations aimables que G.L. envoie aux juifs et aux mulsulmans. C’est à vomir
Moderniste, progressiste ou relativiste ? On peut difficilement s’en tenir à un seul vocable. Nous allons cependant en proposer un.
L’Eglise en France à travers son comité central, ses commissions et tout son appareil est une EGLISE POPULAIRE, au sens où le mot « populaire » était employé dans les pays soumis au joug soviétique, à Cuba ou au Nicaragua ou encore dans les modèles proposés par la théologie de la libération.
Cette Eglise ne confesse plus la foi catholique (sinon par éclipse), mais une idéologie religieuse en phase avec le monde moderne. Elle diffuse ou fait diffuser LA VIE- LEMONDE dans les églises. Elle est dictatoriale et tyrannique ; refuse de répondre aux questions légitimes qui lui sont posées ; finance des officines pro avortement, et pro mariage homo.
J’ai personnellement analysé les messages de Noël de mon évêque sur dix ans. Il n’est jamais question du péché originel. Mais j’ai aussi analysé cinquante neuf – 59 - messages épiscopaux de Noël et les Homélies de la nativité pour 2012. Pas un ne cite le péché originel !
Il y a un énorme décalage dans les textes des évêques qui se sont opposés au mariage pour tous. Si certains ont bien rappelé la foi catholique et le décalogue, le plus grand nombre s’est lancé dans des explications anthropologiques. Non pas qu’il ne faille pas en ces circonstances être compris du plus grand nombre mais cela dispensait-il de l’affirmation de la Foi !
Que dire de la langue de bois !
Aussi les catholiques qui s’engagent dans le combat pour la France catholique doivent savoir que les pièges, les chausse-trappes, les disqualifications, les accusations de « Cathos réacs » (et donc infréquentables), les ostracismes en tous genres seront leur lot commun.
Les grandes manifestations catholiques ont eu un très grand mérite qui n’a pas été souligné : elles ont montré que le règne de l’EGLISE POPULAIRE de France était en train de disparaître. L’appareil de l’EGLISE POPULAIRE issue de la CFDT et de l’Action catholique, était aux abonnés absents pour manifester.
Cette génération a commencé à lever la tête avec Jean-Paul II et internet. Elle n’a plus été soumise à l’abrutissement religieux de l’Eglise populaire. Elle a enfin reçu l’enseignement qu’elle attendait et dont elle s’abreuve avec avidité sous Benoît XVI et maintenant le pape François.
Dans notre pays, les effets des JMJ n’ont absolument pas enrayé la chute des vocations. En revanche JMJ et tradition envoient des vocations chaque jour plus nombreuses dans les communautés Ecclesia Dei. Est-ce à dire que les autres jeunes n’ont pas reçu la même foi, le même désir de servir ? Certes non ! Mais ils sont retournés dans leur diocèse qui est un désert spirituel, moral et catéchétique. Le blé ne lève pas sur les pierres du sentiers .
Oui les catholiques sont entrés en politique. Dieu, les préserve de l’Eglise Populaire
Manif pour tous ? - 3
Qui s’est donné la peine de lire le blog de Frigide Barjot ? Qui l’a entendu déclarer que sa foi avait éclairé sa raison ?
Il faut lui reconnaître du génie dans l’art de l’agitation tant chez les catholiques qu’à l’UMP. Avec un bagout politico-religieux inouï, cette brasseuse de vent court de Radio-Notre Dame à l’UMP en passant par Christine Boutin. Elle a raconté cet épisode sur son blog. On est à la fois atterré par le vide, l’outrecuidance et l’assurance de sauver l’humanité.
De ses deux accompagnateurs dans ce tourbillon électoral, Marc de Leyritz (groupe Alpha) et Philippe Ariño, seul le second va subsister dans le décor. Il est une espèce d’associé fétiche dont la fonction est de conjurer l’homophobie toujours renaissante !. Sarkozy en chassant les voix de droite s’est bien gardé d’une quelconque tentative de séduction en direction des catholiques concernant les problèmes éthiques et sociétaux.
A cette date, l’archevêque de Paris pas plus que le Président de la république n’attendent quoi que ce soit de cette agitation. Lisons notre égérie :
« Aide-toi, le Ciel t’aidera
C’est ainsi que j’ai essayé auprès de Patrick Buisson, père Joseph de Nicolas, qui a pris, lui, le temps de lire une lettre longue et ennuyeuse comme cet article, dans laquelle j’insistais : «… Face au rouleau compresseur des promoteurs de l’idéologie dominante interne et européenne, se contenter du statu-quo législatif et ne compter que sur le rejet du programme de Hollande est totalement insuffisant. Je dirai même plus, c’est suicidaire pour tout le monde. »
Et via Christine Boutin, ma demande a atterri chez Emmanuelle Mignon, la directrice du programme de Nicolas Sarkozy. D’autres contactaient Camille Pascal, plume du président à l’Elysée, et moi, pendant ce temps, je peaufinais une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, bien décidée à la publier ici même en cas de refus.
Très vite « le miracle » s’est produit. Une fois l’humeur – la joie chez nous – passée chez les unes et les autres, un rendez-vous a donc été bloqué pour le mardi 17 avril. J’en remercie ici même tous ceux qui y ont œuvré et qui l’ont accepté. Pour mieux préparer et réaliser l’entrevue, j’ai demandé de l’aide à la troupe des amis de cœur sacré. Deux courageux, Marc de Leyritz et Philippe Ariño se sont levés, sont venus, ont vu et pourront dire un jour à leurs enfants qu’en cette fin d’après-midi et de campagne 2012, une profane trinité a marché sous la pluie sur l’Elysée pour tenter d’œuvrer à la préservation de l’Humanité. Je sais, ça paraît exagéré, mais un jour, vous aussi, vous comprendrez ! » http://frigidebarjot.com/tag/presidentielles/feed/
Avec cette opération Frigide Bardot est entrée dans la peau d’un personnage qu’elle ne quittera plus
Pour Mgr Vingt-Trois qui suit tout cela de très près, il s’agit là d’une mobilisation des catholiques qui n’a pas lieu d’être car elle donne à penser que ceux-ci vont devenir une force politique. Et dès le mois de février 2012 dans un entretien à LA VIE-LE MONDE, alors que d‘aucuns veulent inclure la loi de 1905 dans la constitution, il se déclare satisfait de la laïcité à la française :
« Faut-il renforcer la laïcité par une nouvelle contrainte ( La Vie- le Monde)?
Rep : « La laïcité n’est pas une contrainte. Elle doit permettre à des gens qui ont des convictions différentes de vivre ensemble de façon paisible. La laïcité n’a pas pour but d’établir un no man’s land de la croyance, de telle sorte qu’elle n’existerait que là où il n’existerait plus de religions. Dans le débat qui a marqué la loi de 1905, c’est le courant libéral qui l’a emporté pour l’adoption de la loi et sa mise en œuvre. Nous devons être fermement attachés à une vision consensuelle de la laïcité, et ne pas céder à une pratique conflictuelle. »
Tout est à craindre. Il faut l’engagement de Benoît XVI et les points non-négociables pour que la cohésion catholique subsiste. Mais tout l’appareil épiscopalo-médiatique penche à gauche.
« L'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, s'est félicité samedi que de "nombreux catholiques" se mobilisent dimanche contre le mariage homosexuel, tout en assurant que "ce n'est pas une manifestation de l'Église contre le gouvernement", dans un entretien à radio Notre-Dame.
"Je suis heureux de savoir que de nombreux catholiques se sont mobilisés, mais ce n'est pas une manifestation de l'Église contre le gouvernement", a déclaré le cardinal, à la veille de la manifestation nationale prévue par les opposants au projet du gouvernement ouvrant le droit au mariage homosexuel. "Les religions ne sont ni les instigatrices ni les organisatrices de cette manifestation. Les membres de nos différentes religions y participent selon leurs différentes opinions", a-t-il ajouté en référence aux responsables des principaux cultes en France reçus en début de semaine par le président François Hollande à l'occasion de la cérémonie des voeux.
"Ce qui a été clair de la part des responsables des différentes religions, c'est que nous n'étions pas devant un phénomène religieux opposé au gouvernement. Nous étions devant une opinion qui a quelque chose à faire connaître, à faire entendre au gouvernement, indépendamment des attaches religieuses de chacun", a-t-il ajouté. André Vingt-Trois, qui ne défilera pas ». (Le POINT 12- 11- 2013).
L’idéologie de ce discours ravale la position catholique à « une opinion qui a quelque chose à dire » Et surtout « ce n’est pas une manifestation de l’Eglise contre le gouvernement ».
Ce profil bas n’est pas la marque d’une grande âme mais celle d’un évêque qui tremble devant César. Cette peur est marquée par un triple reniement : refus de paraître ce qu’il est, refus de rappeler à César qu’il doit aussi rendre à Dieu ce qui est à Dieu, refus de considérer que les fidèles catholiques ont répondu à l’appel de leurs évêques pour défendre la loi naturelle et divine.
Il renouvellera cette attitude le 29 mars 2013 sur Radio-Notre Dame :
« Et je pense que c’est une erreur d’appréciation grave de penser qu’il s’agit là d’une réaction confessionnelle, religieuse, et qui ne reflète pas la diversité de la société française. Je pense que les gens qui ont manifesté reflètent la diversité de la société française, avec des accents plus importants chez les uns ou les autres. Mais il ne faut pas dire que ce sont des « cathos réac » qui sont les manifestants. Cela n’est pas vrai. C’est vraiment un reflet d’une société française qui a estimé qu’elle n’était pas entendue dans sa résistance et dans son opposition à ce projet de loi. Je pense qu’il faudrait lui donner au moins le signe qu’on ne méprise pas ce qui a été vécu et ce qui a été dit (…). » (Riposte catholique du 2 avril 2013).
Redisons le plus d’un million de catholiques ont manifesté pour défendre la loi naturelle et divine et tout ce que l’archevêque de Paris trouve à dire, qui révèle son esprit à la fois couard et sectaire, c’est qu’ils ne sont pas « réac ».
De semblables propos montrent à l’évidence l’alliance objective entre Frigide Barjot et l’archevêque de Paris : ni l’un ni l’autre ne veulent reconnaître que ce sont les catholiques, les simples paroissiens qui ont répondu en masse parce qu’ils ont encore, chevillée à l’âme et au corps, la fidélité à la foi de leur baptême !
Ils restent à ces fidèles à ne pas se faire duper.
Pour mémoire, la manifestation pour l’école libre en 1984, n’a servi à rien !
Trente ans après les établissements « catholiques » sont complètement englués dans l’association avec l’Etat et n’ont pour le plus grand nombre plus rien qui rappelle la sainteté du nom dont ils s’honorent encore.
Au moment de boucler cet article je constate le bien fondé de nos analyses voir le Salon Beige de ce jour 10 avril 2013. Le vrai visage de Frigide Barjot !
A suivre…
Manif pour tous ? - 2
Nous avons vu l’incroyable déclaration de Frigide Barjot après sa prestation à l’UIOF : « transpartisan » et « transcourant »… dans la mesure où « le principe de respect de la dignité de la personne sont partagés ». Charabia inadmissible ! Offense et injustice pour les marcheurs qui se réclament de la loi naturelle et divine !
Que signifie ce délire alors même que 95% au moins des manifestants sont catholiques, que ces manifestations n’ont atteint ce succès que parce que les deux-tiers des évêques français se sont portés en avant par leurs déclarations ?
L’UMP a emboité le pas le 24 mars car le parti a bien compris l’intérêt électoral qu’il pouvait en retirer. Et la place qui lui a été attribuée dans les interventions montre une connivence stupéfiante envers les politiques qui sont complices de longue date de la destruction de la société française ! Cette analyse élémentaire devrait quand même faire réfléchir et conduire aux décisions qui s’imposent. Plus on tardera, plus ce sera difficile et les résultats s’en ressentiront.
Tous ceux qui ne marchent pas dans les pas de Frigide Barjot sont rapidement taxés de jeu anti démocratique, d’extrémistes, de fachistes, de casseurs ou d’intégristes etc… Mais aujourd’hui la démarche de Frigide Barjot apparaît évidente après la déclaration du Pasteur Saïd au journal Présent. Converti de l’islam, il redit ce que nous avons lu sous la plume de Bernard Anthony d’une façon différente mais aussi catégorique : « Frigide Barjot est fragile ». Partageons-nous vraiment avec l’islam le même respect de la dignité de la personne ?
"C’est vrai que contre le « mariage pour tous », il y a un combat à mener à l’unanimité, mais je ne peux pas me vendre, je ne peux pas pactiser, je ne peux pas adhérer à d’autres courants religieux au nom de ce que je défends. Je ne vais pas faire de compromis. [...] Aller demander, supplier, se mettre à genoux et oser dire : « Vous êtes notre espérance »… Non, Christ est mon espérance, et ma vie est en Christ ! Même si nous sommes dans ce monde avec toutes ces valeurs qu’on renverse, ce n’est pas parce qu’on est en état de faiblesse face à un gouvernement que je vais pactiser ou faire un compromis avec une des personnes avec lesquelles je ne peux pas m’entendre. Je peux m’entendre avec les personnes ; ce sont mes frères en humanité mais pas en religion, et ils ont une doctrine à laquelle je ne peux pas adhérer. Frigide Barjot est fragile, elle ne connaît pas le vrai visage de l’islam, sa doctrine, ses valeurs, ni la condition de la femme dans l’islam pour oser y rallier la cause catholique à ce niveau-là. Car une fois qu’ils auront donné leur aval, que demanderont-ils en échange ? C’est ça la question et cela l’a toujours été : c’est la politique du grignotage, ils ne donneront rien sans demander quelque chose en échange. Surtout si elle leur dit que nous remporterons la victoire grâce à eux. « Nous vous avons aidés, à vous de venir nous aider pour la polygamie. » Ou pour le vote.
[...] Si elle vient demander de l’aide par rapport au projet Taubira, c’est une opportunité pour les musulmans d’apporter un soutien, mais toujours en contrepartie d’un échange sur un long terme. Donnant-donnant. [...] N’oubliez pas qu’il y a un double discours chez les musulmans. Il y en a qui ont déjà marché contre le « mariage pour tous » et tant mieux, mais, en interne, il y en a qui n’en ont strictement rien à faire de cette échevelée qui arrive et qui mendie quelque chose. [...] Les musulmans peuvent faire un beau sourire et promettre d’aider contre le « mariage pour tous », mais concrètement il n’y aura pas grand monde, sinon quelques groupes de personnes, mais les responsables ne se mettront pas en porte-à-faux, ce n’est ni leur stratégie, ni leur tactique, le croire est un leurre." (Présent 6 avril)
I
Que s’est-il passé pour que nous arrivions à une telle confusion, à une telle débilité ?
Fin 2011, Frigide Barjot est lancée dans une vaste opération de communication en vue des élections présidentielles de 2012. Voici trois textes de l’Appel à la vérité lancé à cette date où l’on retrouve exactement l’idéologie qui se révèle aujourd’hui : un mélange de christianisme et d’idéologie révolutionnaire.
« Devant le constat sans appel de l’absence de candidats éligibles portant les aspirations légitimes des citoyens croyants au Christ, en Dieu et plus largement dans les valeurs de l’Evangile d’où sont issus les Droits (et Devoirs) de l’Homme et les idéaux républicains de Liberté, Egalité et Fraternité, nous proposons un nouveau moyen de réflexion et d’action par le dialogue à tous les hommes et femmes, enfants de Dieu et citoyens de la République française, qui souhaitent faire entendre auprès des impétrants du second tour à la magistrature présidentielle la place non négociable dans leurs programmes des valeurs sacrées et humaines de la vie, de la famille, de la probité, du travail juste, de la liberté de conscience et de croyance, en un mot de la Dignité imprescriptible de l’être humain, dans le gouvernement de la Cité. »
« Nous affirmons que notre qualité d’hommes et de femmes de foi, en Dieu et en l’Homme, nous donne une place spécifique et légitime dans le grand débat public qui s’ouvre à l’occasion de l’élection présidentielle »
« Face aux nouveaux défis mondiaux (survie ontologique, survie économique, survie de la paix dans le monde, survie du monde lui-même), il y a aujourd’hui urgence institutionnelle à rappeler que le Christianisme est avec l’Humanisme laïque qui en procède, un des deux piliers de la civilisation française et occidentale. »
Il est dommage que les responsables qui se sont engouffrés dans la manif pour tous n’aient pas pris le temps de s’informer. A cette date, Frigide Barjot se déclare pionnière ! Elle est flanquée d’un pur produit de l’appareil épiscopalo-médiatique, Thomas Gueydier. Celui-ci responsable du portail jeunes de l’Eglise catholique, est présenté avec éloge par LA VIE- LE MONDE (n°3308), avec comme maîtres à penser Congar et Emmanuel Mounier ; il est directeur du Centre d’Etudes Théologiques de Caen, et référent catholique dans l’émission « Le dialogue des religions », de Voice of America.
Les deux profils se complètent. Thomas Gueydier n’apparaîtra plus dans la manif pour tous, sa marque catho étant un handicap au plan national. Il sera remplacé par les homosexuels, les trotskystes, les UMP, et tous ceux qui partagent la Dignité majusculaire de l’Homme. Pour mémoire rappelons cette déclaration de Frigide Barjot sur KTO. « Hier soir sur KTO, je me suis lancée dans l’annonce explicite de ce que je voterai en conscience et en tant que catholique ce dimanche 6 mai, jour de la Sainte Prudence : contre le programme de François Hollande donc, pour celui de Nicolas Sarkozy. Vous aussi engagez-vous pour un vote cohérent, ou dites votre liberté de foi sur » http://www.professiondefoi2012.com
Avant la manifestation du 13 janvier, il faut comprendre, que le cardinal Vingt-Trois n’a aucune idée du succès des mobilisations à venir et que sa surprise est totale de voir, avec des nuances, 89 évêques lancer les catholiques dans la bataille. Si l’opération échoue, le cardinal a fait le discours qui convient, si elle est victorieuse c’est tout bénéfice. L’UMP est dans ses règlements comptes. Tout va bien. Contrairement à ce qu’écrit Bruno Roger-Petit, Frigide Barjot n’est pas la marionnette de l’Eglise catholique ou des évêques même si elle reste branchée avec les médias cathos.
Lors du 24 mars, les évêques sont en arrière de la main. En dehors de la dizaine de courageux qui maintient le cap, le reste rentre dans le rang. La crainte d’être accusé d’homophobie est paralysante à souhait !
Mais tout se gâte véritablement après le 13 janvier. La mobilisation a été manifestement catholique. Cela est insupportable à l’idéologie de la confusion d’où l’éviction le 24 mars de ceux qui représentent encore ce label à savoir, Tugdual Derville et la porte-parole, Béatrice Bourges (témoignage sur le Salon Beige 26 mars), qui passent à la trappe au moment où, précisément, toute la clique des UMP resurgit. Les bonnets phrygiens des majorettes humanistes l’ont emporté sur la foule des catholiques. En revanche on déclare aux musulmans qu’on ne peut rien faire sans eux !...
A suivre…
Manif POUR tous ?
Ce qui était prévisible est arrivé. Frigide Barjot est arrivée au sommet de son incompétence. Des articles de plus en plus nombreux soulignent son insuffisance et sa partialité surtout depuis la manifestation du 24 mars et sa prestation au congrès de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France). Le communiqué de Manif pour tous sur la participation de Frigide Barjot se termine par cette déclaration :
« Le collectif de la Manif pour tous est « transpartisan », « transcourant » et continuera à rencontrer tous les citoyens français par-delà leurs opinions politiques, leurs croyances religieuses dans la mesure où les principes de respect de la dignité de la personne sont partagés »
Cela ne surprend pas les lecteurs de ce blog. Même s’il faut lui reconnaître un certain talent de mobilisatrice initiale, on reste pantois devant la naïveté de ceux qui l’ont suivie et qui se retrouvent hors course aujourd’hui. Au point que l’on s’interroge pour savoir pour qui elle roule.
On aurait évité de semblables désillusions si l’on s’était donné la peine de chercher qui est cette personne. Et là-dessus nous sommes restés sur notre faim.
Bruno Roger Petit du Nouvel Obs, écrit (14 1 2013) : « Derrière la catho-branchée, la porte-parole en mini-jupe, guêpière et talons aiguilles, la communicante branchée, la gentille et sympa fêtarde aux frasques amusantes, l'ancienne délurée (qui manquait de flanquer Pierre Moscovici dans le ravin d'une route escarpée du Var, au volant de son Austin rose, raccompagnant le futur ministre à l'aéroport de Toulon-Hyères au sortir d'une fête aux caves du Roi à Saint Trop', au milieu des années 1980), derrière l'organisatrice de soirées marrantes depuis plus de vingt-cinq ans, derrière la chanteuse des Dead Pompidou's, » c'est bien l’Église catholique qui est à l’œuvre.( http://www.youtube.com/watch?v=jSJIkJQReB4.)
B. Roger Petit poursuit :
"Barjot la branchée" vs. "Boutin la ringarde"
Au printemps 2010, Barjot est l'une des initiatrices du lancement de l'Appel à la Vérité, pétition destinée à réclamer équité médiatique dans le traitement des affaires de pédophilie.De nombreuses figures, sollicitées par Frigide Barjot, y compris des chrétiens de gauche, ou d'autres personnalités, plus ou moins proches de l’Église, signent alors la pétition. Certaines, ni cathos, ni chrétiens, la signeront également, réprouvant l'amalgame "pédophilie/célibat des prêtres" répandu par les anticléricaux de bazar, tendance "Charlie Hebdo".Dans les semaines qui suivent, Frigide est écartée de l'opération, parce qu'elle est Frigide Barjot, et que certains de ses camarades, compte tenu de son image d'amuseuse publique un peu déjantée, la jugent peu présentable à la hiérarchie catholique.La force de Barjot, c'est qu'en dépit de cette humiliation, elle n'a jamais renoncé à convaincre la hiérarchie catholique qu'elle peut lui être utile, persistant à organiser, dans la foulée de l'Appel à la vérité, événements et happenings en recourant aux méthodes des activistes américains. Et l'intelligence de la hiérarchie catholique a été de comprendre, c'est ce qui s'est joué ces dernières semaines, qu'il valait mieux instrumentaliser "Barjot la branchée" plutôt que "Boutin la ringarde" pour porter le message.
(http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/un-appel-a-la-verite-02-04-2010-5061_16.php)
Cet « Appel à la vérité » est la carte de visite de Frigide Barjot qui se présente à l’époque comme parodiste. Cet appel est relayé par LA VIE du groupe « Le Monde » qui signale que la Conférence Catholiques des Baptisé-e-s de France (CCBF) a adressé une lettre de solidarité à cette initiative. La CCBF est la version nouvelle du Comité de la Jupe et de tous ceux qui « sont aussi l’Eglise ».
En octobre 2011, on retrouve Frigide Barjot comme intervenante aux Etats Généraux du Christianisme, à Lille. C’est LA VIE qui organise avec un lancement signé de Jean-Pierre Denis, Directeur de la rédaction « Aucun doute : nous avons besoin d’un grand rendez-vous annuel de tous les christianismes ».
Le président de l'association catholique d'ouverture Nous sommes aussi l'Eglise publie un manifeste dans lequel il en appelle à une Eglise autre. A 33 ans, cet intellectuel multicarte offre un nouveau visage à la famille des catholiques d'ouverture.
Frigide Barjot a pu rencontrer à cette occasion celui qui était alors président du Conseil national du culte musulman (national est remplacé aujourd’hui par français).
L’atelier concerné : « Faut-il avoir peur de l’Islam ? Prières de rue, révolution arabe, migration, identité nationale, laïcité…un cocktail explosif ?
On me dit que Frigide Barjot s’est convertie. Certes, sa religion est celle de l’establishment gauchiste. Il serait temps de s’en apercevoir pour ne pas aller droit dans le mur.
Une explication supplémentaire est nécessaire car Bruno Roger Petit voit en Frigide Barjot la marionnette de l’épiscopat français. C’est une analyse que nous ne partageons pas.
(à suivre)