Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

En plein dans l’actu : Réflexions sur deux scandales. Quand les medias pseudo-cathos se révèlent anti-cathos

La Croix, La Vie, Le Pèlerin, Télérama…. Ils ne roulent pas pour ceux que vous croyez…


Une actualité très dense nous oblige à reporter de quelques jours la suite de l’affaire de Rouen.

Vous le savez, la connaissance des faits d’actualité n’est pas suffisante pour conduire une action efficace. Il faut que ces faits soient intelligibles dans le contexte social et religieux où nous évoluons.

Dans une remarquable conférence donnée au Congrès de Lausanne en 1965, Louis Salleron soulignait, parmi les traits caractéristiques de l’information  un aspect bien oublié :

« …elle (L’information), porte sur les faits dont la CONNAISSANCE est utile ou nécessaire à l’individu pour LE RELIER A LA SOCIETE, en tant qu’il est membre de cette société, en tant qu’il est affecté dans sa vie personnelle par la réalité sociale, en tant qu’il à a agir sur cette réalité sociale ; autrement dit, elle a pour nature et pour objet de faire PARTICIPER l’individu à la vie sociale par la connaissance, afin de lui permettre de participer de manière plus lucide et plus consciente par l’action ; à cet égard, elle est essentiellement « politique », au sens plein du mot - l’homme est un animal politique »- que son contenu soit politique stricto sensu, économique, religieux, scientifique, etc. ou purement « événementiel » (faits « divers » de tous ordres). "ACTES du CONGRES pages 43 & 44.

 

Comment participer  si le fait rapporté ne relie pas à la société ?

 Bernard Antony écrit sur son blog « Notre procès en référé au Tribunal de Paris contre l’abomination scatologique au Théâtre de la Ville intitulé « Sur le concept du visage du Fils de Dieu » avec un débordement d’excréments sur ce visage accompagnés d’odeurs de synthèse diffusées dans la salle pour les malades mentaux qui regardent ce spectacle, nous l’avons perdu.

Mais nous l’aurons mené une fois encore pour notre honneur. Les défenseurs de l’abjection, une fois encore aussi, auront trouvé un misérable prêtre pour venir soutenir l’insoutenable. J’écrirai un jour la mémoire de ces trahisons ecclésiastiques. »

Jeanne Smith de « Présent », raconte aussi cette abomination et signale sans précision le rôle de La Croix et de Télérama.

 

L’Institut CIVITAS a été semble-t-il le premier à réagir après que l’AGRIFF de Bernard Antony a engagé des poursuites. Cet Institut écrivait :

« Aidez le journal "La Croix" à retrouver un peu de lucidité

Quel n'est pas notre étonnement de trouver sur le site internet d'un journal qui porte pour titre "La Croix"http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Theatre/L... ) un article à propos de la rentrée théâtrale qui s'enthousiasme pour cette scandaleuse pièce intitulée "Sur le concept du visage du fils de Dieu". Le théâtre "se révèle d'une effervescence bouillonnante en ce début de saison", se plaît à écrire le journaliste, qui, parlant plus précisément de cette pièce dont le contenu est un savant mélange de scatologie et d'offense au Christ, le conseille à ses lecteurs comme un spectacle aussi profond que bouleversant à ne pas manquer.

Le journal "La Croix" se prêtera sans doute à quelques interprétations "d'avant-garde" pour justifier que le réalisateur Romeo Castellucci fasse monter sur scène des enfants pour caillasser le portrait du Christ fixé en fond de décor. Ces théories fumeuses ne convaincront que ceux qui ont perdu tout sens du discernement.

 

Pour aider le journal "La Croix" à retrouver un peu de lucidité au sujet de ces spectacles scandaleux en tournée en France dès le mois d'octobre, n'hésitez pas à adresser votre avis à la rédaction de ce journal dit chrétien."

 

Défendons le Christ : la vidéo


Défendons le Christ ! par LouSpagnou

 

 Comme le fait remarquer Jeanne Smith, le journal La Croix n’est pas le seul à avoir fait l’apologie de cette abomination. C’est Télérama qui bien avant les autres a offert la plus grande publicité à cette ignominie. (Télérama n°3207- 20 juillet 2011).

Deux mois avant La Croix, voici ce qu’on pouvait lire sous la plume de Fabienne Pascaud, directrice de Télérama :

«  L’appartement blanc n’est plus qu’un immense ramassis de merde. Le fils court se réfugier auprès du tableau d’Antonello, embrasse le visage du Christ tandis que le père asperge maintenant d’excréments  tout l’appartement d’un bidon géant.

[…] Après cette première séquence, quatorze enfants assis par terre, plutôy sages et paisibles, se mettront à jeter des grenades sur le visage de Jésus. Pour exiger de l’aide ? Le défier ? « Sur le concept du visage du Fils de Dieu » n’a rien d’une œuvre sacrilège. C’est une prière… De la déchéance, Castelluci fait naître le sublime. Miracle de l’incarnation. Ya –t-il autre art que le théâtre pour atteindre la grâce en risquant le pire ? ».

 

Beaucoup croient encore que Télérama à cause de son ancienne appartenance aux Publications de la vie catholique (PVC) a conservé un caractère chrétien. Tout ça c’est du passé !

En juillet 2003 le groupe Le Monde a racheté PVC qui était propriétaire de Télérama.

Et aujourd’hui La Vie (ex catholique) appartient au groupe La Vie-Le Monde.

Evidemment il n’est pas facile de se retrouver dans ce labyrinthe d’autant que La Vie est toujours sur les tables de presse des églises et que le président des Amis de La Vie est… le président du CCFD, Guy Aurenche et que le compère  Michel COOL qui l’interroge à la procure est rédacteur en chef à La Vie  !

 

Ainsi en lisant La Croix, la Vie ou Télérama le lecteur est relié à une société dont il ne sait pas qu’elle agit contre la religion catholique pour des intérêts que nous dirons mondains pour faire bref !

La Croix et le Pèlerin travaillent dans les mêmes eaux et appartiennent au Groupe Bayard. Le quotidien et l’hebdomadaire fleurissent sur toutes les tables de presse des paroisses et les bulletins diocésains recopient servilement leurs articles.

 

 Le Pèlerin a rejoint le club des louangeurs  de cet abject spectacle le 6 octobre 2011, n° 6723 sous la plume de Philippe Royer qui se déclare protestant. La fin de son article qui est d’une dialectique sommaire (les catholiques ultras contre les braves artistes) propre au Pèlerin, s’achève par une référence historico-morale de Mgr Rouet : « Il conviendrait aussi, et je parle en tant que protestant, que les catholiques cessent de considérer la symbolique chrétienne comme leur appartenant. Elle est universelle, et on ne peut que s'en réjouir... » Le revers de la médaille est que la figure du Christ et la Passion sont aujourd'hui au cœur de toutes sortes de créations, des plus nobles aux plus viles, où elles incarnent souffrances et marginalité. Au risque de l'instrumentalisation.

« D'où l'importance de l'analyse, au lieu de l'emportement, conseille Mgr Albert Rouet. Il est vrai que l'Église vit dans une certaine crainte de répéter envers les artistes des erreurs qu'elle a commises avec les scientifiques. Le meilleur moyen d'y remédier est d'en finir avec notre méconnaissance du monde de la création, pour agir en professionnels. » .

Voilà donc ce que nous sert, la presse officielle catholique. Face à ces interventions sous contrôle des religieux assomptionnistes et de la hiérarchie, que vaut le cri d’un catholique du rang de Civitas ou de l’Agriff ?


On va me dire qu’il y a eu des réactions indignées du porte-parole de l’épiscopat, du Cardinal Vingt-Trois et de quelques évêques. Oui, c’est vrai.

Je n’y vois en rien une unanimité épiscopale mais plutôt une action minimum pour ne pas laisser la parole aux « ultras ». C’est mince au regard du blasphème. La réponse de Pneumatis à un courrier de lecteur (je ne partage en rien la réduction de la christianophobie à une affaire de statistique) donne un élément de réflexion.

« Pour ce qui est des évêques, me concernant, je me suis renseigné auprès de mon diocèse (qui doit aussi être le tiens, si je ne m'abuse), et leur position est claire : on s'en tient à la position de Mgr Podvin et Mgr Vingt-Trois. Chaque évêque est libre de prendre position plus ou moins en harmonie avec la CEF et dans ce dernier cas ils ne représentent qu'eux-mêmes. De même Civitas est libre de faire ses pétitions mais ne représente pas les chrétiens, et son action n'a aucun crédit auprès de la CEF. »

Triste réalité. L’impuissance épiscopale et le triomphe des médias aux ordres de l’épiscopat.

L’impuissance épiscopale est remarquée par Golias qui évidemment soutient ces spectacles en rappelant la reculade du Cardinal Vingt-Trois au moment de « Piss Christ » :

« Pour le coup, le cardinal Vingt-Trois, Président de la conférence des évêques, se montrait mieux inspiré lorsqu’il déclarait récemment (au moment de l’affaire « Piss Christ » en Avignon) sur Radio Notre Dame : « Nous devons accepter de supporter avec le Christ l’incompréhension, l’hostilité et la violence des autres, sinon nous entrons dans une guerre culturelle qui n’est pas dans le sens de l’Évangile ». Bravo pour cette fois Eminence. »

Le renfort que Golias apporte à La Croix au Pèlerin et autres, donne toute sa dimension à la réaction de la presse aux ordres. Il n’y a pas différences essentielles entre le gauchisme pourri de Golias qui se repaît de tous les scandales et la presse officielle qui se dit catholique.

 

L’appareil épicopalo-médiatique fonctionne à double sens : l’épiscopat contrôle et est contrôlé. Lorsque cela est nécessaire, les médias se moquent comme d’une guigne des atermoiements de la grande majorité des évêques et vont toujours dans le sens de l’abjection mondaine.

En 1789-1790, les évêques ont été chassés de France. Sur 150 environ, trois ou quatre sont entrés dans la clandestinité, les autres ont émigré. Mais ils n’ont pas trahi le trésor de la foi, hormis les sept évêques jureurs. A la fin du XIX siècle et en 1905 quand la République a volé une fois encore les biens de l’Eglise pour la réduire au silence, il y a eu quelques courageuses oppositions.

En 2011, l’épiscopat français libre de parole, à l’exception d’une petite dizaine, s’est constitué en un troupeau de prélats, véritables émigrés de l’intérieur sans foi, sans doctrine et sans courage.

Quel est le plus grand scandale, celui du spectacle blasphématoire ou celui des évêques confortablement enfermés dans l’appareil médiatique qu’ils ont créé ?

Dans quelques jours va s’ouvrir l’Assemblée générale de l’épiscopat à Lourdes. Que vont-ils nous sortir ? Le brouet habituel, un acte de repentance pour leur couardise à défendre l’Honneur du Christ ? Décidément, Benoît XVI a eu bien raison de demander aux jeunes d’être publiquement fier de leur foi. Espérons que les évêques vont suivre leur exemple !

Honneur aux garçons et aux filles qui récitent leur chapelet publiquement et livrent bataille dans la guerre culturelle que la très grande majorité des évêques ignorent par lâcheté et ignorance.

 

Demain l’affaire de l’agence caritative allemande ADVENIAT.          

  


 

Au Festival d'Avignon

 

L’édition 2011 du Festival d’Avignon aura été l’une des plus heureuses de ces dernières années. On en est d’autant plus heureux que plusieurs créations célébrées dans « La Croix » cet été s’apprêtent à courir les routes de France. …

 

À ne pas manquer non plus, deux spectacles aussi profonds que bouleversants : Jan Karski, adaptation très riche du roman « polémique » de Yannick Haenel

Sur le concept du visage du fils de Dieu, de Romeo Castellucci, au nom des figures du père – homme ou Dieu

 


si cela vous interesse : les coordonnees de Civitas pour soutenir leur action : " Aidez le journal La Croix à retrouver un peu de lucidité"

Institut Civitas
17, rue des Chasseurs - 95100 Argenteuil 
01.34.11.16.94 - secretariat@civitas-institut.com
www.civitas-institut.com - www.francejeunessecivitas.com

 



25/10/2011
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