Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

La MANIF POUR TOUS, et APRES ?

 La MANIF POUR TOUS, et APRES ? (suite)

 

 

Le passage au nécessaire politique, telle est la difficulté majeure de LMPT. Et cela pour plusieurs raisons.

La première pourrait être représentée par Cyril Brun, c’est l’exaltation inconsidérée. Cela fait plaisir mais ne sert à rien. On est dans le sentiment pur et les fausses références qui masquent la réalité à laquelle on renvoie, à savoir la chute des murailles de Jéricho.

 

C’est un ange qui se présente à Josué « le chef de l’armée du Seigneur ». Puis c’est le Seigneur lui-même qui s’adresse à Josué pour lui dire ce qu’il doit faire. Les prêtres porteront l’arche. Aussi on ne voit pas très bien comment Dieu peut donner la victoire à une armée non-confessionnelle… ce n’est pas son genre. Autre détail Les juifs s’empare de la ville, ils la livrent à l’anathème et tout ce qui s’y trouve… par le tranchant de l’épée.

 

La seconde raison est donnée par T. Derville dans l’analyse qu’il publie dans Alliance Vita. Nous avons là les grandes incantations proposées comme pensée politique.

 

Il dit beaucoup de choses : « Nous avons mis la France devant le choix anthropologique qui constitue l’enjeu de société majeur de notre temps »

«… ce débat est enfin reconnu comme sérieux au sein de chaque grande famille politique »

« L’immense mouvement social… est désormais installé dans le paysage politique français. C’est à mes yeux le point de départ de l’alternative culturelle que nous préparons, avec des échéances à court, moyen et long terme… sur lesquelles nous devons peser ».

« … nous ne sommes pas prêts à laisser l’Histoire se faire sans nous »

 « D’où l’ambition de l’écologie humaine à changer la société de bas en haut »

 

Là encore la chaleur de la victoire est grande et les projets nombreux. Mais ce que nous avons lu de « l’écologie humaine » ne permet pas de penser que nous arrivons en enfin à la politique.

 

La troisième raison est l’illusion démocratique. « Nous appellerons nos 140 associations partenaires représentant plus de 2 millions d’adhérents à ne pas voter pour eux (les partis qui refuseront l’abrogation de la loi Taubira)». Cette déclaration de François Billot de Lochner, Président de la Fondation de Service Politique oublie que les électeurs votent toujours pour un parti et qu’ils ne suivent pas vraiment les consignes qui leur sont données. Mais cet appel est cependant, significatif par rapport aux partis politiques existants. Nous y reviendrons.

 

La quatrième raison est l’ignorance de ce qu’a été l’engagement politique des chrétiens depuis 1945. C’est un héritage lourd à porter qui doit conduire aujourd’hui à une réflexion approfondie pour ne pas renouveler les erreurs du passé.

 

UN PEU D’HISTOIRE

 

Tous les lecteurs connaissent l’échec du 6 février 1934, nous n’en parlerons pas. Deux ans après nous avions le front populaire et cinq ans après la guerre.

 

1945-1946  Le double abandon de l’enseignement catholique

 

Le gouvernement provisoire de 1944 établit immédiatement la suppression des subventions à l’enseignement libre (catholique) établit par le gouvernement de Vichy. Les communistes et leurs alliés veulent la suppression immédiate en cours d’année scolaire. Alors que le MRP (démocrates chrétiens) est le second parti de l’Assemblée il se contente de demander un recul de la décision qui ruine l’enseignement catholique ! Les subventions sont supprimées par l’Assemblée consultative provisoire sur propositions de la Commission des finances, à la date du 1er avril 1945. Un report permet les subventions jusqu’au 15 juillet !

Les catholiques comme le R.P. Philippe se taisent ou s’abstiennent. Léo Hamon souhaite la disparition progressive des écoles libres par extinction des effectifs.  M. Teitgen prône la rénovation de l’enseignement public au nom de la reconstruction sociale et morale de la France sans représailles ni sectarisme ! Maurice Schumann essaie une piètre défense : les crédits de liquidation permettront d’avoir le temps de chercher une solution unanime et fraternelle du problème de l’enseignement !

 

Le 21 janvier 1946, le général de Gaulle démissionne. Les trois partis qui dominent l’Assemblée s’accorde sur un programme gouvernemental en six points. Voici le dernier :

 

«  Statut scolaire – Les trois partis se déclarent d’accord pour maintenir, pendant la durée de ce gouvernement le statu de 1939 relatif au régime scolaire, étant entendu que chacun d’eux se réserve de défendre ses propres conceptions, en respectant les engagements pris en commun au sujet des controverses entre partis ».

 

Le 2 juin 1946, le MRP devient le premier parti  avec 164 députés contre 145 au parti communiste  et 127 au parti socialiste. Le 14 juin Vincent Auriol est élu président de la république. Puis Georges Bidault est élu avec l’accord de tous les partis chef du gouvernement. Il obtient 384 voix sur 384 votants. M. Edouard Depreux du parti socialiste avait averti : «  Il n’est pas besoin, je pense, de répéter ici que toute entreprise directe ou indirecte, si timide soit-elle, d’atteinte à la laïcité fondamentale de l’Etat et de l’école trouverait le parti socialiste irréductiblement dressé contre elle… »

 

Le 28 novembre la France a enfin une constitution et le 12 décembre M. Léon Blum est élu par 575 voix contre huit. A nouveau le front populaire !

 

L’échec des démocrates-chrétiens est inscrit dans l’histoire des compromissions de cet après-guerre.

 

De 1959 à nos jours

 

Avec la loi Debré les catholiques respirent. L’article 5 déclare : les établissements d’enseignement privés du premier degré peuvent passer avec l’Etat un contrat simple.

 

L’article 4 concernait les établissements du second degré et les contrats d’association.

 

Si cette situation n’est pas satisfaisante, c’est une bouffée d’air. Et comme d’habitude les catholiques s’endorment. Ils oublient qu’il s’agit pour l’Etat d’utiliser les établissements privés pour le service public de l’Education Nationale qui implique gratuité et neutralité. A cette date l’Etat n’a pas les moyens de scolariser tous les élèves.

 

Il faut attendre 1977 pour la reconnaissance du caractère propre. Le caractère propre… entre fatalement en conflit avec la liberté de conscience …

 

En 2004, les signes religieux ostensibles sont prohibés. Nous ne parlons pas du recrutement des professeurs et de l’obligation de prendre tous les élèves, de la carte scolaire etc…

 

L’illusion de la manifestation de 1984 est certainement la pire.

L’enseignement catholique a 15 000 enseignants, dix mille établissements et 2 millions d’élèves. La loi Savary veut réduire la part des communes allouées aux établissements confessionnels et privés. Tous manifestent ; Les époux Chirac, Raymond Barre, Michel Debré, Simone Veil ! Ils sont tous là ! Longuet, Boutin ! La droite a pris la Bastille !

Savary démissionne, c’est gagné ; la proposition 90 du programme commun ne sera pas mise en œuvre.

 

1994  La « droite » est au pouvoir sous la deuxième cohabitation.

 

Le ministre de l’Education nationale est François Bayrou. Un projet de révision  de la loi Falloux de 1850 est voté au Parlement, le 14 décembre 1993. La gauche et tout l’appareil des loges et de l’Education Nationale est déjà dans la rue.

Le 13 janvier 1994, le Conseil constitutionnel rend sa décision[]. Considérant notamment qu'un financement plus libre des établissements privés par les collectivités territoriales est contraire au principe d'égalité et qu'il risquerait de mettre, dans certaines communes, les établissements privés dans une situation plus favorable que les écoles publiques, ce qui serait contraire à la laïcité en France, le Conseil constitutionnel déclare l'article 2 inconstitutionnel.

 

Nous ne dirons rien de l’absence de réaction aux lois sur l’avortement en 1973, avec Jean Lecanuet comme ministre de la Justice, démocrate-chrétien…

 

 Ce bilan est cruel. Mais il doit donner à réfléchir. Les partis politiques habituels ne se mobiliseront jamais pour l’abrogation de la loi Taubira. Ceux qui le laissent croire même s’ils sont de bonne foi, nous trompent. La réécriture est un fantasme.

 

Actuellement le message de LMPT est brouillé car seul, le Front National, a dit qu’il abrogerait la loi. Or, l’héritage politico-chrétien des dirigeants de la LMPT lui interdit tout accord avec le « populisme ». A ce niveau c’est la Conférence des évêques de France qui décide. Dans notre article précédent nous avons montré la faiblesse des déclarations de Guillaume de Prémare et les confusions qu’elle entraînera.

 

Il ne s’agit plus de l’école catholique, il s’agit de la survie de notre société et de l’existence de nos familles. Nous ne pouvons plus reculer ni nous tromper car le combat est politique

 

Prochain article : Le message brouillé de LMPT

 

 

 

 

 

 

 

 

 



16/10/2014
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