Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

La réforme liturgique- introduction

 

La réforme liturgique- introduction

 

 

Nous commençons aujourd'hui en la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs la rédaction d'un commentaire sur le motu proprio « Magnum Principium » du 3 septembre 2017 et publié le 9. Les commentaires que nous avons lus sont en substance toujours les mêmes : prolongement des réformes voulues par le Concile et développement naturel de la liturgie.

Il s'agit, comme l'a heureusement écrit notre ami, J.C., de la balkanisation de la liturgie et non d'un énième aménagement. La « recognitio » supprime la « confirmatio », laquelle « recognitio » était déjà un examen ou une révision approfondie.

 

Tout cela pour une meilleure « participation consciente et active » des fidèles.

 

On touche à l'inanité profonde après plus de cinquante années de vernaculaire et de traductions erronées, qui n'ont pu remplir les églises ...alors même que l'on apprend le retour des fidèles en faveur du latin.

 

Coup de baguette magique donné par les Conférences épiscopales ?

 

Pour nous, ce constat est clair : l'explication est ailleurs. Et nous prétendons donner ici les raisons proportionnées de ce changement ou plutôt de cette révolution.

 

LE PEUPLE

 

Le 25 mai 2015, le pape rencontre des enfants malades et leurs parents. Devant le mystère du mal, il leur dit :

 

« Très souvent, je pense à la Vierge, quand on lui a donné le corps mort de son fils, couvert de blessures et de crachats, rempli de sang, sale. Et qu’a fait la Vierge ? « Emportez-le » ? Non, elle l’a embrassé, elle l’a caressé. La Vierge Marie non plus ne comprenait pas. Parce qu’à ce moment-là, elle s’est souvenue de ce que l’ange lui avait dit : « Il sera roi, il sera grand, il sera prophète... » ; et dans son cœur, certainement avec ce corps si meurtri dans les bras, avec tant de souffrance avant de mourir, dans son cœur, elle aurait certainement eu envie de dire à l’ange : « Menteur ! J’ai été trompée ». Elle non plus n’avait pas de réponse. » (Texte officiel).

 

 

Pour tenter une explication du mal pour ces enfants et ces parents, dans le but sincère d’être proche d’eux et de leur souffrance, - ne sont-ils pas le peuple qui souffre -, le pape invente une histoire… Comme la Vierge, ils n’ont pas de réponse.

 

Voici ce qu’a enseigné le pape Benoît XVI à la Journée mondiale des malades le 11 janvier 2008 :

 

« Voilà pourquoi Marie est le modèle de l'abandon  total à la volonté de Dieu:  elle a accueilli le Verbe éternel dans son cœur et l'a conçu dans son sein virginal; elle a eu confiance en Dieu et, l'âme transpercée d'une épée de douleur (cf. Lc 2, 35), elle n'a pas hésité à partager la passion de son Fils, en renouvelant sur le Calvaire, au pied de la croix, le "oui" de l'Annonciation. (Souligner par nous) Méditer sur l'Immaculée Conception de Marie signifie donc se laisser attirer par le "oui" qui l'a unie admirablement à la mission du Christ, rédempteur de l'humanité; c'est se laisser prendre par la main et guider par elle, pour prononcer à notre tour le "fiat" à la volonté de Dieu, avec toute l'existence traversée de joies et de tristesses, d'espérances et de déceptions, en sachant que les épreuves, la douleur et la souffrance enrichissent notre pèlerinage sur la terre. »

 

Nous dirons que l’approche du pape François n’est pas celle de la foi catholique et que la réponse de la foi exclut l' interprétation personnelle du pape François.

 

 

Dans l’annonce de la réforme liturgique, le pape présente la nouvelle théologie de la messe qui vise à changer les mentalités :

 

« Le Concile Vatican II n’arrivait donc pas sur un terrain vierge : votée à la quasi-unanimité par les pères conciliaires, la Constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium répondait «aux besoins réels et à l’espérance concrète d’un renouveau». Son application est «toujours en cours» car «il ne suffit pas de changer les livres liturgiques pour changer la mentalité». Reprenant les propos du bienheureux Paul VI sur le danger des «ferments de désagrégation, également pernicieux dans un sens et dans un autre», François a précisé qu’il ne faut pas faire de la liturgie «des lectures infondées et superficielles, des réceptions partielles et des pratiques qui la défigurent». «Après ce long chemin, nous pouvons affirmer avec sécurité et avec autorité magistérielle que la réforme liturgique est irréversible», a martelé le Saint-Père, vivement applaudi par l'assistance.

François a insisté sur la «présence réelle du mystère du Christ» dans la liturgie, car «tout comme il n’y a pas de vie humaine sans battement cardiaque, de même, sans le cœur battant du Christ, il n’existe pas d’action liturgique». La liturgie est vie pour le peuple de l’Église, sa nature est donc «populaire» et non pas «cléricale». Elle est «l’action que Dieu lui-même accomplit en faveur de son peuple, mais aussi l’action du peuple qui écoute Dieu qui parle, et réagit en le louant, en l’invoquant, en accueillant l’inépuisable source de vie et de miséricorde» qui jaillit des signes et des rites de la liturgie. «L’Église en prière rassemble tous ceux qui ont le cœur à l’écoute de l’Évangile, sans écarter personne : sont convoqués petits et grands, riches et pauvres, jeunes et anciens, personnes en bonne santé et malades, justes et pécheurs.» À l’image de la multitude immense qui célèbre la liturgie dans le sanctuaire du Ciel dans le Livre de l’Apocalypse, «l’assemblée liturgique dépasse, dans le Christ, toute frontière d’âge, de race, de langue et de nation». (Résumé officiel, C.V.) (Souligner par nous)

 

Sauf que… dans l’Apocalypse seuls les justes participent à la liturgie céleste.

 

 

On remarquera aussi la grande nouveauté théologique sur la nature de la liturgie «  populaire » et non « cléricale ».

 

 

Quand on pense que Dieu s’est choisi une tribu spéciale pour son culte dans l’Ancien Testament, on frémit en entendant cette dialectique.

 

On remarquera aussi que « l’irréversibilité » de la réforme appartient au langage de Kasper, Boff, et Gutierrez et autres libérationnistes.

Ce mot appartient au langage révolutionnaire. Il est l’équivalent de la fameuse formule, «  du passé faisons table rase ».

 

Pour la théologie du peuple, le peuple pauvre est une entité abstraite fabriquée à partir de données sociologiques, économiques, anthropologiques, et une interprétation idéologique des pauvres de l’Ancien et du Nouveau Testament. Ce peuple-là est un prolétariat sortit de sa gangue marxiste par les philosophes, les théologiens et spécialistes de la culture. Ce peuple n’a jamais existé. Le peuple de la théologie libérationniste est toujours « exploité » mais on en a fait un interprète des volontés divines pour justifier LA GRANDE REFORME. Réforme que ses grands prêtres ont soigneusement, méthodiquement élaborée dans leurs officines jésuites ou autres.

 

«  Les pauvres sont la Chair du Christ, et la pauvreté est une catégorie théologique ». «  N’oubliez pas, la Chair du Christ, c’est la chair des réfugiés ». (Pape François, (24 mars 2013)

 

D’où cette incroyable retournement cher à l’imagerie pontificale : le pasteur doit sentir l’odeur du troupeau c’est-à dire correspondre aux attentes que les faux bergers ont mises en lui.

Outre que l’image est absolument ridicule car le troupeau sent mauvais par nature, elle est contraire à ce qu’enseigne l’Evangile.

Les brebis reconnaissent le berger à sa voix. «  Et les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix » (Jn 10, 4). « Je suis la porte des brebis ». «  Mes brebis entendent ma voix. Et je les connais. Et elles me suivent. Et je leur donne une vie éternelle… » (Jn 10, 27-28).

La vie éternelle est absente du discours de cette théologie-là !

 

En revanche, ce "peuple", est celui de Lamennais en 1838, dans « Le Livre du peuple ».

 

« Si l’on comptait toutes les souffrances que, depuis des siècles et des siècles le peuple a endurées sur la surface du globe, non par suite des lois de la nature mais des vices de la société, le nombre en égalerait celui des brins d’herbe qui couvrent la terre humectée par ses pleurs ?

En sera-t-il toujours ainsi ? Cette multitude est-elle destinée à parcourir perpétuellement le cercle des mêmes douleurs ? N’a-t-elle rien à attendre de l’avenir ? Sur tous les points de la route tracée pour elle à travers le temps, ne sortira-t-il jamais de ses entrailles qu’un lamentable cri de détresse, Y a-t-il en elle ou hors d’elle quelque nécessité fatale qui doive jusqu’à la fin lui interdire un état meilleur ? Le Père céleste l’a-t-il condamnée à souffrir également toujours, (page 31-32)

« Toute loi à laquelle le peuple n’a point concouru, qui n’émane point de lui, est nulle de soi » (page 77).

«  Et c’est, ne l’oubliez jamais, que tout ne finit pas sur la terre. Que la vie présente, pour le genre humain comme pour l’individu chargés d’accomplir une œuvre laborieuse, mais grande et sainte, n’est qu’une préparation nécessaire à une existence plus parfaite » (page 190)

« Le Seigneur pardonne toujours, ne condamne jamais » (Pape François, Centre Pénitencier,( 21 juin 2014)

 

 

La réforme liturgique a pour prétexte l’amour d’un peuple qui n’existe que dans les cerveaux de ceux qui l’ont fabriqué pour changer l’Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

 

A suivre…A bientôt

 

 

 

 

 



16/09/2017
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