Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Le CCFD soutient l’avortement au Mexique -2

Dans son apologie délirante de Mgr Samuel Ruiz, le CCFD indique cependant une date véridique car c’est bien en 1981 que « le premier point de convergence entre le CCFD (Terre Solidaire) et le diocèse de San Cristobal de Las Casas » est établi. Le Centre Antonio Montesinos ne sera financé qu’à partir de l’année suivante.

 

Avec Dom Helder Camara, Samuel Ruiz est un des phares de l’option préférentielle pour les pauvres. En réalité, l’engagement de ces deux hommes est proprement révolutionnaire.

Samuel Ruiz est en 1981 l’un des six évêques mexicains les plus impliqués dans la lutte révolutionnaire : Arturo Lona Reyes, Jesus Sahagun, José A Llaguno et le plus illustre de tous Sergio Mendez Arceo (Voir « Le Terrorisme Pastoral » (TER-PAS), pages 72, 73, 74). Leur modèle c’est Cuba.

 

Les éloges dithyrambiques servis par le CCFD à Samuel Ruiz doivent être tempérés par le constat établit dès 2000 par son successeur actuel, Mgr Felipe Arizmendi. De tous les diocèses du Mexique c’est  celui  de San Cristobal qui accuse la plus grande baisse de catholiques déclarés, celui où Samuel Ruiz sévit depuis  1960, avec seulement 64,16 % de baptisés  alors que la moyenne nationale est de 88,22%, elle-même en baisse de 6% par rapport à 1990.

Le nombre des baptisés n’a cessé de diminuer et en 2000 un tiers de la population de cet Etat de Chiapas ne l’était pas. Du jamais vu au Mexique !

 

Reyna Matilde Coello Castro a passé dix ans  dans le Chiapas pour étudier cette situation notamment les développements catéchétiques. Elle distingue trois étapes : 1, Catéchèse d’Assistance et dicotomie de 1950 à 1970 ; 2, A la recherche d’une nouvelle Catéchèse de 1970 à 1980 ; 3, Catéchèse d’intégration.Elle écrit : « En 1980 on utilise dans l’analyse et les cours  de formation des catéchistes, des éléments de matérialisme historique et les agents de la pastorale commencent à recevoir une formation plus solide en sciences sociales spécialement en sociologie et en anthropologie. Ils utilisent certains instruments de ces disciplines pour donner plus de cohérence, d’intelligibilité et signification globale au développement catéchétique. »

Parmi ces catéchistes formés au matérialisme historique on trouve le Commandante German et la Commandante Elisa  qui installeront le 17 novembre 1983 les Forces de Libération Nationale sous le nom  de « Armée Zapatiste de Libération Nationale »,  à laquelle se joindra le sous-commandant Marcos en juin 1984.

 

Il nous faut encore préciser qui était le gourou que Samuel Ruiz avait choisi pour comprendre l’étendue de la dérive que nous analyserons.

 

En 1973, Samuel Ruiz rencontre en Colombie un jésuite français né en 1927, André Aubry.

C’est un homme bardé de sciences. Il a étudié à Beyrouth  l’ethnosociologie puis à Paris la sociologie et l’histoire. Il est fasciné par Fernand Braudel et  Edgar Morin. (Il s’en souviendra lorsqu’il  écrira l’histoire « civilisationnelle » des indiens du Chiapas revue et corrigée par le matérialisme historique et dialectique.  Il est partout, en France, en Belgique, en Espagne. Il est aussi conseiller au Concile Vatican II, sans que nous ayons pu déterminer qui il assistait. Il est aussi présent dans les instances de la Conférence épiscopale Latino- américaine (CELAM) et de l’UNESCO.  (Il aurait fait des études de liturgie à Paris ce qui est pour l’heure invérifiable.) En 1974, il est invité au premier Congrès National Indigène par Samuel Ruiz ; ils ne se quitteront plus.

 

Avec un autre jésuite, le belge Jan de Vos, il crée  l’INAREMAC (Institut de Conseil Anthropologique pour la Région Maya). A une date inconnue il quitte le sacerdoce ainsi que son confrère. Il se met en ménage avec Angelica Sara Inda y Buendia et c’est avec elle qu’il crée à la demande Samuel Ruiz le département des Archives de l’évêché de San Cristobal en 1974. Ses ennemis diront qu’il a utilisé les indiens comme cobayes pour fonder sa nouvelle idéologie. Il devient un personnage incontournable au point qu’il va servir de négociateur entre les Zapatistes et le gouvernement lors des accords de Saint Andrès en 1994, accords qu’il traduira dans les dix dialectes mayas. Il est par excellence l’idéologue de la rébellion Zapatiste. ( Menacé de mort , il a été immédiatement soutenu par Amnesty International). Lorsqu’il est tué en 2007 dans un accident de la route, les combattants de l’armée zapatiste recouvrent son cercueil du drapeau de l’ L’EZLN, Armée Zapatiste de libération Nationale. Le commandant de la défense de la zone Altos de l’EZNL, David prononce un éloge funèbre sans équivoque « à l’ami, au frère, au camarade » qui « fut un guerrier au service d’une cause noble ». Le même commandant l’a déclaré « doctor liberationis causa ». Un autre  intervenant salue « une des plus belle voix de la rébellion … » etc (voir pages 145 et146  de Ter-Past, l’inénarrable défense de Samuel Ruiz par l’envoyée du CCFD dans le Chiapas, Elena Lasida).

 

Vous voulez encore une preuve de la collusion de toutes ces officines révolutionnaires où grenouillent allègrement la planète entière et CCFD-Terre Solidaire ! 

 

L’AITEC, (voir pages 42 et 43 de Ter-Past), L’Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs, a une longue liste de partenaires facile à trouver sur le Web. L’une derrière l’autre, on lit le nom de INAMERAC (le référent est toujours André Aubry, mort depuis plus de quatre ans), puis de Indeso-Mujer ( écouter la video), avec une faute dans le nom  de l’avocate –psychologue qui préside aux destinées de l’agence pro- avortement financée par le CCFD en Argentine, qui ne s’appelle pas Mabel  Gabana mais GABARRA.

 

Signalons qu’au départ de Samuel Ruiz son successeur, Mgr Arizmendi a gardé  André Aubry comme conseiller du Centre des Droits Humains dont nous allons voir ce qu’il est. Mais il était important de bien connaître ces faits et par contre coup l’idéologie du CCFD.

Le Centre des Droits Humains Fray Bartoloméo de Las Casas  (FrayBa), et né de la volonté expresse de Samuel Ruiz. Il n’est pas le premier à avoir créé un  tel Centre mais il a su donner à FrayBa une renommée mondiale en en faisant un lieu de passage permanent pour tout les tiers-mondistes du monde ; caisse de résonance sans laquelle le mouvement Zapatiste n’aurait eu que peu d’écho. Grâce à lui et à son Centre, le monde entier a reçu la même image de Zapatistes défenseurs des droits de l’homme contre le  gouvernement et l’armée mexicaine au point qu’on en a oublié qu’il s’agissait d’une rébellion armée qui  voulait constituer un Etat autonome.

 

 Les liens entre l’armée Zapatiste et  le Centre  Fray Bartoloméo de Las Casas dont nous allons voir l’activité, sont toujours aussi étroits. Le 29 mars 2011, le sous-commandant Marcos envoyait à la XLI Assemblée des Droits pour tous une lettre commençant par ces mots : «  Avant tout nous voulons remercier le Centre des Droits humains, Fray Bartoloméo de Las Casas, pour l’invitation qu’ils nous ont faite d’envoyer un camarade à votre Assemblée ».


Depuis le début de l’année 2011, un nouveau  président et  un nouveau directeur ont été nommés à la tête de Frayba.

 

Le président mérite quelques commentaires.

 

Il s’agit d’un dominicain, Fray Raül Vera Lopez, évêque de Saltillo. Il n’est pas un inconnu de Frayba puisqu’il a été évêque auxiliaire de Samuel Ruiz de 1995 à 1999 et son homme de confiance. Il connaît tous les rouages de la mécanique révolutionnaire de Chiapas ayant assisté à toutes les opérations de l’EZLN après les accords de paix. Ajoutons que cet évêque a eu les honneurs de Golias le 23 mars 2011 pour le soutien qu’il accordait à un rassemblement de lesbienne, gay,  bi et trans.

 

La référence de FRAYBA  est « chrétienne et œcuménique ». Il s’agit d’un œcuménisme élargi !

Le nouveau directeur est bien connu du CCFD c’est un partenaire habituel.

 

Le problème de l’avortement dans l’Etat de Chiapas est posé officiellement depuis le 9 décembre 1990 lorsque le gouverneur de l’époque, José Patrocinio Gonzalez Garrido tente sans succès de dépénaliser l’avortement à la fois comme méthode de planification des naissances, le couple étant d’accord et pour les mères célibataires en situation difficile.

On assiste alors à une très curieuse partie entre les révolutionnaires catéchistes et Samuel Ruiz. Ce dernier est résolument contre l’avortement et le restera toute sa vie. Les militants voudraient bien soutenir le gouverneur qui est leur ennemi car sa proposition va dans le sens de la libération de la femme indigéne. Mais,  et c’est écrit en toutes lettres dans le Rapport intitulé Organismos civiles : entre el conflicto y la demacracia, pages 23 et 24, « pour ne pas se couper de la base », l’appareil révolutionnaire renonce à défendre l’avortement. Il s’agit bien entendu d’un repli tactique. Et les années passant, la position de l’EZLN reste toujours délicate, d’autant que le nouvel évêque Arizmendi a produit un document tout à fait catholique sur le sujet.

 

La solution c’est le collectif


Le réseau national des organismes pour les droits civils humains : Todos los derechos para todos  ( RED TDT) regroupe 70 associations réparties dans 23 Etats du Mexique. Frayba en fait partie. Le tour est joué.

 

Ce n’est pas Frayba qui est pour l’avortement ! C’est le collectif !

 

Avec RED TDT, on disparaît au milieu des autres,  on fait nombre ; ce n’est pas nous c’est les autres. On accepte, tout en n’acceptant pas ! Il n’empêche que le 24 avril 2008, Frayba  financé par le CCFD,  a approuvé le communiqué de RED TDT : ‘La loi qui permet l’interruption légale de grossesse pour le District Fédéral représente une avancée pour les droits humains des femmes ».

 

Le CCFD n’a pas bronché ni aucun évêque français. Et ce n’est pas avec son nouveau président que Frayba va quitter le réseau national !

Et que découvre-t-on dans le réseau national… L’organisme des jésuites  PRODH qui a signé le même document …sans le savoir !

 

Centro de Derechos Humanos "Miguel Agustín Pro Juárez", A. C. (PRODH)
Serapio Rendón 57-B Col. San Rafael .México, D.F. C. P. 06470
Tels. 01 (55) 5566 7854 begin_of_the_skype_highlighting              01 (55) 5566 7854      end_of_the_skype_highlighting, 5546 8217;  01 (55) 5535 6892  Fax. Ext. 118
C.E. prodh@centroprodh.org.mx  
http://www.centroprodh.org.mx
Director: Luis Arriaga 

 

Cher Internautes,

Nous nous retrouverons pour l’épisode suivant la semaine prochaine. En attendant, bonne Semaine Sainte et Joyeuses Pâques !

 



19/04/2011
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