Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Le Figaro, Isabelle Schmitz et l'information religieuse - 1

Le Figaro, Isabelle Schmitz et l'information religieuse. 1

 

 

 

Nous avons annoncé par un tweet à Isabelle Schmitz que nous répondrions à son entretien « FigaroVox » pour insuffisance rare.

 

L'entretien est précédé des titres professionnels de I.S.

 

« Grand reporter au Figaro, en charge du Hors Série ; elle a fait pendant des années de l'information religieuse notamment à Spectacle du Monde et à Radio Vatican. Elle est l'un des auteurs du Dictionnaire du Vatican  notamment sur les sujets qui concernent la théologie de la libération. Elle participe régulièrement à l'émission « La curiosité est un vilain défaut », sur RTL.

 

Elle écrit :

 

«  Le crucifix offert par le président bolivien Evo Morales est une réplique de celui en bois que tailla, dans les années 1970, le jésuite espagnol Luis Espinal, en forme de faucille et marteau, sur lequel il fixa le Christ de ses premiers vœux de religieux (il fut ordonné  en 1962 en Catalogne). »

                      

 

 I.S. a reproduit à sa manière la dépêche de l’ANF (Agencia de Noticias Fides fondée en 1963 par les jésuites).

L’information devrait être objective et présenter les deux faces du discours pontifical.

 

Lorsque le pape s’arrête le jour de son arrivée sur le lieu de mémoire de l’assassinat du père Espinal, que dit-il : « Le père Espinal prêchait l’Evangile et cet Evangile dérange, c’est pour cela qu’il a été éliminé ».

Lors de son voyage de retour le pape déclare : «  Espinal était un enthousiaste de cette analyse marxiste de la réalité, mais également de la théologie utilisant le marxisme. De là est née cette œuvre (le crucifix en question), y compris ses poèmes ».

Tous les boliviens  suivent leur président,  Evo Morales qui n’invoque pas, lui, l’Evangile, déclare : «  …nous gardons le message du père Espinal, notre martyr de la démocratie, martyr pour les pauvres. »

 

Le père Espinal a travaillé à la télévision d’Etat et il en a été remercié pour avoir voulu donner la parole aux chefs de la guérilla : c’est-à-dire aux Che Guevarra et autres du Mouvement de la gauche révolutionnaire, le  MIR.

Il a travaillé à la radio jésuite, et a fondé son propre hebdomadaire AQUI pour promouvoir les idées de la lutte des classes et des mouvements révolutionnaires. Sur sa tombe on lit « asesinado por ayudar al pueblo », assassiné pour avoir aidé le peuple !

 

 

Selon le père Lombardi et  I.S., le « crucifix » serait le signe d’une réflexion intime sur le christianisme et le marxisme.

 Cette interprétation est démentie par les faits. Les habitants de son quartier l’ont toujours considéré comme un combattant de la lutte révolutionnaire, surtout après sa participation à une grève de la faim. Ils ont d’ailleurs donné aux rues les noms de tous les guérilleros morts.

 

I.S. , qui manipule le texte de l’ANP, ne  retient qu’une partie du témoignage du père Albo S.J. . Il ne dit à aucun moment que le père Espinal n’était pas communiste. A partir du livre qu’il consacre aux œuvres du père Espinal),  il écrit un article de La Razon (reproduit par ANP) : «  Ce que nous reproduisons ici (voir plus haut la photo), c’est la nouvelle croix que Lucho (diminutif de Luis) a assemblé,  le Christ de ses premiers vœux avec un marteau vertical et une faucille horizontale pour exprimer le nécessaire  mais insaisissable dialogue chrétien marxiste avec les ouvriers et les paysans. Ce qu’il a fait avec le Christ de ses vœux montre combien il sentait intérieurement l’urgence d’un tel dialogue. »

 

Isabelle Schmitz, du Figaro, lit les bulletins d’agences pour ses lecteurs libéraux qui croient que la Révolution peut cohabiter avec la Croix et il ne faut pas les décevoir. Alors elle invente un brave père Espinal …en recherche !

 

Le dernier mot est au président Evo Morales qui a pris un décret pour créer une décoration nationale « père Espinal » dont il a honoré le pape. L’anniversaire de la mort du père Espinal est décrétée jour du cinéma Bolivien.

 

Le père Espinal remplit parfaitement les nouveaux critères de sainteté proposés par Gustavo Gutierrez.

 

Mais I.S. n’est pas plus compétente pour écrire sur la théologie du peuple.

 

A suivre…

 

 

 

 



23/07/2015
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