Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Le pape qui vient de loin - 3

Le pape qui vient de loin -3

 

Lorsque le Pape François a été odieusement attaqué notamment par Golias qui reproduisait les ignominies du conseiller  de Kirchner, Horacio Verbitsky, nous avons apporté les preuves disculpant celui qui fut le provincial des Jésuites d'Argentine. Le Père Bergoglio n'a livré personne à l'autorité, et surtout pas ses confrères.

Verbitsky est un ancien agent des forces de répression de la dictature militaires, infiltré chez les montoneros  qu'il désignait à la police pour qu'ils soient liquidés. Il réussit si bien dans ce rôle que par dérision il a été surnommé Horacio la Chance car il est le seul rescapé de « son » groupe de terroristes montoneros.

 

Nous avons écrit cela sur ce blog en son temps. Aussi avec la même liberté d'esprit et le souci de la documentation, nous disons aujourd'hui que l'affirmation du Pape François sur les prêtres membres du Mouvement des Prêtres pour le Tiers-Monde (MPTM) est totalement erronée et sans aucun  fondement. (voir article précédent)

 

Il s'agissait de prêtres profondément politisés. Nous l'avons vu dans l'article précédent. Carlos Mugica citait constamment les grands auteurs révolutionnaires. Il est allé en Colombie récupérer la dépouille de Che Guevarra. Avec le Père Jorge Vernazza du MPTM il était dans l'avion qui ramenait Peron en Argentine après son exil à Madrid.

La part d'exaltation romantique chez Carlos Mugica n'explique pas l'aveuglement qui l'entraîne  dans la folie du marxisme latino-américain, guevariste et cubain. Ce fils d'une famille richissime qui s'est appliqué toute sa vie à entraîner les pauvres dans un combat pour la justice n'est pas de la famille des Cristeros mexicains. Lui et ses confrères ont instrumentalisé la parole de Dieu. Ils sont les militants d'une cause politique dans laquelle ils se sont engagés d'une façon radicale !

 

Nous allons en donner ici deux preuves irréfutables. L’une vient des amis de Carlos Mugica, l’autre d’un adversaire assassiné pour avoir dévoilé avec la plus grande précision les menées révolutionnaires du MPTM.

 

Il s’agit de preuves publiques. Elles devraient être connues de tous ceux qui prétendent porter des jugements sur ce mouvement et les hommes qui en ont été membres. Les mépriser, faire comme si elles n’existaient pas, constitue une désinformation pitoyable et un manquement  grave à la vérité. Cacher cela à des milliers de personnes est un scandale public.

Nous donnons les textes constitutifs irréfutables.

 

 

Les amis de Carlos Mugica

 

Le 15 août 1967, 17 évêques, (8 Brésiliens- dont Helder Camara-),1 algérien, 1 de Wallis et Futuna, 1 d’Egypte, 1 de Colombie, 1 de Yougoslavie, 1 du Liban, 1 de Singapour (chassé de Chine), 1 du Laos, 1 d’Indonésie) publient  un document connu sous le titre de « Manifeste des évêques du Tiers-Monde ». Ce document est aussi appelé « Manifeste des 18 ». Nous n’avons trouvé nulle part le nom du dix-huitième signataire.

 

Ce document de neuf pages est publié partiellement le 20 septembre 1967 par le journal madrilène A.B.C., pages 37 et 38 qui lui donne le titre de « Message de quelques évêques du Tiers-Monde » ; ces évêques n’ont aucun lien juridique entre eux. Ils ont cependant travaillé ensemble pendant les sessions du Concile.

Toujours selon A.B.C. c’est un document unique dans l’histoire de l’Eglise et on n’a jamais vu un document ecclésiastique  utilisant un langage aussi radical et audacieux. Nous traduisons « tajante » par radical. Peut-être faudrait-il dire « sanglant » car ce mot signifie aussi boucher !

Nous donnons le passage le plus significatif de cette radicalité.

«  Toutes les révolutions ne sont pas nécessairement bonnes Quelques-unes ne sont que des révolutions de palais et ne produisent que des changements d’oppression du peuple. Quelques-unes font plus de mal que de bien « engendrant de nouvelles injustices…’ (Populorum progressio )… L’athéisme et le collectivisme auxquels certains ont cru bon de se lier, constituent de graves dangers pour l’humanité. Mais notre histoire montre que certaines révolutions sont nécessaires et qu’ayant abandonné leur anti-religion occasionnelle,elles produisent de bon fruits. Pas de meilleure preuve que celle de 1789 en France qui a permis l’affirmation des droits de l’homme (cf. Pacem in Terris). Beaucoup de nos nations ont dû ou doivent opérer des changements profonds. Quelle doit être l’attitude de l’Eglise face à cette situation ? Paul VI a éclairé notre chemin dans son encyclique sur le progrès des peuples ».

 

Tel est le fondement idéologique du Mouvement des prêtres pour le Tiers-Monde !

 

Ce document est reçu en Argentine à la fin de l’année 1967. Miguel Ramonetti a raconté comment le MPTM est né de cette déclaration du magistère parallèle de Helder Camara. (Celui-ci, à la fin du Concile en 1965, avait déjà lancé « l’Appel des catacombes » pour orienter « l’esprit du Concile »).

 

 « Les choses se sont passées comme ça : j’étais à Paternal (un quartier de Buenos Aires), mais je voulais aller travailler à l’intérieur. Nous étions à la fin de 1967. Il y avait un compagnon du groupe qui se réunissait à Buenos Aires, qui avait été nommé évêque de Goya. (Alberto Devoto, évêque des pauvres dans un diocèse de latifundiaires ; défenseur des incarcérés durant la dictature militaire ; il a initié les communautés de base dans son diocèse ; moderniste inspiré par Maritain et Teilhard de Chardin, son activité était financièrement aidée par le CCFD et Adveniat (Caritas allemande) Il est considéré comme inspirateur et membre à part entière de MPTM). Un groupe de curés voulait aller là-bas. Je lui ai parlé et suis allé le voir. Dans la conversation, dans son bureau de la curie, il me dit : «  Eh ! Regarde, il vient de m’arriver ça ; ça pourrait vous intéresser » et il m’a donné une brochure. Elle disait, Déclaration de 18 évêques du Tiers-Monde. (…). Je l’ai feuilletée et me suis enthousiasmé parce que c’était  des choses qui allaient dans le sens du progrès, et qui sous un certain angle nous aidait beaucoup car c’était des évêques, ce n’était pas seulement  des curés téméraires et fous comme nous le disions de nous-mêmes ; ils parlaient d’une manière claire avec une position différente sur la situation des pauvres dans le monde. Pour la première fois que je sache, dans un document ecclésiastique de cette envergure, apparaissait une espèce d’option pour le socialisme. (…) Nous avons simplement décidé de diffuser le document et de demander des adhésions. C’est comme ça que ça  a commencé, sans beaucoup d’efforts. Nous avons fait une liste  de trois ou quatre curés et nous l’avons envoyé. Nous avons été surpris lorsque nous avons commencé à recevoir une quantité impressionnante d’adhésions, les lettres pleuvaient, tous répondaient. Il y avait un dénominateur commun : tous soulignaient la nécessité de faire une réunion. Aussi depuis Buenos Aires nous avons organisé la première rencontre à Cordoba. L’envoi de la lettre porte ladate de novembre 67. Au commencement de 68 les réunions ont commencé. »

 

Miguel Ramonetti complète dans un autre entretien ce qui s’est passé réellement.

 

Il a bien reçu ce document mais il était en français ! De retour à Buenos Aires il retrouve deux confrères engagés dans les mêmes combats que lui, Rodolfo Ricciarrelli et André Lanzon un français parfaitement bilingue qui traduit le document en espagnol. Il est ensuite dupliqué sur la vieille ronéo de la paroisse de Paternal.

 

Le lecteur peut être surpris par la présence de ce Français. Nous en verrons ultérieurement un autre tout aussi subversif. Il faut savoir que les Français aussi bien en Argentine qu’au Brésil et ailleurs en Amérique latine –cela est toujours vrai aujourd’hui- ont été au cœur de la révolution ecclésiastique avec les Espagnols  les Belges et les Allemands ; les Américains arriveront plus tard.

 

Le fait que le document reçu soit en français montre à l’évidence les liens que Mgr Devoto entretient avec les chrétiens marxisés en Europe. On peut légitimement penser que ce texte vient de l’entourage du chanoine Houtard de Louvain car il a, à cette époque, beaucoup plus de réactivité et de relations internationales que les français.

 

Développement des MPTM

 

La progression des adhésions passe de 50 à la fin 67 à 270 en février 68 (dont 47 du diocèse de Buenos Aires), puis 400. Le MPTM aura jusqu’à  524 membres soit 9% du clergé argentin.

 

Le 31 janvier 1967 Miguel Raimondetti envoie  une lettre à Helder Camara. (publiée par le CEME sous copyright-Chili)

 

« Cher Monseigneur,

 

En cette fin d’année 1967, un groupe de prêtres d’Argentine a rendu public le texte suivant d’adhésion au message que vous avez signé avec dix-sept autres évêques du Tiers-Monde. (Toujours la même erreur sur le nombre des signataires ce qui laisse à penser qu’à l’origine les évêques signataires étaient bien 18 et que l’un d’eux s’est désisté).

 

«  Nous adhérons pleinement au texte du Message des 18 évêques du Tiers-monde. Nous nous engageons à travailler de toutes nos forces et mettre en pratique ici dans notre pays, le contenu évangélique et prophétique de ce document. Nous désirons vivement que nos évêques adhèrent également publiquement aux idées de ce message qui n’est rien moins qu’une explicitation et une application du Concile et de l’encyclique Populorum Progressio à la réalité du Tiers-Monde ainsi qu’à celle de l’Amérique Latine. Surtout en ce moment où les peuples et les races pauvres prennent conscience d’eux-mêmes et de l’exploitation dont ils sont victimes, ce message donnera du courage à tous ceux qui souffrent et luttent pour la justice, condition indispensable de la paix.

Nous sommes conscients que notre nombre, même très réduit, représente seulement 10% des prêtres diocésains de ce pays. (A cette date ce n’est pas vrai).

Dans cet esprit, votre témoignage (Celui de Helder Camara) nous aide, vous qui avez lancé ce document alors même que vous n’êtes qu’une infime minorité des évêques du Tiers-Monde. Cependant nous savons qu’il y a des évêques de notre pays qui adhèrent à votre document, même s’ils ne l’ont pas fait publiquement. Nous espérons qu’ils le feront bientôt. De la même façon, nous espérons que dans les prochaines semaines de nouvelles signatures de prêtres continueront d’arriver alors que de différents diocèses nous avons déjà reçu tant de réponses à notre invitation.

 

Les positions telles que les vôtres, faites publiquement, contribuent à résoudre l’antinomie entre christianisme et socialisme et à faire prendre conscience que l’Eglise ne peut s’identifier à aucun système social, encore moins au capitalisme et à l’impérialisme international de l’argent. Avec des prises de positions comme celles-ci, le Christianisme se réconcilie à nouveau avec la marche ascendante de l’histoire (souligné par nous), et l’Eglise fait un pas dans la mise en pratique de la Constitution conciliaire Gaudium et Spes. (Le chanoine Houtard a été l’un des rédacteurs de Gaudium et Spes).

 

Nous sommes convaincus que notre Eglise d’Amérique Latine est à l’heure d’un choix décisif très urgent face aux événements actuels. En adhérant au document publié par vous, nous avons conscience d’avoir fait en tant que prêtres le premier pas pour nous engager dans le processus de transformation de l’Amérique Latine.

Nous vous remercions de nous avoir aidé  et donné la possibilité de faire ce pas.

Nous vous resterons unis, pour les pas futurs que nous aurons à faire.

Avec toute notre affection dans le Seigneur

 

Miguel Ramonetti    (pour le comité organisateur) »

 

En février 1968 les signataires s’intitulent « Curés du Tiers-Monde ». C’est sous ce nom qu’ils apparaissent dans les médias. En mars  de la même année un bureau est constitué avec un Responsable Général, un secrétaire et des coordinateurs et une structure dans chaque diocèse. Miguel Ramonetti restera en fonction jusqu’en 1973.

 

Nous ne pouvons rapporter ici les détails de l’activité révolutionnaire de MPTM. Non seulement le mouvement a une activité clandestine mais il produit un bulletin « ENLACE » hautement politique lié aux Chrétiens pour le socialisme du Chili d’Allende. Il a des relations avec Cuba et la France  progressiste de « Echange et Dialogue ». Il ouvre leurs colonnes à Garaudy, Schillebex …etc ?

Pour l’Assemblée du CELAM à Medellin en 1968, MPTM publie une lettre adressée aux évêques pour orienter les débats ; celle-ci est signée par 431 Argentins, 200 Brésiliens, 100 Urugayens, 50 Boliviens et quelques autres. (Comme cela s’est passé à Aparecida ; voir nos articles précédents).

Le MPTM d’Argentine est à la pointe de la révolution. Son attitude exemplaire est telle que Gustavo Gutierrez, qui rédige en 1971 son premier livre « Pour une théologie de la libération »  dédie un de ses chapitres à … Miguel Ramonetti.

En Argentine Miguel Ramonetti écrit également dans un autre brûlot argentin, « Christianisme et Révolution ».

 

Des milliers d’articles et des centaines de livres ont été écrit sur MPTM.

 

Nous n’avons pas épuisé notre documentation.

 

Nous déclarons que ce que le Pape François a dit, selon ce qui est rapporté, à propos des membres du MPTM est irrecevable au regard de l’histoire de ce mouvement. Le romantisme révolutionnaire, la perte du sens catholique de la justice, l’engagement politique des membres, sont la preuve de la subversion cléricale qui a ravagé non seulement l’Argentine mais aussi tout le continent latino-américain.  

 

 

 

A suivre : Deuxième preuve concernant la vérité sur le MPTM

 

 

 

 

 



02/01/2015
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