Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Le vrai sens du Sondage de LA VIE sur les participants aux JMJ

Jean-Marie Guénois a publié (18/08/2011) sur son blog (un des blogs du Figaro), un intéressant commentaire d’un sondage de LA VIE (04/08/2011) réalisé auprès de jeunes en partance pour les JMJ de Madrid. Ses conclusions d’un optimisme certain et nuancé ont été reprises par le Salon Beige le jour même, ce qui a piqué notre curiosité. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut lire : La fin annoncée des cathos de gauche ! Après avoir consulté  LA VIE, nous livrons ici nos réflexions qui sont sensiblement différentes.

 

Remarques préliminaires

1)      La réaction du Figaro n’a rien de surprenant. Il s’agit d’un journal qui soutient le gouvernement. Les élus, du plus modeste conseiller, aux ministres, voire au président lui-même, seront réconfortés par les interprétations figaresques de ce sondage. Toute la mouvance de droite qui est à notre avis une espèce de fourre-tout, ne peut que se réjouir lorsqu’elle lit : 41% de jmjistes sont à droite, 90% vont à la messe, 72 % se déclarent catholiques et non pas chrétiens, 58% sont en harmonie avec l’enseignement moral de l’Eglise. Quel tableau ! Oui, la droite peut se rassurer, elle a fait le bon choix, et les cathos vont dans le sens de leur histoire. Nous allons voir pourquoi Le Figaro peut véritablement se réjouir !

2)       Jean-Pierre Denis, qui est un des pontes de l’Eglise officielle, présente  le sondage dans La VIE :

“Motivés, engagés, pratiquants, proches des positions sociales et morales de l'Eglise mais aussi ouverts à un monde pluriel..., tel est le profil des jeunes cathos qui seront aux JMJ de Madrid, selon notre grande enqûete. Rassembler tous les deux ou trois ans un ou deux millions de jeunes issus de la mondialité catholique… La géniale intuition de Jean Paul II n’a rien perdu de sa force. Plus d’une génération après les premières JMJ, la source ne s’est jamais tarie. Un million et demi de personnes sont attendues à Madrid, dont des dizaines de milliers de Français. C’est le paradoxe de notre catholicisme : le vieillissement du tissu paroissial s’accompagne d’un renouvellement continu, dans un public aussi minoritaire que motivé. Le Vatican continue à s’offrir la carte jeunes.
C’est aussi aux JMJ que l’Église catholique « recrute » une bonne partie de ses futurs « cadres », peut-être même ses « leaders » de demain. Ce que l’on appelle, dans le jargon ecclésial, les vocations. Même s’ils demeurent de simples fidèles, les « JMJistes » donneront le ton du catholicisme à venir. On comprend pourquoi il est vital de cerner qui ils sont et ce qu’ils pensent. Comment voient-ils Dieu et le monde ? Se montrent-ils en tous points proches de leur Église ? Le grand sondage réalisé en exclusivité par La Vie avec le soutien de l’équipe nationale des JMJ mesure cela de manière précise et profonde, en huit grandes leçons. “

Nous avons ici un modèle de sondage qui brille par l’absence de questions pertinentes en rapport avec la réalité, celle-là même qui est énoncée par Jean-Pierre Denis.

Comment est-il possible d’écrire que c’est aux JMJ que l’Eglise recrute ses vocations alors que celles-ci stagnent ou sont en baisse et cela depuis vingt ans qu’existent les JMJ ?

Comment est-il possible d’écrire que c’est aux JMJ que l’Eglise recrute ses vocations... alors que le sondage ne comporte aucune question sur le sujet ?

A l’instar du Figaro qui interprète le sondage, Jean-Pierre Denis et le sondeur, Jean-François Barbier-Bouvet, posent des questions pour qu’apparaisse une image des jeunes des JMJ conforme à celle que gouvernement épiscopal de l’Eglise de France souhaite publier. Sans doute les lecteurs de LA VIE et de LA CROIX vont gober tout cela sans même se rendre compte de ce qui se passe. Mais le plus étonnant est que ce sondage révèle une réalité qui n’apparaît pas de prime abord. C’est un peu comme si ce sondage était une peinture couvrant  un tableau authentique. La peinture est l’apparence la vérité est au-delà.

 

Suivent les leçons retenues par JP Denis.  

 

1 “...La quasi-totalité a reçu une éducation religieuse. La plupart s’avèrent très étroitement insérés dans les réseaux paroissiaux et communautaires, mais aussi très engagés dans la pratique religieuse. 88% sont, au sens de la sociologie religieuse, des pratiquants, puisqu’ils vont à la messe au moins une fois par mois et même au moins une fois par semaine pour 58% d’entre eux. Enfin, ils se montrent très à l’aise avec toutes les positions de leur Eglise.”

Quelle éducation religieuse ont-ils reçu et continuent-ils de recevoir ?. Visiblement elle ne comporte pas l’obligation d’aller à la messe chaque dimanche et fête ?

JP Denis qui voit l’avenir de l’Eglise...n’a rien vu ; mais la sociologie religieuse n’exclut pas la cohérence. La vérité du sondage est : 58% sont fidèles à l’enseignement de l’Eglise et 42% ne le sont pas.

En ne rapportant pas ces résultats à la réalité de l’Eglise, on en fausse la signification pour le lecteur catholique ; on reste au niveau du tableau qui masque l’œuvre.

Ceci est d’autant plus ahurissant que depuis le début de son pontificat Benoit XVI, (dès le discours de BARI), n’a cessé d’exhorter dans ce sens. Alors il y a des catéchistes  et des curés qui ne font pas leur travail ou qui ne donnent pas l’exemple. En effet les jeunes se montrent si “à l’aise avec les positions de leur Eglise”... qu’ils en rejettent, ou omettent un élément essentiel !

 

2 Les jeunes des JMJ adhèrent à ce qu’ont pourrait appeler le “catholicisme régulier” , par choix et non par habitude. Mais ils s’avèrent tout aussi familiers des grands rassemblements. 90% ont déjà participé à d’autres temps forts de jeunes, comme la FRAT des Franciliens. Goûtant le pélerinage comme ils apprécient la messe, ils conjuguent donc avec la même aisance l’exception et la règle, le spectaculaire et l’ordinaire, la fête et le rite.

La distinction messe -grands rassemblements est caractéristique de la sociologie religieuse. Parmi les grands rassemblements on propose Taizé capitale mondiale du relativisme religieux ! Comme par ailleurs les participants sont très engagés dans le scoutisme, s’agit-il de scoutisme avec la religion en option?

Il est aussi question de participation à un pélerinage, à la question 11. Le Pélerinage de Chrétienté appartient-il au spectaculaire et à la fête ou à l’ordinaire et au rite ?...or il s’agit du plus important pélerinage de France. Comme on peut le constater, les question sont adaptées au cadre du catholicisme officiel pour lequel la sociologie tient lieu de religion.

 

3 A l’échelle de la population catholique  de notre pays, la religion de cafétéria  (à la carte) reste la norme... Mais si notre culture reste dominée par une logique de marché, ceux qui vont auxJMJ semblent rejeter cette philosophie libérale”.

Jean-Pierre Denis, est prudent il écrit “semblent”. Il a raison car le sondage nous l’avons vu pour l’assistance à la messe, manifeste  une longue suite d’abandons.

A la question n° 20 “Pour vous Jésus Christ est d’abord...

Réponse :58%, quelqu’un qui m’aime ; 28%, un présence intérieure ; 7%, un homme extraordinaire ; 5%,ne sait pas.

Or nous avons vu que 96% avaient reçu une instruction religieuse !!!

A la question n° 24 : “Selon vous qu’y a-t-il après la mort:

Réponse : 24%, la résurrection des corps ;29%, quelque chose, mais je ne sais pas quoi; 28%, une autre vie dans un au-delà ; 2% il n’y a rien ; 1%, une réincarnation dans un autre être vivant

 

A la question n°19  : Parmi les affirmations suivantes, avec laquelle êtes-vous le plus d’accord

Réponse :9 %,Il y a une seule vraie religion ; 36%, Il y a une seule vraie religion mais d’autres contiennent aussi des vérités de base ; 45%, Il n’y a pas une seule vraie religion car toutes les grandes religions contiennent des vérités de base ; 2%, aucune des grandes religions n’a de vérités à offrir ; 8%, non réponse.

Les jeunes des JMJ se retrouvent sur la personne du pape et c’est tout. Le reste est fonction de la religion qui vous a été enseignée et dans laquelle  vous avez persévéré . La nullité de cet enseignement est flagrante !

 

En revanche, la leçon 8 s’intitule : Ils ne sont pas identitaires.

 La grande majorité des sondés professe une vision de la vérité religieuse propre à faire frémir les intégristes et même à faire froncer le sourcil du pape : un conception reltiviste. Moins d’un sur dix reprend à son compte l’affirmation traditionnelle selon laquelle le catholicisme est “ la seule vraie religion”. Un tiers d’entre eux sont déjà allé à des rassemblements oecuméniques de taizé. Contrairement sans doute à ce que l’on a connu au temps deJean-Paul II, ils n’dôlatrent pas le pape: 80% voient Benoit XVI comme le chef de l’Eglise, pas comme une rock star, un gourou, une” personnalité exceptionnelle”. L’identité des “cathoplus” est ouverte et sereine.”

Si vous avez pu pensez à un retour de la foi catholique parmi les jeunes détrompez-vous. Tout ce qui vous rattache à la foi des anciens jours est marqué par le fer rouge de Jean-Pierre Denis vous êtes “identitaires” !

Dans le langage journalistique de l’heure “identitaire” est un terme péjoratif qui vous assimile aux pires catégories d’êtres humains.

 

Ainsi le sondage de La VIE et les commentaires de Jean-Pierre Denis mettent en évidence ce que nous savions déjà.

 Malgré les enseignements des  deux derniers papes, la jeunesse d’ici et sans doute d’ailleurs, ne sait plus rien de la religion catholique. LA VIE et l’appareil  médiatique au service du gouvernement de l’Eglise de France s’en réjouit . Retenez bien cette formule : L’identité descathoplus” est ouverte et sereine, c’est celle de la religion progressiste que nous sert l’appareil médiatico-épiscopal.

On le voit, le “semblent” de Jean-Pierre Denis, à la leçon 3, était purement rhétorique. Et il cache difficilement sa satisfaction.

Et maintenant vous avez compris pourquoi Le Figaro se réjouit. Il a la même religion que La VIE.

Le modèle libéral du Figaro s’accorde parfaitement au modèle de l’dentité des jeunes de LA VIE. Le fait de voter à droite est un épiphénomène. Les deux médias s’accordent sur une religion sans credo, “ouverte et sereine”. Jean-Pierre Denis et François Fillon même combat !

 

Nos Conclusions

  1. Depuis vingt ans les jeunes catholiques du monde entier ont  reçu de Jean-Paul II et de Benoît XVI tous les enseignements susceptibles d’affermir leur foi.
  2. OUI c’est une semence qui est longue à fructifier.
  3. Une fois rentrés  dans leur diocèse que reçoivent ces jeunes ? Pour ce qui concerne la France , rien ou pas grand chose. La catéchèse est ruinée par une pédagogie de la Foi absolument délirante où rien n’est appris ou tout est laissé à l’expérience ; on cultive l’oecuménisme entre clercs  ignorants et néophites attrape-tout. Ils errent dans des paroisses désertes.
  4. L’appareil épicopalo-médiatique fonctionne à plein régime pour décérébrer la jeunesse et les autres. Ceux qui ont reçu une étincelle de la grâce divine aux JMJ sont invités à changer le monde avec le CCFD et toute la clique des utopistes.
  5. Je crois bien avoir entendu Benoît XVI dire aux jeunes Français qu’ils ne devaient pas avoir peur de se montrer catholiques. Evidemment, ça sent l’identitaire. Pauvre Monsieur Denis !

 

On lira avec intérêt l’article de François H. paru sur le blog benoit-et-moi le 8 août 2001.

 

Curieux sondage

"L’hebdomadaire chrétien La Vie s’est intéressé récemment à la jeunesse catholique qui doit participer aux prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse de Madrid. Jean-Pierre Denis consacre ainsi à cette jeunesse, qu’il désigne comme la « génération cathoplus », un éditorial1 qui s’appuie sur un sondage publié dans le même journal. Son propos, honnête et bienveillant, est loin d’être inintéressant, même s’il comporte quelques bizarreries, notamment la présentation du christianisme comme la promotion d’une « utopie » qui me paraît fort éloignée de la religion de l’Incarnation et de la Présence réelle. Cependant, ce n’est pas ce point qui a retenu mon attention, mais plutôt l’analyse qui accompagne un chiffre avancé par l’éditorialiste :

Sereinement minoritaires, les « cathoplus » prennent tout, veulent tout, et avec enthousiasme. Déjà familiers des réseaux ecclésiaux, ils se montrent prompts à accepter dans sa globalité le message de leur Église. Mais leur foi se révèle très ouverte. Là encore, un seul chiffre : seuls 9 % d’entre eux professent qu’« il n’y a qu’une seule vraie religion ». La génération « cathoplus » est ultra-identifiée mais assez peu identitaire. Déjà intégrée à l’Église, elle n’a rien d’intégriste. La solidité, la lucidité et la cohérence de ce « noyau jeune » me semblent aussi frappantes qu’encourageantes.

Il me semble qu’on ne peut qu’être surpris de voir une « génération cathoplus » prompte à « accepter dans sa globalité » le message de l’Eglise affirmer si « sereinement » qu’il n’y a pas qu’une seule vraie religion, la religion catholique, apostolique et romaine, et donc s’opposer de facto à l’enseignement de leur Eglise. Cette génération ne semble pas ici se distinguer par sa « cohérence ».

Un tel résultat doit éveiller la méfiance. Non que Jean-Pierre Denis cherche à tromper ses lecteurs ; il semble au contraire bien plus honnête, sincère et courageux dans ses prises de position, même très contestables, qu’une bonne part des journalistes de la presse catholique officielle. Mais un sondage, par la formulation des questions, nécessairement schématiques introduit toujours un biais qu’il convient d’examiner. C’est pourquoi il m’a semblé important d’observer les termes mêmes du sondage2. Or voici ce qu’on trouve :

Q19 Parmi les affirmations suivantes, avec laquelle êtes-vous le plus d’accord ? (une seule réponse possible)

Il y a une seule vraie religion

Il y a une seule vraie religion mais d’autres religions contiennent aussi des vérités de base

Il n’y a pas une seule vraie religion car toutes les grandes religions contiennent des vérités de base

Aucune des grandes religions n’a de vérités à offrir.

Ce qui change tout de même la donne : 36% ont choisi la deuxième solution, « Il y a une seule vraie religion, mais d’autres religions contiennent aussi des vérités de base ». Soit en réalité un total de 45% en faveur de l’affirmation catholique selon laquelle il y a une seule vraie religion, de même qu’il y a un seul Seigneur Jésus-Christ et une seule Eglise, sainte, catholique et apostolique.

En effet, qu’est-ce qu’une « vérité de base » ? L’existence de Dieu, l’immortalité de l’âme, toutes les vérités que la raison naturelle droitement utilisée peut nous faire découvrir ? Ou bien la divinité de Jésus-Christ et son sacrifice sur la Croix ? Selon le sens qu’on donne à ces « vérités de base », la réponse à la question posée variera considérablement. Et quelles sont ces « autres religions » ? Les « grandes religions » de la troisième possibilité, dont la formulation n’est guère plus précise, quoique cette fois clairement inacceptable ? Les religions monothéistes ? On s’aperçoit en fait que la question est formulée de telle sorte qu’il est même théoriquement impossible de choisir la première solution, surtout si l’on considère l’existence des autres Eglises et confessions chrétiennes. Il est évident que nous partageons avec les orthodoxes la foi de Nicée, d’Ephèse et de Chalcédoine. Et si l’on considère les religions non-chrétiennes, il est évident que nous partageons avec le judaïsme l’affirmation selon laquelle l’Ancien Testament est un livre saint, « vérité de base » de la foi catholique.

On en vient donc même à s’étonner que 9% des catholiques sondés aient réussi à répondre dans ces conditions qu’il n’y a qu’une seule vraie religion. Je tends pour ma part à penser que ces 9% ont en quelque sorte senti le piège, qu’ils ont su voir que toute autre réponse rendrait possible une récupération à des fins relativistes. Au vu de l’éditorial de Jean-Pierre Denis, on ne peut que leur donner raison et saluer leur singulière « lucidité », sans pouvoir pour autant blâmer les 36% ayant choisi la deuxième solution, finalement tellement générale et ambiguë qu’elle ne pouvait pas même être fausse.

En parcourant le reste du sondage, on s’aperçoit que bon nombre d’autres questions sont également formulées de manière curieuse. Ainsi :

NRQ20. Pour vous, Jésus Christ est d’abord (une seule réponse possible)

Quelqu’un qui m’aime

Une présence intérieure

Un homme extraordinaire

On ne peut qu’être surpris de l’impossibilité de répondre, comme saint Thomas, « mon Seigneur et mon Dieu », ou comme saint Pierre, « vraiment, vous êtes le Fils de Dieu ». 58% ont choisi la première solution, « Quelqu’un qui m’aime ». On ne saurait leur en tenir rigueur, ils ont raison, la proposition étant parfaitement vraie et s’imposant d’autant plus qu’il est précisé qu’il n’y a qu’une seule réponse possible. Mais cette réponse aurait une tout autre allure si le « quelqu’un » était devenu « le Christ, vrai homme et vrai Dieu, mort sur la Croix par amour pour nous et vraiment ressuscité ». La formulation fuit la précision, elle semble l’avoir en horreur, comme si le mystère de la Personne du Christ se transformait en nécessité d’entretenir autant de flou que possible. On songe alors à ce journaliste qui, dans les pages du même journal, invoquait la « théologie apophatique » (c’est-à-dire la théologie négative) pour justifier sa doctrine plus que confuse sur la divinité de Notre-Seigneur ; et son rejet très moderniste des formules dogmatiques comme étant contraires au mystère du Christ. Et en effet toutes les formules proposées ici par le sondage ont une saveur très moderniste : refus implicite d’une définition dogmatique dans la première réponse, appel exclusif à l’expérience intérieure dans la deuxième, négation claire de la divinité du Christ dans la troisième. Il est impossible d’affirmer avec certitude qu’il s’agit de l’intention des concepteurs du sondage, mais on peut affirmer en revanche que de telles formulations orientent considérablement les réponses ou du moins leur donnent une tonalité très particulière.

 

Je précise qu’il ne s’agit pas ici d’accuser La Vie d’avoir fait mentir les jeunes interrogés. Parfois, certaines questions, dont la formulation est tout à fait claire, entraînent des réponses tout à fait inquiétantes (sur la résurrection de la chair, notamment) dont La Vie n’est certainement aucunement responsable. Mais avant d’exploiter les résultats d’un sondage et d’en tirer des conclusions générales, peut-être conviendrait-il d’en examiner d’abord les termes"

 

Et je vous mets ci-dessous le texte de JM Guenois :


La fin annoncée des cathos de gauche

Par Jean-Marie Guénois le 18 août 2011 9h00


Ce n'est pas le Figaro qui le dit mais La Vie : les jeunes Français qui sont aux JMJ de Madrid sont majoritairement de droite : 41 % à droite, 6 % à l'extrême droite. 10 % se déclarent au centre, 6 % se disent écologistes, 7 % à gauche et 1% à l'extrême gauche.

Cet hebdomadaire chrétien, réputé de sensibilité progressiste vient de publier un passionnant sondage sur les jeunes Français qui sont aux JMJ. L'étude supervisée par Jean-François Barbier-Bouvet, un sociologue autorisé et très expérimenté dans ce domaine, est vraiment sérieuse. Elle vaut le détour...

On y apprend aussi que les jeunes Jmjistes ne sont pas des catholiques d'apparat mais qu'ils pratiquent à près de 90 %. 6 % vont même à la messe tous les jours. Ils se disent majoritairement (à 58 %) en harmonie avec l'enseignement moral de l'Église catholique et avec la foi chrétienne. Ainsi seulement 1% d'entre eux croient à la réincarnation ce qui contraste fortement avec les sondages sur ce thème chez les 18-30 ans. Enfin, 72 % s'affirment « catholiques » quand 21 % se pensent « chrétiens ».

Ce sondage est, me semble-t-il, la première vraie nouvelle de ces JMJ. Du point de vue français évidemment. Outre le fait que les Français forment, hormis les Espagnols, et avec 50.000 jeunes, la seconde délégation de ce rassemblement après nos chers amis Italiens !

Voyez-vous, j'aime beaucoup faire moi-même du micro-trottoir : se fondre dans la foule et recueillir ici et là les impressions des gens sur un événement. Nous en sommes déjà abreuvés car cela fonctionne très bien en radio et télévision sur un événement tel que les JMJ. Le problème est que pour une perle vous recueillez beaucoup de lieux communs souvent dans le registre de la pure sensibilité. De cela, il est difficile de tirer des conclusions rationnelles.

Ce sondage, au contraire, appuyé sur une méthodologie sérieuse, indique les contours du catholicisme de demain en France. Celui qui est en germe au JMJ et que l'on peut qualifier de « génération Benoît XVI ». Il correspond bien au pontificat de ce Pape. Et même au thème central de ces JMJ « affermir la foi ».

De ce point de vue, ces JMJ pourraient être un rendez-vous important pour ce Pape. À Cologne, il avait pris comme un faux départ. C'était en 2005, il venait d'être élu. Il était encore très timide devant la foule et les jeunes voyaient encore Jean-Paul II sous ses habits blancs. Il y a ensuite Sydney, mais l'Australie c'est loin. Cette fois, ce Pape européen, qui a l'évangélisation du vieux continent en tête, va vivre ses premières vraies JMJ. Des JMJ style Benoît XVI. 

Face à cette évolution, certains vont crier au retour de l'identitaire, au conservatisme. Ils feront bien de lire les réponses de ces jeunes car elles sont plus nuancées que ces étiquettes faciles.

D'autres vont voir là ce qu'il faut bien appeler un échec pastoral de l'Église de France qui pendant des années - elle commence à la reconnaître mais c'est un sujet profondément tabou - n'a pas précisément préparé ce genre de profil de catholique puisqu'elle combattait ouvertement cette perspective.

En ce sens, le catholicisme de gauche et progressiste a des cheveux blancs. Il est plutôt concentré aujourd'hui chez les aînées de l'Église de France quand il n'a pas quitté les rangs pour s'engager franchement en politique ou dans le syndicalisme. Surtout, il n'a que peu d'hérédité. Ces JMJ permettent d'en entrevoir non pas sa fin, mais la fin de son influence décisive. Elle fut dominante dans l'intelligentsia de l'Église de notre pays depuis les années 70.

Bien sur, l'Église catholique ne se réduit à ce genre de division droite/ gauche mais il faut reconnaître que cette fracture a été comme dans aucun pays, un facteur de division et d'exclusion en particulier pour ceux qui ne pensaient pas comme il fallait. Il était en effet de bon ton d'être progressiste et très mal vu d'être un catholique de droite. Il y avait un centre très important même s'il se réduit maintenant chez les jeunes ce qui un autre enseignement de ce sondage. Cette idéologie a miné en tout cas la pastorale de l'Église pendant des décennies et il en subsiste de beaux restes.

 

A l'heure où je publie ce blog écrit hier soir à Rome avant de partir- et j'en profite pour vous saluer toutes et tous car c'est ma rentrée, merci de votre lecture fidèle les résultats du blog sont plus qu'encourageants, n'hésitez pas à le faire connaître - je suis dans l'avion de Benoît XVI qui nous conduit à Madrid. Le Pape doit y donner une conférence de presse à 10. 000 mètres d'altitude. A bientôt donc pour vous raconter les coulisses de ces JMJ et continuer à analyser la portée de cet événement.

 


Méthodologie

L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon national représentatif des jeunes

français inscrits aux JMJ de Madrid.

‐ Un échantillon de départ de 5.000 personnes a été tiré de manière aléatoire sur la

totalité du fichier des inscriptions1 .

‐ Chacun a reçu un mail ‐ cf. texte en annexe ‐ lui expliquant le thème et le but de

l’enquête, et lui proposant d’y répondre directement sur Internet en cliquant sur un lien

qui renvoyait à un site dédié.

‐ Au total 1.923 jeunes ont rempli intégralement le questionnaire ‐ Cf. texte en annexe ‐,

soit un taux de sondage particulièrement élevé de 40 % (il faut savoir que sur ce type

d’enquête auto‐administrée via Internet les taux de réponses sont généralement plus

proches de 4 % ).

‐ L’échantillon final a été redressé statistiquement à partir de trois quotas (l’âge, le sexe

et la répartition Région Parisienne / Province) afin de retrouver exactement la structure

de la population initiale du fichier des inscrits.

‐ Le terrain a eu lieu du 10 au 20 juin 2011.

‐ Les réponses ont été enregistrées et dépouillées via le site et le logiciel AreYouNet."



31/08/2011
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