Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Pour lire le Pape François - 2

Pour lire le pape François - 2

 

Comme le père Scannone nous l'a annoncé dans son prologue, « Le chapitre 6 est le point de départ et le fondement théologique de la théologie du peuple ; Il se réfère aux deux mystères clés de la foi chrétienne : la Trinité et l'Incarnation ». (Para leer a Françisco, page 20).

 

Nous avons déjà largement inventorié les origines argentines de la théologie du peuple qui constituent les deux premières parties du livre de Emilce Cuda.

 

Aussi nous ne nous arrêterons qu’à la troisième partie qui est l’essentiel, notamment le chapitre 6.

 

Première remarque.

 

Comme dans toute la littérature de la théologie de la libération mais plus encore dans celle du peuple, le lecteur est inondé d’une multitude de références prises chez tous les philosophes modernes. Voici un exemple.

Lors d’une conférence donnée en 2008 sur «  La transcendance comme intrinsèquement constitutive de l’éthique et du politique », après avoir accroché son exposé au « phénomène saturé » de Jean-Luc Marion, le père Scannone ne cite pas moins de dix -10- philosophes pour asseoir sa pensée : Ricoeur, Claude Romano, Husserl, Michel Henry, Jacques Derrida, Merleau-Ponty, Levinas, Hans Urs von Balthazar, Walton, et Dominique Janicaud. Et cela dans la seconde page uniquement.

 

Le livre de Emilce Cuda n’échappe pas à cette surabondance à tous les étages de son exposé qui se présente comme une somme peu accessible car l’ouvrage ne comporte aucune table.

 

Le chapitre 6

 

Nous commentons l’introduction du père Scannone ; c’est une synthèse qui facilitera la compréhension de Emilce Cuda.

 

« Le chapitre 6 est le point de départ et le fondement théologique de la théologie du peuple ; il se réfère aux deux mystères clés de la foi chrétienne : la Trinité et l’Incarnation. Ainsi, d’un côté, la circumincession (6-1) entre les trois personnes divines, fournit la base théologique de la communion sociale et celle de la participation politique pour une conception participative de la démocratie) fondée sur les relations interpersonnelles. Et de l’autre côté, la formule de Calcédoine sur l’Incarnation ( union sans confusion ni division de deux natures dans le Christ, est –comme la circumincession- un modèle de l’unité polyédrique dans et à partir des différences (6-2) de cela découlent la priorité éthique et politique des relations interpersonnelles, la culture de la rencontre et du dialogue, la résolution des conflits dans une synthèses supérieures qui valorisent les apports distincts, le modèle du polyèdre et la nécessité de la conversion, hors du paradigme culturel autoréférentiel fermé, vers un autre type de relation ouvert. » (page 20, op.cit).

 

Avec cette citation, le lecteur se rendra compte de ce que représente l’assimilation de la théologie du peuple pour un chrétien de base. Aussi nous allons décomposer le contenu de ce fondement qui est, - faut-il le dire- parfaitement abscond pour le catholique lambda aussi bien en Amérique latine qu’en Europe ou ailleurs.

 

Deuxième remarque

 

La théologie du peuple est une construction intellectuelle pure sans rapport ni avec la théologie ni avec le peuple

 

J.C. Scannone confirme que ce changement de paradigme (renouvellement des mots et de leur sens pour exposer la religion nouvelle), est la pratique du pape François. Le pape oppose la culture de la vie à la culture de mort. Rien à voir avec la lutte contre l’avortement ou l’euthanasie. Il s’agit de la renaissance de la relation interpersonnelle entre l’homme et Dieu : ouverture à l’infini, opposée à l’autoréférentialité et l’autosuffisance qui exclut l’autre.

Il y a maintenant un AVANT ET UN APRES le pape François. Les fondements de l’Eglise ont changé.

 

Le pape François change l’Eglise et personne ne s’interroge sur ces nouvelles fondations.

 

Que dit Scannone ?

 

1  Les relations entre les personnes de la Sainte Trinité, modèles de relation interpersonnelle, demeurent dans l’homme créé à la ressemblance et image de Dieu quelle que soit la religion ou l’absence de religion et constituent les principes de la démocratie. 

On se croirait revenu au Congrès de Malines en 1863 avec Montalembert et son regrettable mépris pour le décret su l’infaillibilité du pape, devenu « l’idole du Vatican ». Ou encore à l’ère des revendications de l’abbé Naudet et de son journal « La Justice Sociale ».Ou encore aux discours de Marc Sangnier.

 

Scannone est plus savant et plus malin que ces prédécesseurs. Plus savant parce qu’il a tout lu, qu’il est un vieil immanentiste blondelien et qu’il a le génie de la dissimulation derrière toutes sortes de thèses qui donne à penser que l’univers des philosophes et des théologiens s’accorde avec lui.

 

L’application de la circumincession comme fondement de la démocratie n’a aucun sens.

 

Le père e Margerie S.J. dans son livre « La Trinité et l’histoire » cite Saint Fulgence :

 

« Saint Fulgence avait déjà souligné que l’unité naturelle de trois hommes (et a fortiori leur présence réciproque), n’est pas … une image de la circumincession des trois personnes divines : ni l’âme, ni le corps d’aucun des trois n’est commun aux deux autres. Tandis que la circumincession est mutuelle compréhension de Personnes dont les relations d’origine sont immanentes à l’unique nature divine et qui sont réellement distinctes, compréhension mutuelle due à l’identification de chacune avec la nature divine numériquement une. (page 253).

 

Il tout de même ahurissant qu’aucun théologien catholique n’ait lu et réfuté les élucubrations de Scannone !

 

Que la « formule » de Calcédoine comme la circumincession soit le modèle de l’unité polyédrique et des différences, aurait dû alerter quelques lecteurs !

 

Lorsque nous aborderons la véritable origine de « l’unité polyédrique » le lecteur n’en croira pas ses yeux !

 

Nous ne savons pas comment qualifier la gigantesque mystification théologico-philosophique que nous découvrons au fur et à mesure de notre étude.

 

Le texte que nous citons est suivi de cette incroyable déclaration : « L’analogie et l’analectique sont ainsi l’instrument et la méthode philosophique qui correspondent au point de départ théologique de la circumincession et de l’incarnation. En plus elles servent non seulement à les penser et à les exprimer, mais aussi à les vivre et à les pratiquer, transformant ainsi la réalité historique ».

 

Cette pseudo philosophie est tellement étrangère au lecteur y compris au latino-américain, que l’on trouve l’affirmation selon laquelle Scannone et Dusserl seraient les inventeurs de «  l’anadialectica ». Les plus curieux l’attribuent à l’allemand Bernhard Lakebrink parce qu’il a employé le mot dans son mémoire d’étude supérieure universitaire (Habilitationschrift)… Ce dernier n’en est pas non plus l’auteur ! Cela fait partie des affabulations …savantes ! Nous donnerons en son temps l’inventeur de ce mot !

 

Avec le silence sur les origines véritables de la soi-disant « théologie du peuple » nous avons, une fois de plus, la preuve de l’escroquerie théologique et philosophique du siècle !

 

« Le point départ et le fondement » sont ad libitum. Nous le montrerons dans le prochain article.

 



28/07/2017
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