Le Terrorisme pastoral

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Programme des chrétiens de gauche et loi Taubira

Programme des chrétiens de gauche et loi Taubira

http://chretiensdegauche.com/2013/04/25/lurgence-absolue-la-paix-civile/#more-945http://chretiensdegauche.com/2013/04/25/lurgence-absolue-la-paix-civile/#more-945

 

Nous répétons ici depuis plus de trois mois que nos adversaires dans le combat contre la loi Taubira ne sont pas seulement les partis politiques, les loges ou autres anarchistes. Nous avons averti que nous trouverons face à nous des évêques, et surtout l’appareil épiscopalo-médiatique. Nous venons de commencer l’étude de l’un de ces clubs, Esprit Civique.

Nous interrompons cette présentation pour faire connaître une des composantes de la coalition que nous affrontons.

Les signataires, René Poujol se déclare journaliste, citoyen et catho en liberté ; Eric Vinson est le créateur du module « Religions et Sociétés » à Sciences Po, c’est un catho- bouddhiste ;  Patrick Pique est chrétien, catho , écolo ; Didier Da Silva, ancien de la JOC, est membre de ESPRIT CIVIQUE qui se réclame du catholicisme social !

 

 

Ce programme est conforme à celui des autres partis politiques dits de droite et de Frigide Barjot.

 

 

Comme attendu, le Parlement a donc voté ce mardi 23 avril 2013, la loi sur le «mariage pour tous» par 331 voix contre 225.

Ce texte, initialement posté par René Poujol sur son blog personnel, est également co-signé par : Didier Da Silva, Eric Vinson, Patrick Pique membres du collectif Chrétiens de gauche. 

Ainsi en ont décidé : le parti socialiste, les groupes majoritaires des deux assemblées, le gouvernement et le Président de la République lui-même. Renoncer, face aux manifestations de rues, eut été, pour eux, perdre la face dans un contexte politique particulièrement difficile.

Il ne reste plus désormais aux opposants qu’un recours devant le Conseil constitutionnel. Une démarche bien aléatoire car on imagine mal que le Chef de l’Etat ne se soit pas assuré, auprès de cette institution, des risques d’inconstitutionnalité du texte. Le temps de connaître sa réponse et la loi sera promulguée, de toute évidence avant le mois de juin.

Ma crainte : un regain d’agressions homophobes

Mais il se pourrait que la suite ne soit pas l’apaisement annoncé. Je redoute, pour ma part, qu’une forme de triomphalisme suivie, d’ici quelques semaines, des premiers mariages pour tous hyper-médiatisés, ne provoquent en retour un surcroît de tensions, un regain d’agressions homophobes et, partant, de nouvelles polémiques sur les responsables des uns et des autres : instigateurs ou opposants à la loi.

S’il est abusif et pour une part irresponsable de parler de menace de «guerre civile», il n’en est pas moins évident qu’une forme de paix civile a bien été ébranlée. On peut douter que la loi Taubira soit «digérée» par la société française, aussi promptement que certains veulent bien le prophétiser. Les questions de filiation, les débats prévisibles sur la PMA et la GPA constituent un nouvel horizon parlementaire dont la perspective va tenir mobilisées les forces qui se sont fait jour au cours des derniers mois et qui ne semblent pas vouloir, spontanément, se résigner.

Une égale violence dans le «mépris» ressenti par les uns et par les autres

Depuis un an – mon blog peut en témoigner – j’ai mis en garde, successivement : le candidat socialiste à la présidentielle, la gauche en campagne, puis le nouveau pouvoir contre des risques de division dans le pays, sur cette question du mariage pour tous. Avec d’autres, j’ai appelé à une large consultation, nécessaire à la constitution d’un consensus citoyen. Depuis six mois j’assiste, impuissant, à l’exacerbation d’un dialogue de sourds où la passion l’emporte sur la raison. Et je ressens une égale violence, dans le «mépris» perçu par certains homosexuels que dans celui que dénoncent les opposants à la loi, de la part du pouvoir.

Une solution de consensus était possible. 

Je reste, pour ma part, persuadé que la réponse «juste» et «sage» aux inégalités qui frappent les couples homosexuels, résidait dans le vote d’un statut d’union civile avec droit à l’adoption simple. Une solution «à l’allemande» sur laquelle on aurait sans peine recueilli l’assentiment d’une majorité de Français. Cela nous aurait épargné des mois d’invectives  et, déjà, cette «promesse» de revanche, où une nouvelle majorité pourrait, demain, défaire ce qu’a fait l’actuelle, si tel est le mandat que lui donne le peuple.

J’ai personnellement appelé à la manifestation nationale du 13 janvier, à laquelle j’ai pris part, en tête de cortège, avec d’autres militants de gauche. (1) J’entendais dénoncer un projet de loi qui apportait une mauvaise réponse à une question légitime. J’entendais également protester contre le refus opposé par le gouvernement à l’organisation d’Etats généraux, semblables à ceux qui, sur la «fin de vie», avaient permis le consensus de la loi Léonetti. J’ai, par la suite, refusé de m’engager plus avant sur des manifestations nouvelles dont je redoutais les risques de récupération politique et de débordements.

Aujourd’hui, je veux redire mon estime à Frigide Barjot, Laurence Tcheng, Xavier Bongibault, Tugdual Derville et l’ensemble des porte parole «officiels» de la manif pour tous, injustement trainés dans la boue. L’homophobie est, dans notre pays, passible des tribunaux. Si, comme il a été écrit, leur combat était à ce point de nature homophobe, ils devraient, depuis des semaines, avoir été traduits en justice.

J’engage les uns et les autres…

Pour autant, je considère que l’urgence absolue est désormais à la paix civile, que je crois fragile. Et cela passe d’abord par l’acceptation loyale du fait démocratique que constitue le vote de la loi, quels que soient les recours juridiques possibles. Dès lors :

  • J’engage les responsables de la manif pour tous à renoncer au «nous ne lâcherons rien» et à la tentation d’une surenchère aux relents «poujadiste» dans la perspective des élections municipales de 2014.
  • j’engage les autorités religieuses de ce pays à faire prévaloir l’apaisement, même si elles considèrent que le vote de cette loi constitue une profonde et grave erreur.
  • j’engage les médias à bien mesurer leur part de responsabilité dans la montée possible de l’homophobie en réponse à un triomphalisme gay dont ils se feraient les porte paroles complaisants ;
  • j’engage le gouvernement à trouver enfin les mots et les gestes capables de rompre  avec le mépris manifesté envers les opposants à la loi.
  • j’engage les chrétiens à porter sur les homosexuels, et notamment dans leurs communautés, le regard d’estime et d’amitié auquel nous invite l’Evangile.
  • j’engage les citoyens de ce pays à se tourner vers d’autres combats, sur des terrains où se joue aussi la dignité de la personne humaine.
  • j’engage les uns et les autres à relire et méditer les dernières pages du Goncourt 2012 : «Le sermon sur la chute de Rome» (2) :

«Rome est tombée. Elle a été prise mais la terre et les cieux n’en sont pas ébranlés. Regardez autour de vous, vous qui m’êtes chers. Rome est tombée mais n’est-ce pas, en vérité, comme s’il ne s’était rien passé ? La course des astres n’est pas troublée, la nuit succède au jour qui succède à la nuit, à chaque instant, le présent surgit du néant, et retourne au néant, vous êtes là, devant moi, et le monde marche encore vers sa fin mais il ne l’a pas encore atteinte, et nous ne savons pas quand il l’atteindra car Dieu ne nous révèle pas tout. Mais ce qu’Il nous révèle suffit à combler nos cœurs et nous aide à nous fortifier dans l’épreuve, car notre foi en Son amour est telle qu’elle nous préserve des tourments que doivent endurer ceux qui n’ont pas connu cet amour.»

  1. Notamment mes amis de «A la table des chrétiens de gauche» mais également les Poissons roses et la Gauche pour le mariage républicain.
  2. Jérôme Ferrari, Actes Sud, p. 200


07/05/2013
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