Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Qui est Michel Roy, le nouveau Secrétaire Général de Caritas Internationalis (2/2) ?

Nous avons dû émettre de sérieux doutes sur le redressement de Caritas Internationalis après l’élection de Michel Roy. Voici trois éléments qui fondent notre jugement. A chacun de voir si la volonté du Saint Père et du Cardinal Sarah, préfet de Cor Unum, de revenir à une authentique charité catholique est en bonne voie ou si Caritas Internationalis continuera d’être la partie émergée d’une multinationale d’influence (l’Eglise Catholique), comme l’a écrit « La Vie ». Caritas Internationalis va-t-elle réellement appliquer le programme de Caritas in Veritate ?

 

1 ) Cela n’étonnera pas le lecteur de ce blog. Le décalage entre le plan stratégique de la Confédération Caritas Internationalis et les exigences du Saint Père, est ahurissant.


Le site de C.I. donne une relation du discours de Benoît XVI si radicalement écourtée qu’il n’est pas possible de connaître ce qu’a dit le Saint Père aux participants de l’Assemblée Générale. Et sur la même page, C.I. détaille les orientations pour les quatre années à venir, orientations qui sont précisément issues du règne de l’ancienne équipe !

 Nous savons grâce à la déclaration du président du Secours Catholique, François Soulage  que Michel Roy  a été élu « avec un mandat clair, d’autant que sa déclaration de candidature reprenait précisément le positionnement de Caritas Internationalis, qui est le même que celui du Secours Catholique face à la pauvreté et aux chrétiens. »

Nous avons donc un nouveau Secrétaire Général qui va œuvrer dans le même sens que son prédécesseur, dont les plus hautes autorités de l’Eglise ne voulaient plus à raison de ce positionnement. On se demande où est le plus grand scandale : l’arrogance du Président du Secours Catholique ou la formidable tromperie que constitue cette élection !

Voici le plan présenté par Caritas Internationalis :

  • sauver des vies, soulager les souffrances et aider à la reconstruction des communautés et des moyens de subsistance pour que les hommes et les femmes vivant dans les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables puissent survivre, surmonter les crises humanitaires et vivre dans un environnement sain et sûr.
  • promouvoir un développement humain intégral pour que les hommes et les femmes vivant dans les communautés les plus démunies et les plus défavorisées aient tous accès aux services de base tels que l’eau potable, l’éducation, les soins médicaux et les ressources qui leur sont nécessaires pour vivre de manière durable, dans la dignité.
  • renforcer les capacités et l’influence des hommes et des femmes vivant dans les communautés les plus démunies et défavorisées pour qu’ils puissent influencer les systèmes, les décisions et les ressources qui les concernent et avoir des gouvernements, des institutions et des structures mondiales justes et qui leur rendent des comptes.
  • consolider, à l'intérieur du réseau Caritas, les compétences organisationnelles afin de rendre compte de manière professionnelle, afin également d’être financièrement viable et capable de faire face aux défis de la pauvreté dans le monde, sur la base de la foi, à travers la prière et l’action dans le cadre de partenariats mondiaux efficaces.

Ce plan a été commenté par Michel Roy (voir le site du Secours catholique) et il est, en effet clair que rien n’a changé !

 

"Quelles seront vos principales priorités comme Secrétaire Général ?

La mise en œuvre du plan stratégique, des orientations validées par l’Assemblée Générale pour les 4 prochaines années. Ce plan me plaît parce qu’il a une approche globale de la lutte contre la pauvreté, des situations d’urgences, où le réseau est attendu avec cœur et compétence, au processus de développement humain intégral et durable. Il met aussi  d’avantage l’accent que par le passé sur la nécessité de lutter pour une société plus juste et plus fraternelle à travers une interpellation des politiques. Quand on parcourt ce plan, on constate aussi que la plupart des objectifs sont centrés sur de la coordination et de la formation, fonctions essentielles d’un secrétariat général d’une structure confédérale. Tout cela seront (sic) mes priorités. J’ajouterai une orientation qui est sous-jacente dans ce plan : ancrer l’action de Caritas en Eglise. A travers un approfondissement de ce que doit être la pastorale sociale aujourd’hui.

Je voudrais compléter ces priorités par des objectifs transversaux :

[…] être Caritas dans le monde, en améliorant notre plaidoyer global sur les questions de migration, de climat, de sécurité alimentaire, de paix et de de réconciliation, de justice économique…, en renforçant les liens avec le Saint-Siège et les réseaux thématiques de la société civile internationale, par exemple dans le cadre des Forums sociaux Mondiaux, afin de faire de ce monde un monde plus humain où les exclus et les opprimés pourront vivre dans la dignité qui est celle que Dieu leur a donnée.


Comment voyez- vous votre mandat et votre relation avec le Vatican ?

La relation avec le Saint Siège a besoin d’être revitalisée. Elle a connu des moments très difficiles ces dernières années. Chaque partie en a beaucoup souffert et est prête,  je pense  à reconstruire une relation sereine et féconde. Je m’y emploierai  activement. En tant que personnalité juridique publique du Saint Siège, Caritas Internationali engage l’Eglise universelle à travers ses actions et ses positions. Nous devons donc pouvoir faire remonter les constats et les analyses du terrain pour qu’ils soient pris en compte dans les positions du Saint Siège, et nous devons recevoir de ce dernier, orientations et conseils. Cette relation doit être féconde pour tous et permettre à l’Eglise de grandir dans sa relation avec les plus pauvres. Une Eglise universelle plus proche du terrain et une Caritas enracinées dans la mission de cette Eglise.


Quel a été le plus grand progrès de cette assemblée Générale ?

L’apaisement. Après ces derniers mois d’inquiétude et e ressentiments, nous avions besoin de nous retrouver en tant que confédération autour de notre mission. Les échanges sur les orientations stratégiques nous ont confirmé que nous étions sur la bonne voie. La page s’est tournée, dans la douleur, mais elle est tournée et nous regardons tous vers l’avenir. Dans ce monde globalisé et qui tourne de travers, générant de plus en plus de pauvreté parce que non régulé, le réseau Caritas est unique. Il porte en lui la force de transformation sociale que tout le monde attend. »


Nous avons voulu faire ces longues citations pour que tous ceux qui sont conscients de la très grave crise à laquelle nous assistons, puissent avoir connaissance de la réalité idéologique qui préside aux destinées de Caritas Internationalis.

Le plan stratégique est une intégration dans le grand tout du gouvernement mondial qui n’a rien de commun avec l’exercice de la charité  tel que l’entend l’Eglise Catholique.

Il ne suffit pas d’ajouter  « base de la foi » ou « à travers la prière » pour en faire une œuvre catholique ; et encore moins  d’y inclure une « orientation sous-jacente ».  On remarquera, et nous pouvons donner d’autres exemples, que Caritas Internationalis se conduit vis-à-vis du Saint Siège  dans une relation de puissance à puissance et donne des leçons. Ce qui est un scandale et un absolu mépris des paroles de Benoît XVI adressées à cette même Assemblée générale !

Voir dans le Forum Social Mondial un lieu de rencontre pour un monde  plus humain est une abomination ! (voir Le terrorisme Pastoral pages 31 à 69 et sur ce blog l’article concernant le Secours Catholique). 

Ceux qui acceptent de se laisser tromper par un tel discours sont les complices d’un détournement de la charité !

 

Extraits du discours de Benoît XVI aux participants à l’Assemblée générale de la Caritas Internationalis à l’occasion du 60ème anniversaire de sa fondation.

 

« Le Bienheureux Jean-Paul II renforça par la suite les liens existant entre chacune des agences nationales de Caritas et entre elles et le Saint-Siège, en conférant à Caritas Internationalis la personnalité juridique canonique publique (ibid., 3). En conséquence de cela, Caritas Internationalis a acquis un rôle particulier au cœur de la communauté ecclésiale, et elle a été appelée à partager, en collaboration avec la Hiérarchie ecclésiastique, la mission de l’Église de manifester, à travers la charité vécue, cet amour qui est Dieu lui-même. De cette façon, dans les limites des finalités propres qui lui sont assignées, Caritas Internationalis accomplit au nom de l’Église une œuvre spécifique en faveur du bien commun (Cf. CIC, can. 116 §1).

Être dans le cœur de l’Église ; être capable, en quelque sorte, de parler et d’agir en son nom, en faveur du bien commun, comporte des responsabilités particulières en termes de vie chrétienne, aussi bien personnelle que communautaire. C’est seulement sur les bases d’un engagement quotidien à accueillir et à vivre pleinement l’amour de Dieu, qu’on peut promouvoir la dignité de chaque être humain en particulier. Dans ma première encyclique Deus Caritas est, j’ai voulu réaffirmer combien est central le témoignage de la charité pour l’Église de notre temps. À travers ce témoignage, rendu visible dans la vie quotidienne de ses membres, l’Église rejoint des millions d’hommes et de femmes et leur rend possible de reconnaître et de percevoir l’amour de Dieu, qui est toujours proche de toute personne qui se trouve dans le besoin. Pour nous chrétiens, Dieu lui-même est la source de la charité, et la charité est entendue non seulement comme une vague philanthropie, mais comme don de soi, même jusqu’au sacrifice de sa propre vie en faveur des autres, à l’imitation de l’exemple de Jésus Christ. L’Église prolonge dans le temps et dans l’espace la mission salvatrice du Christ : elle veut rejoindre tout être humain, mue par le désir que chaque individu parvienne à connaître que rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ (Cf. Rm 8, 35).

Caritas Internationalis est différente des autres agences sociales parce qu’elle est un organisme ecclésial, qui partage la mission de l’Église. C’est ce que les Papes ont toujours voulu et c’est ce que votre Assemblée Générale est appelée à réaffirmer avec force. À cet égard, on doit observer que Caritas Internationalis est fondamentalement constituée des diverses Caritas nationales. À la différence de nombreuses institutions et associations ecclésiales dédiées à la charité, les Caritas ont un trait distinctif : dans la variété des formes canoniques prises par les Caritas nationales, toutes constituent une aide privilégiée pour les Évêques dans leur exercice pastoral de la charité. Cela comporte une responsabilité ecclésiale spéciale : celle de se laisser guider par les Pasteurs de l’Église. Donc, du moment que Caritas Internationalis a un profil universel et est dotée de la personnalité juridique canonique publique, le Saint-Siège a la tâche de suivre son activité et de veiller à ce que, tant son action humanitaire et de charité que le contenu des documents diffusés, soient en pleine syntonie avec le Siège Apostolique et avec le Magistère de l’Église, et qu’elle soit administrée avec compétence et de façon transparente. Cette identité distinctive est la force de Caritas Internationalis, et c’est ce qui rend son œuvre particulièrement efficace.

De plus, je voudrais souligner que votre mission vous porte à jouer un rôle important sur le plan international. L’expérience que vous avez amassée au cours de ces années vous a enseignés à vous faire porte-parole, dans la communauté internationale, d’une saine vision anthropologique, nourrie de la doctrine catholique et engagée à défendre la dignité de toute vie humaine. Sans un fondement transcendant, sans une référence à Dieu Créateur, sans la considération de notre destin éternel, nous risquons de devenir la proie d’idéologies nocives. Tout ce que vous dites et faites, le témoignage de votre vie et de vos activités, sont importants et contribuent à promouvoir le bien intégral de la personne humaine. Caritas Internationalis est une organisation à qui incombe le rôle de favoriser la communion entre l’Église universelle et les Églises particulières, de même que la communion entre tous les fidèles dans l’exercice de la charité. En même temps, elle est appelée à offrir sa propre contribution pour porter le message de l’Église dans la vie politique et sociale sur le plan international. Dans la sphère politique – et sur tous les terrains qui touchent directement la vie des pauvres – les fidèles, et spécialement les laïcs, jouissent d’une ample liberté d’action. Personne ne peut, en des matières ouvertes à la libre discussion, prétendre parler « officiellement » au nom du laïcat tout entier ou de tous les catholiques (cf. CONC. OECUM. VAT. II, Gaudium et Spes, nn. 43.88). D’autre part, chaque catholique, et même, en vérité, tout homme, est appelé à agir avec une conscience purifiée et avec un cœur généreux pour promouvoir de manière résolue ces valeurs que j’ai souvent définies comme « non négociables ». Caritas Internationalis est appelée, par conséquent, à œuvrer pour convertir les cœurs à l’ouverture envers tous nos frères et sœurs, afin que chacun, dans le plein respect de sa propre liberté et dans la pleine acceptation de ses propres responsabilités personnelles, puisse agir toujours et partout en faveur du bien commun, offrant généreusement le meilleur de soi au service de ses frères et de ses sœurs, en particulier des plus nécessiteux.

C’est dans cette vaste perspective, donc, et en étroite collaboration avec les Pasteurs de l’Église, responsables ultimes du témoignage de la charité (cf. Deus Caritas est, n. 32), que les Caritas nationales sont appelées à continuer à rendre leur témoignage fondamental au mystère de l’amour vivifiant et transformant de Dieu manifesté en Jésus Christ. La même chose vaut aussi pour Caritas Internationalis, qui, dans l’engagement pour accomplir sa propre mission, peut compter sur l’assistance et sur l’appui du Saint-Siège, particulièrement à travers le Dicastère compétent, le Conseil Pontifical Cor Unum. »

 

2 ) La mise en place du gouvernement mondial et de son idéologie planétaire à besoin de Caritas Internationalis.


Lorsqu’il était encore à la manœuvre au Secours Catholique, Michel Roy donna cet incroyable entretien (à la veille du Forum social mondial qui se déroulait à Belem au Brésil) qui ne laisse aucun doute sur ce qu’est, et a été Caritas Internationalis. (Radio Vatican, propos recueillis par Hélène Destombes, le29 01 2009).

« Nous pensons que en tant qu’organisation d’Eglise, service d’Eglise, que les chrétiens ont tout à fait leur place dans un espace, qui est d’ailleurs le seul qui existe sur la planète, dans un espace qui réfléchit à l’avenir du monde non pas par le haut mais par le bas, c’est-à-dire à partir de l’expérience menées par nos organisations, à l’instar du réseau Caritas, par le réseau de commissions épiscopales Justice et Paix, sur ce qui se fait sur le terrain, pour proposer des alternatives  sur le terrain au modèle qui est en crise. Ce que nous attendons de Belem c’est justement de faire un pas en avant dans ce contexte de crise générale que connaît la planète pour essayer de voir comment replacer l’homme, la personne humaine au centre de l’économie et que la finance soit véritablement au service de l’homme et pas au service d’elle-même. Il ne faut pas en attendre un modèle, même si certains pensent que le 1er février il faut que nous soyons en mesure d’afficher quelques lignes sur ce que nous, citoyens du monde, attendons de réunions comme celle du G 20 ou de la réunion de l’ONU qui se profile pour le mois de juin prochain. On veut que notre voix qui est celle du terrain, soit entendue.

Question : Ce Forum social mondial de Belem se pose très clairement comme un anti-Davos ?

Michel ROY : Les organisations brésiliennes dont la commission Justice et Paix, ceux qui ont organisé, voulaient faire pendant à Davos. Ce n’est pas de l’anti-Davos, c’est quelque chose qui est complémentaire à Davos. D’ailleurs la Secrétaire Générale de Caritas Internationalis s’est rendue à Davos la semaine dernière. (souligné par nous). Nous sommes ici ; et je crois que nous avons une parole à porter à Davos, et nous avons une parole à porter ici. Plus qu’une parole à porter, c’est aussi un travail que nous avons à mener avec d’autres réseaux qu’on ne rencontre pas forcément tous les jours, de manière à construire une autre vision du monde et je le répète une autre vision du développement de la personne humaine et des communautés humaines ».


Allez chercher une autre vision du monde dans le cloaque du Forum Social Mondial lorsqu’on est catholique, je pense qu’il vaut mieux en rire !

Nous ne pouvons à ce stade que répéter le mot de Saint Pie X : «  Il convoite le socialisme l’œil fixé sur une chimère ».


3 ) Une autre nomination nous fait craindre le pire après cette désastreuse Assemblée Générale.

 

L’Amérique du Nord a toujours un représentant, vice-président, au comité exécutif de C.I. Après un mandat assuré par les Etats Unis, c’était le tour du Canada d’assurer cette fonction. Le Canada a choisi pour ce poste… le Directeur Général de Développement &Paix… Michael CASEY qui continue à nier avec une rare impudence que depuis plus de deux ans, D&P sous sa direction, a financé des organisations pro-avortement sur quatre continents.

La chargée de presse est toujours, Kathy Brown

 

La bataille ne fait que commencer ! A la place qui est la vôtre, je vous demande faire connaître à tous, la situation ! 

Le Saint Siège et le cardinal Sarah ne sont pas au bout de leur peine pour restaurer la charité dans l’Eglise et je n’ai pas vu au programme de formation de Caritas Internationalis le rappel des œuvres de miséricorde spirituelle et temporelle !

 

A la semaine prochaine pour la suite des affaires canadiennes



21/06/2011
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