Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Témoignage sans commentaire paru sur Benoît et Moi et Y. Daoudal

Témoignage sans commentaire

 

Devant les événements que nous vivons dont la véracité ne peut être mise en doute voici un témoignage qui honore son auteur.

 

Avec quelques rares autres personnes, nous avons choisi de combattre le mensonge, la perfidie et surtout l'information bisounours et pétitionnaire.

 

A l'hydre satanique qui infeste l'Eglise il faut opposer la vérité, rien que la vérité, toute la vérité. Nous avons bien conscience de notre faiblesse dans cette bataille gigantesque et que nos adversaires sont légions. "Dextera Domini fecit virtutem".

 

 

Pourquoi j'ai renoncé aux reportages

12 octobre 2015 Hilary White remnantnewspaper.com Traduction d'Anna
* * *
"Toi, fou que tu es, pose ton I-Phone, car ce soir c'est ton âme qui t'est demandée"

 

J'ai décidé de rester à Norcia (ou Nursie: ville natale de Saint Benoît de Nursie, en Italie) pendant le Synode.
Il y a quelques jours, quelqu'un du site du Remnant m'a demandé si j'avais quitté LifeSite de mon propre chef, ou si "on m'avait poussée". J'ai répondu simplement "Je suis partie. Il était temps". J'ai depuis réfléchi à comment, et même s'il fallait, répondre plus complètement. Je n'avais pas l'intention d'être énigmatique. J'imagine que les gens voulaient savoir si quelque drame s'était produit. Mais en fait les raisons étaient personnelles, et je me suis interrogée pour savoir s'il convenait d'en partager une partie. Il m'a fallu quelque temps pour me représenter si j'avais vraiment compris pourquoi j'étais partie si brusquement, immédiatement après la Marche pour la Vie de Rome.
C'est venu de façon assez surprenante, même pour moi, après tant d'années: de 2004 à 2015. Cela s'était fait depuis un certain temps, mais cette semaine-là je suis rentrée chez moi et j'ai arrêté sachant que cette période de ma vie était finie, était close.
J'avais commencé à mener des enquêtes sur ce qui se passait vers la mi-1998. Par simple curiosité. Je savais qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond, et je voulais savoir ce que c'était. Cette année, début mai, j'ai réalisé tout simplement que j'avais trouvé ce que j'avais entrepris de découvrir. La flamme de la curiosité s'était éteinte, et avait été remplacée par quelque chose d'autre. Je savais ce qui arrivait.
Et réellement, après cette semaine-là, il est assez difficile de ne pas savoir, si on est un Catholique croyant. Au voyage papal aux Etats-Unis, ajoutez cette vidéo de l'odieux cardinal Danneels se vantant d'avoir fait partie d'une cabale anti-Catholique dans la plus haute hiérarchie de l'Église, ayant élu Bergoglio afin de poursuivre leur agenda, et je ne crois pas qu'il est nécessaire de rassembler davantage de faits sur l'état réel de François et sur sa tribu maléfique de démolisseurs de l'Église, ou sur ce qu'ils planifient de faire.
Quand un pape dit à un journaliste qu'il est conscient que ce qu'il dit et fait laisse penser à des gens qu'il est un antipape ou un Antichrist, mais qu'il en rit en se moquant et en raillant les fidèles ("Si vous voulez, je vous récite le Crédo", ndt), il ne reste, je le répète, plus grand chose à révéler. Ce n'est pas une conspiration, s'ils se placent devant les micros et racontent ce qu'ils vont faire, et ensuite le font.
Si Bergoglio est un anti-pape, cela me semble à présent sans importance. De futurs théologiens en débattront à loisir, s'il y a un futur. Mais pour l'instant je crois qu'on peut affirmer que lui et ses projets représentent un danger évident pour la destinée éternelle des fidèles et la mission de l'Église. Lorsque les nouvelles commencent à ressembler à l'intrigue de The Windswept House (La Maison battue par le vent) (1), l'heure de rester assis et de regarder est terminée. En Mai de cette année, je suis arrivée à la décision assez soudaine que pour moi le temps de rester en retrait et de rendre compte de tout cela comme de 'nouvelles' était parvenu à son terme. Pourquoi ai-je renoncé presque complètement à faire des reportages? Essentiellement parce que je ne pouvais pas continuer à feindre que ce qui arrive arrive à quelqu'un d'autre.
Il y a une sorte de thème récurrent dans les films-catastrophes, celui du reporter courageux mais stupide, qui hurle au milieu du maelström ses observations au cameraman tandis que tout le monde autour de lui crie et s'enfuit. Inévitablement, en général au milieu de la phrase, il se retourne juste à temps pour être emporté par ce qui arrive.
[NDT: Pour illustrer son propos, HW a inséré un court extrait du film catastrophe "Le jour d’après"].

 

Je crois surtout que j'ai renoncé aux reportages parce que depuis Mars 2013, il est devenu évident que le désastre auquel nous sommes maintenant confrontés est à une échelle tellement monstrueuse que "les nouvelles" sont devenues une espèce de fiction, un divertissement. Ce reporter du film, jusqu'au dernier moment de sa vie, ne faisait pas vraiment attention à ce qui était en train de se produire. Il pensait à son public, à ses rédacteurs, à ses patrons, au fait qu'il augmentait l'audience et que sa carrière bondissait. Ce à quoi il ne pensait pas, c'est qu'il était sur le point de mourir.
Culturellement parlant, le rôle d'un reporter est de maintenir l'illusion que, quel que soit l’évènement qui arrive, il ne s'applique pas à lui, et que, ce qui est le plus important, il ne s'applique pas réellement à nous, les spectateurs. Les nouvelles sont les choses qui se produisent là-bas, et bien que cela puisse paraître paradoxal, elles sont censées nous donner le sentiment que puisqu'elles se passent là-bas elles ne peuvent pas se produire ici.
Une des choses plus importantes que j'ai apprise du journalisme est que le journaliste représente les gens ordinaires, chez eux. Le reporter est le type normal qui ne sait rien mais veut comprendre, qui pose aux experts les questions normales que n'importe qui poserait s'il le pouvait. Il ne cherche pas à devenir lui-même un expert, il ne participe pas à l'histoire. Mais nous sommes arrivés à un stade des événements où ce nécessaire détachement professionnel est devenu un moyen de faciliter la complaisance.
Je crois pouvoir en conclure que le but des nouvelles ne diffère pas du genre du films-catastrophe. Il s’agit de montrer des désastres palpitants, émouvants à regarder, mais en même temps de créer l'illusion d'une distance infranchissable entre nous et ce qui se passe. Nous avons tous appris à vivre nos vies comme si nous étions en train de regarder quelque chose sur YouTube. C'est l'équivalent moderne du combat des gladiateurs, qui crée un frisson par procuration, aussi longtemps qu'il continue de se produire en sécurité dans les confins de l'arène, tandis que nous pouvons rester fermement sur nos sièges et rentrer indemnes chez nous avec notre pain sous le bras.
Et maintenant, nous avons commencé à voir un thème cinématographique récurrent, de gens qui tout simplement ne croient pas que ce qui se passe autour d'eux se produit réellement, ou les concerne.
[NDT: Ici, nouvelle video, cette fois du tsunami de Fukushima en 2011]

 

C'est devenu un cliché. Nous secouons la tête, horrifiés, en regardant le type qui fuit le tsunami japonais et s'arrête pour sortir son I-Phone et prendre une vidéo. "Cours, idiot!" crions-nous du canapé [ou aussi le type qui de la fenêtre de son appartement filme pendant deux minutes les gens qui s'échappent en hurlant du Bataclan et continue de leur demander: "S'il vous plaît, qu'est-ce qui se passe?", ndt].
Quand je parle de la nature des nouvelles en général comme d'une manière de se tenir en retrait et de garder une distance psychologique par rapport à ce qui se passe, je veux seulement dire que ce n'est qu'un des effets inévitables des nouvelles - surtout les nouvelles par internet - sur la psychologie humaine dans la société occidentale. Je ne veux certes pas dire que c'est l'intention des gens qui rapportent les nouvelles. Et surtout je ne veux pas dire que le travail que font LifeSite et d'autres bonnes agences chrétiennes de nouvelles n'est pas important ou qu'il est une distraction ou de la Fiction. Je ne veux pas non plus dire que l'on ne peut pas rapporter les nouvelles et jeûner, prier et faite pénitence. Les journalistes aussi sont appelés à la sainteté.
J'ai commencé ma recherche en 1998, très peu de temps après mon retour à la pratique du catholicisme, et alors que je me rétablissais d'une maladie plutôt mystérieuse. J'avais beaucoup de temps libre et pas beaucoup d'argent, et je passais donc de nombreuses journées dans la salle des ordinateurs de la bibliothèque de l'Université Dalhousie, lisant des livres sur les effets culturels à long terme de l'utilitarisme et d'autres philosophies du XVIIIème siècle. Je voulais savoir ce qui était réellement vrai, ce qui arrivait réellement.
Je savais depuis l'enfance qu'il y avait quelque chose qui vraiment, 'vraiment', n'allait pas dans le monde, et je n'ai pas compris ce que c'était jusqu'à l'âge de 34 ans. J'avais commencé à lire des ouvrages sur les utilitaristes modernes, Peter Singer et ses disciples, et je prenais conscience, dans un moment assez épouvantable, de ce que j'avais connu au niveau des tripes: que cette philosophie avait déjà pris le contrôle du monde. L'idéologie qui avait créé Auschwitz était bien vivante et avait pris le dessus dans les soins médicaux et la recherche bio-médicale. Aujourd'hui nous appelons cela "Bioéthique".
À ce moment j’ai su que ce mal était bien plus grand que ce qu'il paraissait, qu'il était à une échelle vaste, presque inimaginable. Depuis ce moment j’ai réalisé que j'étais en guerre. Une guerre très très vaste, qui se combattait de manière presque invisible mais dont les conséquences étaient cosmiques et universelles et éternelles. Il fallait la combattre, mais je savais qu'en fin de compte nous n'avions pas le pouvoir de vaincre.
J’ai commencé l'activisme pro-life en 1999, intéressée par le nouvel eugénisme et la création de la vie humaine par la recherche biomédicale et la biotechnologie. Je me suis efforcée d'apprendre au fur et à mesure tout ce que je pouvais, sachant toutefois avant même de commencer que ce travail n'était pas la solution. Pendant des années je continuais d'avoir le sentiment que tout en acceptant cette direction, à un certain moment je devrais l'abandonner, et continuer avec ce que je devais faire.
En Mars 2013, j’ai assez bien compris ce qui se passait, et je savais déjà que le temps de me tenir à distance et de rendre compte (des évènements) touchait à son terme. Je l'ai ressenti très fortement sur la Piazza, en cette froide soirée de crachin, bien qu'il fallût encore du temps pour que les détails viennent s'y ajouter. Je savais alors que rendre simplement compte de ce qui se produisait, littéralement devant moi, n'était plus la réponse appropriée. Une des plus fortes certitudes que j'eus ce soir-là, c'est que quelque chose de nouveau commençait, la phase suivante.
Cette année, finalement, je n'ai plus pu différer. Ayant connu le terrain après 15 ans d'examen attentif, il me fallut prendre acte que poursuivre tout cela simplement comme du matériel pour des articles de 700 mots, n'était pas la réponse appropriée. Cela revenait à arrêter de filmer le tsunami.
Tandis que nous courions en long et en large, signalant tel ou tel détail, pendant toutes ces années, les ennemis du Christ étaient restés focalisés sur ce qu'ils voulaient: la papauté. Ces derniers jours, après avoir pris connaissance de la "Mafia de Saint Gall", j'ai mieux compris le sentiment d'effroi que moi et beaucoup d'autres nous avions éprouvé en voyant Bergoglio, vêtu du blanc papal, se tenir dans cette longue pause immobile, regardant la foule sur la Piazza. Profitant de notre distraction, Sauron s'était emparé de l'anneau (Ndt: le Grand Méchant dans les livres de Tolkien).
Longtemps j'ai cru que quoi qu'il se soit produit - les détails ne sont pas importants à ce stade - Vatican II avait été utilisé par les ennemis du Christ pour injecter une religion entièrement nouvelle et fausse dans les structures existantes de l'Église. Ils ont injecté ce poison, cette anti-religion, qui a commencé à se propager comme un virus infectant le corps entier une cellule après l'autre. Vatican II a réécrit l'ADN spirituel des ordres religieux et des universités d'abord, puis s'est propagé aux structures diocésaines, aux organisations épiscopales nationales et aux agences internationales de charité. Et finalement, en mars 2013, l'ennemi s'était emparé de la citadelle.
Nous savons de façon très concrète quelle sera la prochaine phase et nous avons une bonne idée du calendrier. Danneels et ses amis, Bergoglio inclus, croient que la guerre a pris fin cette nuit-là et il est clair qu'ils avancent avec leur plan de liquidation finale des fondements doctrinaux de l'Église Catholique, à commencer par la morale sexuelle, pour la transformer en un vecteur des idéologies humanistes séculières et franc-maçonnes, comme une colossale seringue spirituelle remplie de poison "miséricordieux" à administrer au monde entier.
Pendant les dernières semaines et les derniers mois, les seules informations vraiment nouvelles ont été les détails sur ce à quoi cela ressemblera exactement, provenant surtout d'interviews des plus proches collaborateurs du Pape Bergoglio. Ce qui se produira le mois prochain au Synode et après n'est autre que la mise en place formelle et la reconnaissance de la nouvelle religion, et l'expulsion finale de la vieille religion du Christ. Nous serons introduits à la religion du Kaspérisme, du Bergoglianisme, bref du Néomodernisme. Ou, comme cela a été décrit ailleurs, l'"abomination de la désolation dans le sanctuaire". Ce que nous, Vieux Narnians (Narnia est le pays fantastique de C.S. Lewis, dont s'est emparé la Sorcière Blanche qui y règne dans une hiver sans fin et sans Noël. Ndt) devons faire après cela, ce qu'il nous sera possible de faire, cela reste à voir.
Assise à mon bureau, à Norcia, aujourd'hui, tandis que les cloches sonnent Sexte (vers midi, cf. fr.wikipedia.org/wiki/Heures_canoniales), je ne vais pas dire que j'ai pris la mauvaise décision. Mais pendant au moins cinq ans je me suis convaincue qu'en traitant ces choses simplement comme des "nouvelles" nous avons fait un jeu de démarquage culturel, essayant de les réduire à un niveau psychologiquement gérable. Nous avons involontairement placé cette lutte cosmique entre le bien et le mal au même niveau que les gestes des célébrités du cinéma et de la météo.
Je n'accuse pas LifeSite de cela. Au contraire, LifeSite s'est toujours targué, à juste titre, de présenter la Vision d'Ensemble, et mon expérience à rassembler les pièces et à comprendre ce qui se passait réellement me convenait bien. Pour nous, les "thèmes de la vie" ("life issues") n'étaient pas déconnectés, ou des artefacts discrets de la culture et de l'histoire. Nous savions que ces choses étaient interconnectées et nous les considérions comme un seul gigantesque mouvement.
Les nouvelles étaient une manière commode de continuer à apprendre et d'y voir plus clair, mais en progressant il me devenait de plus en plus clair que ces choses que nous combattons sont réellement les Pouvoirs et Principautés et non pas de "petites phrases" politiques. C'est une guerre féroce pour les âmes, et depuis 2013 j'ai été sans cesse ramenée à considérer les implications de cette réalité pour moi-même.
Comment nous dit-on qu'il faut traiter avec les Pouvoirs et les Principautés? Nous a-t-on instruits à écrire des articles et lettres? À organiser des marches et démonstrations? À faire circuler des pétitions et faire pression sur les parlementaires? Tout au long de mon séjour dans le mouvement pro-life une pensée m'a taraudée: nous ne le gérons pas comme il faudrait. Ce n'est pas une réponse proportionnée. Je me suis sans cesse demandé, quand allons-nous enfin prendre au sérieux les choses qu'on nous a réellement dit de faire?
Le discernement spirituel peut s'avérer compliqué, surtout à une époque comme la nôtre où les institutions se sont effondrées ou ont été infiltrées. À la lumière des événements récents, nous nous battons tous pour déterminer la bonne prochaine décision. Je sais que les intentions et motivations des personnes qui s'occupent d'enregistrer les détails des désastres présents sont bonnes, mais ce n'est pas ma vocation. Je ne suis pas sûre qu'elle l'ait jamais été.
Cette année j'ai été acceptée comme oblate bénédictine. J'ai été assurée par mes supérieurs spirituels qu'il s'agit d'une chose Réelle, que de plus en plus de personnes se tournent vers l'Oblature, comme des réfugiés spirituels qui ont besoin de la vie contemplative mais ne peuvent pas la poursuivre pour différentes raisons par les moyens usuels. Je crois qu'il était temps que je commence à prendre cela au sérieux.
Il nous a été dit et répété ce que nous devons faire, tout au long du XXème siècle et dans celui-ci, par des voix humaines les plus dignes de foi dans le ciel et sur la terre. Pour frustrant et décevant que ce soit aux sens naturels, nos instructions sont de jeûner et prier, de faire pénitence et réparation. Je veux essayer de le faire et de voir ce qui arrive.

 

 

Hilary White  transmet un flambeau. Avec la grâce de Dieu nous ne le lâcherons pas !



28/11/2015
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