Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Le pape François nouveau Moïse

 

 

LE PAPE FRANCOIS, NOUVEAU MOÏSE

 

 

Cher lecteur, je ne sais pas comment vous le dire. Comment est-il possible qu'aucun commentateur, catholique ou non, ne soit pas aperçu que le pape a passé cinq, 5, jours dans un seul pays pour fêter un accord de pacification dont nous ne savons rien ou presque ! ?

 

Nous avons averti les lecteurs de la situation en Colombie le 13-10 2016. Le pape a accepté un accord entre le gouvernement et les FARC qui contient le programme de santé sexuelle et reproductive de l’ONU. Nous avons produit la lettre que le Professeur Galat adressait au pape…Notre article se terminait par la phrase suivante : «  L’invasion des FARC-ERP dans l’ensemble du pays est comparable à l’invasion des musulmans en Europe. Rompus à l’agitation révolutionnaire, ils imposeront « leur démocratie » et la chrétienté colombienne s’effondrera d’elle-même ».

 

La dernière semaine d’août Les FARC se sont transformés en Force Alternative Révolutionnaire Commune, parti politique, qui se présentera aux prochaines élections en 2018. L’acronyme n’a pas changé et l’emblème des fusils est remplacé par la rose socialiste avec une étoile.

 

Aujourd’hui, le pape confirme ses choix politiques pour la Colombie. Il prend du même coup possession du continent latino-américain en lui indiquant les réformes qu’il doit engager.

 

Ses discours prêchent inlassablement la réconciliation et le pardon. La catholique Colombie a bien reçu ce message. Les FARC ont, pour leur part, décrété qu’elles n’admettraient aucune décision de justice contre ses membres et que les crimes étaient le fait du gouvernement et de l’armée.

 

Toutes les interventions du pape sont marquées, non par un appel à l’observation des lois divines et naturelles mais par une incantation sur la dignité de l’homme et les droits de l’homme. Notamment celle qu’il a prononcée à Carthagène le 10 septembre avant de partir. C’est le sommet qui résume sa pensée et son mode opératoire : « …Jésus nous parle, à nous qui avons décidé de parier sur la communauté, à nous qui valorisons la vie en commun et rêvons d’un projet qui inclut tout le monde ».

 

« De plus, il est toujours enrichissant d’introduire dans nos processus de paix, l’expérience de secteurs qui, en de nombreuses occasions, ont été rendus invisibles, pour que ce soient précisément les communautés qui peignent (texte officiel) elles-mêmes les processus de mémoire collective. «  L’auteur principal, le sujet historique de ce processus, c’est le peuple et sa culture, et non une classe, une faction, un groupe, une élite. Nous n’avons pas besoin de projet de quelques-uns destinés à quelques-uns, ou d’une minorité éclairée ou qui témoigne et s’approprie un sentiment collectif. Il s’agit d’un accord pour vivre ensemble, d’un pacte social et culturel ».

 

La référence à la « Joie de l’Evangile » est manifeste et nous rappelle qu’il s’agit d’un programme politico-religieux. Ou pour être plus précis nous avons à faire à un discours libérationniste de la théologie du peuple où se mêle politique et religion, où la religion se fait politique grâce au peuple : « Il nous est demandé de générer « d’en bas » un changement culturel : à la culture de la mort, de la violence, répondons par la culture de la vie, de la rencontre. » (Carthagène)

Le processus essentiel de la paix c’est la rencontre. Le pape a foi en l’humanité. Une de ses biographies a été traduite en français sous le titre, « Je crois en l’homme ».

 

Nous sommes à des années- lumière de « Pacem in Terris » de Saint Jean XXIII: 

 

« - La paix sur la terre, objet du profond désir de l'humanité de tous les temps, ne peut se fonder ni s'affermir que dans le respect absolu de l'ordre établi par Dieu. ».

 

Avec le pape François, alors qu’il s’adresse à un peuple catholique à 90%, nous sommes dans l’utopie et l’incantation. Le pape a signé lui-même cette posture lorsqu’il a déclaré :

 

« Vengo aquí, con respeto y con una conciencia clara de estar, como Moisés, pisando un terreno sagrado. Ya que esta tierra, dijo, es “una tierra regada con la sangre de miles de víctimas inocentes y el dolor desgarrador de sus familiares y conocidos.” “Je viens ici avec respect et la claire conscience de fouler, comme Moïse, une terre sacrée. Parce que cette terre, dis-je, est “une terre irriguée du sang de milliers de victimes innocentes et de la douleur déchirante de leurs parents et connaissances ”.

 

Lorsque nous avons lu cela nous avons tenu à vérifier ces paroles. Nous n’avons lu nulle part qu’un pape ou un homme ait jamais rapporté un de ses gestes à celui de Moïse face à Dieu

 

 

  Moïse gardait le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à l’Horeb, la montagne de Dieu. L’ange du Seigneur lui apparut au milieu d’un feu qui sortait d’un buisson. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour venir regarder, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte ! Je suis le Dieu de ton père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit à Moïse : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. (…) La clameur des fils d’Israël est parvenue jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens. Et maintenant, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël.

 

Ce texte est indispensable pour bien situer l’action et les paroles du pape François.

 

Le pape sait d’une façon évidente que Moïse est en présence de Dieu lui-même et que Dieu lui ordonne de libérer le peuple juif.

 

Cette posture est essentielle à toutes les théologies de la libération ou du peuple. Tout prêtre est prophète lorsqu’il devient guide pour libérer le peuple de toutes les dominations politico-sociales. Ce guide, qui ouvre des chemins de libération, inscrit dans l’histoire la volonté éternelle de Dieu qui aime son peuple. Ce peuple étant par excellence les pauvres : une Eglise pauvre pour les pauvres !

 

En Colombie, le signe des temps de cette volonté divine, c’est la réconciliation.

 

Après avoir donné son assentiment à l’accord de réconciliation, le voyage du pape n’est que la grande mise en scène de la théologie du peuple.

 

Le pape greffe sur l’événement toute la praxis pastorale de la théologie du peuple.

Tout l’appareil clérical, pape en tête, au mépris des réalités politiques, matérielles et sociales (La Colombie catholique a accueilli le pape mais ne comprend rien à ce qu’elle entend car elle ingère le poison au goût de catholicisme traditionnel), est lancé dans la conquête du vivre ensemble et du pacte social et culturel.

 

Comme l’a écrit un fidèle du pape, il s’agit d’un nouveau mode d’« être l’Eglise ».

 

Le  pape ne cherche pas directement les changements politico-sociaux, pour eux-mêmes mais à discerner la mission et l’identité de l’Institution ecclésiastique à partir de son option pour le peuple pauvre, exprimée dans un discours religieux qui pousse au dialogue socio-politique et promeut une praxis pastorale inspirée par la justice sociale comme valeur de ce « peuple fidèle » qui veut suivre la praxis de Jésus. (S. Politi, Teologia del Pueblo).

 

Pour imager cette pratique idéologique, nous pourrions dire que le peuple colombien était en état de réception maximum pour le message de la théologie du peuple. Le résultat a été magique !

 

 

Cet engagement du pape n’est pas nouveau.

 

Depuis les années 70, à la suite des changements lancés dans la Compagnie de Jésus par le père Arrupe, le père Bergoglio, a une vision très clair de la condition politique du christianisme et de ce que doit être l’action pastorale de l’Eglise. (Discours d’ouverture de la Congrégation Provinciale XIV d’Argentine de 1974).

 

Devenu pape il n’a pas changé de discours. Toutes les réformes que nous voyons ont pour unique objet ce projet prophétique. On remarquera l’importance donnée à la communication dans la réforme de la Curie. Comme pour toute idéologie l’appareil de propagande est essentiel.

 

A peine rentré de Colombie, c’est le même message aux rencontres de la paix à Münster : « A côté des responsables politiques et civiles, tenus à promouvoir la paix pour tous, aujourd’hui et dans l’avenir, les religions sont appelées à répondre à cette soif, en particulier par la prière et par un engagement concret, humble et constructif, et à trouver et à ouvrir avec toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté, des chemins de paix, sans répit »

 

PAROLES DE PROPHETE !

 

 

A suivre : Application à la messe et à la liturgie.

 

 

 

 

 

 



12/09/2017
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