Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Mgr Angelelli un agent de la révolution Montoneros

 

 

FICHE n° 13 : D. ENRIQUE ANGEL ANGELELLI

 

Nous sommes toujours très étonnés du manque de curiosité des commentateurs catholiques. La prochaine béatification de Mgr Angelelli a fait l’objet d’un article dans La Croix qui se limite à la doxa habituelle. De même que l’Agence Vaticane Zénit. Le site Corrispondenza Romana du professeur Roberto de Mattei est bien documenté mais peu connu en France.

 

Le titre que nous donnons à cet article est celui de la fiche de l’évêque de La Rioja publié par les éditions brésiliennes Paulinas en 1986, dix ans après la mort de l’évêque.

Dans un boitier en carton classés par pays 78 fiches de « martyrs ».

L’Eglise révolutionnaire d’Amérique Latine a ses martyrs. Lors des grandes manifestations libérationnistes ou des réunions comme celles de la Conférence des Evêques d’Amérique latine (CELAM), on installe une tente des martyrs où l’on expose les photos de ceux qui sont morts pour le peuple.

Mgr Angelelli est décrit comme un défenseur des humbles et des pauvres qui a élevé la voix contre la répression en Argentine. «  Martyrisé le 4 août 1976 ». Dans le langage libérationniste, il a été assassiné parce qu’il croyait au Règne de Dieu c’est-à dire celui de l’Eglise des pauvres. Pas celui que nous demandons dans le Notre Père.

 

Les FAITS

Le 4 août 1976, Mgr Angelelli revient d’une célébration en l’honneur de deux prêtres assassinés. Son chauffeur est le père Arturo Pinto. Ils roulent sur la route nationale 38. Aux environs de Cordoba, leur voiture est heurtée par un ou deux véhicules et s’écrase.

Mgr Angelelli est tué sur le coup. Le chauffeur est blessé et perd la mémoire. Plus tard il racontera qu’au sortir de son étourdissement il avait constaté l’assassinat de l’évêque dû à plusieurs balles dans la tête. (varios disparos en le cabeza).

Immédiatement après l’accident toutes les investigations sont entreprises : autopsie, photos, tout le dispositif de recherches de preuves. Arturo Pinto interrogé à ce moment ne se souvient de rien.

En 1988, le frère Antonio Puigjané, guerillero qui avait participé à l’attaque de la caserne de La Tablada, fait une déclaration à la police de Neuquen dans laquelle il émet l’hypothèse d’un assassinat. Le journal La Prensa publie ses déclarations. L’évêque de La Rioja, Mgr Bernardo Witte déclare : «  Nous sommes surpris que la mort mystérieuse de Mgr Angelelli ait pu être cataloguée d’assassinat sans qu’il y ait des preuves suffisantes ».

Le cas est transmis au tribunal qui se déclare incompétent pour trouver de nouvelles preuves. La Chambre Fédéral d’Appel de Cordoba déclare en 1990 que malgré les investigations il est impossible de dire si l’accident a été provoqué avec une intention dolosive. : «… attendu que les moyens mis en œuvre ne sont pas suffisants pour démontrer la perpétration d’un délit … le tribunal estime pertinent de déclarer la suspension provisoire de la présente cause ».

En 2014, le Tribunal Oral Fédéral des affaires criminelles de La Rioja déclare qu’il s’agit d’un crime contre l’humanité et que ce type de délit permet de poursuivre non pas les auteurs qui sont inconnus, mais ceux qui sont sensés, avoir donné les ordres.

Le tribunal condamne à la prison perpétuelle le général Luciano Benjamin Menéndez et le commandant Luis Estrella pour le crime de Mgr Angelelli. Crime jamais prouvé !

L’aumônier de la prison qui visitait le commandant, a affirmé que jamais il n’avait été en quoi que soit mêlé à cette affaire.

L’actuel évêque de La Rioja, Mgr Marcelo Colombo, a été nommé à ce siège car il était un partisan inconditionnel de l’assassinat ; la béatification « est une reconnaissance du courage des témoins du Règne de Dieu ».

 

Du père Bergoglio au pape François

La région où ces faits se sont déroulés et la violence qui sévit à l’époque illustrent une réalité particulière. En 1969 a eu lieu les violentes émeutes de Cordoba, « Cordobazo » ; la ville universitaire est aussi celle de l’Académie militaire ! Mgr Angelelli est engagé avec les éléments les plus radicaux de la lutte armée qui viennent du péronisme. Le journal La Nacion a publié en son temps une célébration sous le drapeau des Montoneros.

Cet engagement de l’évêque est soutenu par les jésuites qui voit en lui un champion de la lutte contre l’injustice, la dictature et l’oligarchie.

Un mois après son élection comme provincial des jésuites argentins, en aôut 1973, le général des jésuites, le père Pedro Arrupe vient en Argentine . Il se rend à La Rioja pour appuyer l’action de l’évêque et concélèbre une messe avec le père Bergoglio. Selon La Croix, le père Arrupe aurait déclaré : « Ceci est l’Eglise que voulait Vatican II ».

En 2006, toujours selon La Croix, le cardinal Bergoglio a dit : «…j’ai rencontré une Eglise persécutée, le peuple et son berger ».

Le pape est fidèle à cette trajectoire et c’est pour cette raison, et d’autres à venir qu’il a promulgué les nouvelles dispositions pour la béatification le 11 juillet 2017, Majorem hac Dilectionem ».

Article 1 : L’offrande de la vie est une nouvelle modalité de béatification et de canonisation, aux côtés de l’héroïcité des vertus et du martyre. » Cette disposition avait déjà été présentée par Gustavo Gutierrez.

Après les évêques on va avoir les prêtres, les religieuses et les religieux … et les laïcs.

 

Rappel

Au XIX siècle trois cardinaux archevêques de Paris ont été assassinés.

Mgr AFFRE tués par les révolutionnaires alors qu’il s’avançait entre les insurgés pour demander une trêve en 1848.

Mgr SIBOUR par un déséquilibré en 1857

Mgr DARBOY fusillé par les communards en 1871.

 



29/10/2018
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