Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Analyse politique des événements de juin juillet - 1

Analyse politique des événements de juin et juillet -1

 

Si les manifestations se poursuivent on reste sur sa faim, on est même inquiet de l’issue politique de toute cette mobilisation.

Car  il faudra bien en arriver là. Le plus effrayant c’est le silence voire  l’ignorance sur cette question qui est la seule véritable qui doive être posée. Le statut du mariage, de la famille, de l’école est une question politique, régie par des lois votées par un parlement.

 Or depuis 1850 les catholiques où ceux qui prétendaient les représenter, ont toujours été battus par leurs opposants. Un peu d’histoire ne nuira pas à la réflexion qui s’impose.

Le 15 mars 1850, la loi sur l’enseignement est adoptée. Elle est toujours en vigueur. Les ans n’ont fait qu’en accroître les dégâts.

Les promoteurs de la loi, Dupanloup, Falloux, Montalembert, libéraux ou ralliés. En face Mgr Pie et Louis Veuillot. La loi consacre le monopole de l’Université ; L’Etat est maître de tout y compris dans les séminaires, collation des grades… etc. L’Eglise perd tout droit d’enseigner sinon sous la coupe de l’Etat.

Le ministre Odilon Barrot  demande à son ennemi Falloux, légitimiste  de prendre le ministère de l’Instruction publique et des Cultes. Celui-ci commence par refuser. Mais Dupanloup et Montalembert l’entraîne chez Thiers et lui promettent de ramener le pape à Rome. Falloux trahissant son camp accepte. Il en sera blâmé par le pape et le Comte de Chambord.

Montalembert écrit  à Dom Guéranger : « Nous sommes trop éloignés l’un de l’autre pour pouvoir espérer nous convaincre. Nous voici entrés dans deux voies diamétralement opposées ». Et il annonce qu’il ne reviendra plus jamais à Solesmes.

Quelques années plus tard Dom Delatte analyse avec génie cette situation :

« Les divergences qui éclatèrent alors pour la première fois, ne feront dans la suite que s’accroître selon la loi de leur marche angulaire… Un large sillon divisait dorénavant les catholiques en deux groupes, ceux qui avaient  comme premier souci la liberté de l’Eglise et le maintien de ses droits dans une société encore chrétienne, et ceux qui, premièrement s’efforçaient de déterminer la mesure de christianisme que la société moderne pouvait supporter pour ensuite inviter l’Eglise à s’y réduire. Le demi-siècle qui commençait alors  a retenti du choc de ces deux familles d’esprits ; nous ne saurions nous lasser de le redire, elle ont fait l’histoire de la France actuelle et se survivent dans les tendances qui en sont issues ».

La trahison minera Falloux jusqu’à sa mort. Naïf, ambitieux il n’était pas de taille à résister aux catholiques libéraux.

Ces mêmes catholiques se jetteront dans les bras de Napoléon  III. Montalembert, lui, se lancera  le 20 et le 21 août 1863 dans un discours de deux jours à Malines dans une opposition résolue pour proclamer le catholicisme libéral hérité de Lamennais : « Dans l’ordre ancien les catholiques n’ont rien à regretter, dans l’ordre nouveau, rien à redouter. Quand je parle de liberté, j’entends la liberté  toute entière, la liberté fondée sur le droit commun et l’égalité. L’avenir de la société moderne dépend deux problèmes : corriger la démocratie par la liberté, concilier le catholicisme avec la démocratie. »

Et de citer Mgr Dupanloup :

« Ces libertés si chères à ceux qui nous accusent de ne pas les aimer, nous les proclamons, nous les invoquons pour nous comme pour les autres. Nous acceptons, nous invoquons les principes et les libertés proclamées en 89 »

Pie IX réagira vivement par l’encyclique Quanta Cura et le Syllabus. Montalembert sera papiste à Rome et démocrate à Paris.

30 janvier 1875. La république est votée à une voix de majorité par tous les catholiques libéraux. Mgr Dupanloup fait une ultime démarche pour obtenir du Comte de Chambord qu’il se range du côté des libéraux. La réponse est claire : «  J’attends peu de l’habileté des hommes et beaucoup de la justice de Dieu ». Etienne Lamy catholique libéral écrit dans la Revue des Deux Mondes  pour les irréductibles catholiques le pacte de l’esclavage républicain : « La République est le port où abordent vos longues incertitudes, où vous prenez terre pour jamais…Plus on vous verra résolus, moins on exigera de gages et vous passerez républicains dans l’exacte mesure où vous sentirez l’être vous-même. » 

16 février 1892 l’encyclique de Léon XIII, Au milieu des sollicitudes. C’est l’encyclique dite du « ralliement ». Alors que le pape préconisait le regroupement des forces catholiques en vue d’un « combat par tous les moyens légaux et honnêtes » et que cessent entre eux les querelles concernant la forme de l’Etat, ce fut la débandade.

On connaît le résultat. Pour « combattre » on s’est rallié au système c’est-à dire aux élections qui étaient comme elles le sont aujourd’hui, contrôlées par le ministre de l’Intérieur, les préfets et tout l’appareil de l’Etat et les loges. Jusqu’en 1898 il y eu encore deux cents députés qui passaient pour catholiques. Puis l’appareil maçonico-républicain écrasa tout sur son passage.

1 juillet 1901 interdiction d’enseigner aux Congrégations non autorisées

1902, fermeture des établissements des Congrégations d’enseignement

1903 refus d’autorisation des Congrégations enseignantes et prédicantes ; spoliation des Congrégations

Juillet 1904 interdiction d’enseigner aux Congrégations

9 décembre 1905 séparation de l’Eglise et de l’Etat

13 avril 1908 attributions des biens ecclésiastiques aux communes.

Nous n’entrons pas dans le détail. Les catholiques ralliés comptaient dans leur rang Jacques Piou et Albert de Mun  etc…Le 8 mai 1894 en la fête de Sainte Jeanne d’Arc, en la basilique du Sacré Cœur, le chanoine Brettes avait terminé son homélie par ces fortes paroles : « Le jour de la consécration du Vœu National sera le jour du Sacre de la Démocratie ! » ; La démocratie chrétienne était en marche !

A suivre…

 

 



06/08/2013
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