Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Compléments pour un dossier sur la théologie de la libération

Compléments pour un dossier sur la théologie de la libération

 

 

Une revue mensuelle catholique vient de faire paraître un dossier sur la théologie de la libération. C'était une gageure car c'est une affaire complexe aux multiples facettes. Aussi cela est l'occasion de préciser certains aspects essentiels qu’un dictionnaire de la théologie de la libération ne peut donner.

 

1 - La religion catholique est, si je puis dire, la religion de l'ETRE. Notre Dieu, fait unique dans l'histoire des hommes, a donné son nom : EGO SUM QUI SUM, Je suis celui qui suis.

Aucun dieu fabriqué par l'homme n'a osé rivaliser avec ce nom-là.

L'Eglise catholique depuis plus de deux mille ans est arrimée à cette vérité : Que votre OUI soit OUI, que votre NON soit NON. ; EST, EST ; NON, NON.

 

L'Eglise n'a jamais failli dans la transmission de la vérité.

 

2 – La tentation initiale au paradis tient en peu de mots : « Vos eritis sicut dii ». Vous serez comme des dieux ».

Voilà nos premiers parents plongés dans le vertige des lendemains qui chantent, d'un futur meilleur. En réalité il s'agit de l'utopie malsaine. La suite va en apporter la preuve. On quitte le temps de Dieu pour celui que l'homme va inventer. C'est toujours le temps de Dieu mais l’homme pêcheur est livré à lui-même en attendant le Rédempteur.

 

3 – On va avoir le Déluge, la Tour de Babel, les systèmes millénaristes, surtout avec le protestantisme. Puis Jean-Jacques Rousseau : « L'homme naît libre et partout il est dans les fers ». C'est le cri de l'anarchie et de la révolution. Rousseau a la solution : le contrat social établira la paix universelle. C’est toujours la promesse d’un futur idyllique. On sait ce qu'est devenu ce futur radieux et les élucubrations anglo-germaniques qui ont suivi.

 

4 – Le prolétariat et le matérialisme historique et dialectique ont suivi, pendant que Félicité de Lamennais trouvait dans le peuple le nouveau vecteur de la civilisation, de la paix universelle, de l'Etat et de la religion. Deux auteurs ont relié avec juste raison la théologie de la libération au délire de Lamennais : l'un professeur, ayant appartenu au parti communiste, Jean-Pierre Rissoan, dans « Traditionalisme et révolution ; l'autre un chercheur italien, Julio Laredo dans «  Teologia della Liberazione : salvagente di piomo per i poveri », une bouée de sauvetage en plomb pour les pauvres.

 

5 – Pour la théologie de la libération, l’Incarnation du Fils de Dieu, l’Eglise, la hiérarchie, la liturgie TOUT vient du peuple et ne se conçoit que pour le peuple. Le peuple de Dieu remplace le Corps Mystique. Sa pauvreté, sa générosité, sa souffrance font de lui un interprète infaillible de la volonté divine. Il discerne les signes des temps. Tout cela est présenté dans le livre de Leonardo Boff « La Fe en la periferia del mundo : el caminar de la Iglesia con los oprimidos » (La foi dans la périphérie du monde : la marche de l’Eglise avec les opprimés.)

« La propre « nature » humaine révèle une catholicité intrinsèque, en tant qu’elle est ouverte à une capacité illimitée et universelle de communion » (page 147, Boff se réfère en note à Congar).

C’est un changement radical de la théologie catholique.

Le peuple est un autre sauveur comme le montre l’imagerie. Le Christ descend de la Croix et c’est un pauvre qui prend sa place ; les théologiens libérationnistes vont faire du peuple conduit par l’Esprit Saint un nouveau lieu théologique !

Telle est la réalité de la théologie de la libération. L’agitation politico sociale, les morts qui deviennent des martyrs dans les affrontements avec les forces de l’ordre (Gutierrez est l’inventeur de la nouvelle sainteté), c’est le décor, c’est la lutte des classes pour les bobos progressistes d’Europe. De leurs luttes, les pauvres n’obtiendront rien ! Le Brésil s’enrichit avec la découverte de pétrole qui conduit à l’apparition d’une vraie classe moyenne.

 

6 – Ce qui subsiste surtout après 1989 la chute du mur de Berlin, c’est la destruction de l’Eglise catholique sur tout le continent Latino-Américain. On n’a pas encore décrit la puissance médiatique à l’intérieur même de l’Eglise qui va tout bouleverser. Les réseaux, les connexions multiples qui lient tous ces agents. Camillo Torres est l’élève du chanoine Houtart à Louvain. Houtart est avec Ivan Illich le grand organisateur de tous les développements ultérieurs. Mais Camillo Torres est avec le Chanoine Houtart membre du conseil consultatif du CIF de Ivan Illich au Mexique. Tout cela est comparable à l’organisation de la Révolution Française. Le professeur du père Bergoglio Lucio GERA fera office de modérateur auprès de Ivan Illich lorsque celui-ci aura des problèmes avec Rome. Les Jésuites sont au premier rang du Mexique au Chili et en Argentine en passant par le Salvador et le Nicaragua !

 

On ne peut pas ne pas citer Helder Camara sans dire qu’avant la fin du Concile il lance la révolte avec la signature du Pacte des Catacombes ! On ne peut pas oublier que c’est sa déclaration des évêques du Tiers monde en 1967 qui va permettre surtout en Argentine de mobiliser le clergé pour la révolution ; Helder Camara cite explicitement dans cette déclaration l’exemple de la révolution française ! C’est lui qui va parcourir le monde pour propager la révolution contre l’Eglise ! Il était poète à ses heures et il a produit une œuvre dans laquelle il voit le pape, devenu fou, mettre le feu à Saint Pierre de Rome et c’est Dieu qui attise le feu que les pompiers n’arrivent pas à éteindre !

«  Porque Deus / Atiçava o fogo / que os bombeiros / Em vão / tentavam extinguir. »

 

Ce Pacte des Catacombes, le cardinal Bergoglio et le pape le suivront à la lettre.

 

7 - Encore une fois l’habillage médiatique et philosophique des théologies de la libération et du peuple ne changent rien à la réalité politico sociale.

On veut faire croire que la théologie argentine est une version soft et non marxiste de la première. Outre que la dialectique du peuple et de l’anti-peuple est présente partout, on a, en réalité, un peuple inséré dans le cours de l’histoire qui copie le prolétariat

 

La distinction que l’on a cherché à établir entre la théologie de la libération et la théologie du peuple est purement idéelle et non réelle.

 

La preuve est si éclatante qu’on a du mal à croire qu’elle ait pu échapper à quelque rédacteur !

 

8 - Le pape François a reçu à Rome les exclus d’hier.

 

Jon Sobrino qui avait insulté le cardinal Ratzinger qui l’avait censuré est revenu à Rome pour donner dans une université pontificale une conférence à l’occasion des 50 ans du Pacte des Catacombes. Il a été reçu par le pape.

 

Gustavo Gutierrez le dialecticien « marxiste » est devenu le chantre du pape François. Son enthousiasme est tel qu’il a déclaré qu’il n’y aurait pas de marche arrière après ce pontificat, « no marcha atras » ! C’est lui qui a inventé la nouvelle sainteté pour la béatification de Mgr Romero.

 

Enfin le plus illustre de tous, Leonardo Boff.

Selon lui, le pape François a façonné un pontificat pour les quatre cents ans à venir.

Mais il a fait mieux !

Le site, Religion Digital d’informations religieuses pour l’Espagne et le monde, a retranscrit une interview du 2 janvier 2017 à 22h 04.

 

Leonardo Boff déclare :

 

«  François est des nôtres. Il a fait de la théologie de la libération le bien commun de l’Eglise. Et il l’a répandue »

« (Le pape) m’a demandé de la documentation pour Lauda Si. Je lui ai donné mes conseils et je lui ai envoyé de ce que j’avais écrit. Quelques personnes m’ont dit qu’en lisant elles avaient pensé «  c’est de Boff ».

Plus tard, le pape lui a demandé : « Boff, s’il te plaît ne m’envoie pas les documents directement à moi ».

Boff a quitté le sacerdoce en 1992. Il s’est marié avec sa secrétaire qui avait quatre enfants d’un mariage légitime. Aujourd’hui dit-il, « Je baptise, j’enterre et dans les communautés sans prêtre je célèbre la messe. ». Est-ce une anticipation ?

 

A la fin de ce survol, je voudrais ajouter un mot. Lorsque l’on cite le frère de Leonardo, Clodovis Boff, (prêtre des Servites de Marie), il faudrait que l’on rappelle qu’il n’a pas persévéré dans le chemin abominable de la théologie de la libération mais qu’il a fait retour à la foi de son enfance. Cela lui a valu, il y a vingt ans, d’être désigné, par son frère, à la vindicte populaire dans un article sanglant. Que ceux qui veulent le citer, citent sa réfutation de la théologie de la libération. Ils apprendront beaucoup de choses.

 

 

 

 

 



17/01/2018
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