Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Conclusion provisoire -1

Conclusion provisoire   - 1

 

 

Nous venons d'achever la lecture de deux ouvrages parus en 2016 sur la théologie du peuple et le pape François. Ces deux livres sont préfacés l’un par le père Juan Carlos Scannone ce qui est une garantie de l'orthodoxie « francisco », et l’autre par un théologien de renom de la UCA de Buenos Aires, Omar César Albado. Ils reprennent l'un et l'autre, - avec les mêmes omissions et les mêmes décalages dans la chronologie des événements -, la thèse des origines de la théologie du peuple.  Mais l'intérêt est ailleurs car ils rapportent cette théologie au gouvernement du pape ce qui donne son vrai sens à la dite « théologie ».

 

Para leer a Francisco, teologia, ética y politica. Emilce CUDA

 

El papa Francisco y la teologia del pueblo. Rafael Luciani

 

 

 

Le comportement du pape est inintelligible pour les fidèles non seulement pour ceux qui perçoivent les bouleversements radicaux mais aussi pour ceux qui veulent le suivre mais qui ignorent sa « forma mentis ».

 

1 - Dans une déclaration récente le pape avec un brin de nostalgie au moins apparente semble regretter la liturgie d'autrefois. OH ! Bonheur ! Les catholiques fidèles retrouvent enfin un pape qu'ils peuvent vénérer. Le reste… qui les chagrinait tant, s’est s'évanoui.

 

« Vatican II implique une relecture de l'Evangile à la lumière de la culture contemporaine. Il a produit un mouvement de rénovation qui vient simplement de l'Evangile lui-même. Les fruits sont énormes. Il suffit de se rappeler la liturgie. Le travail de la réforme liturgique a rendu service au peuple en relisant l'Evangile à partir d'une situation historique concrète. S'il y a  des variantes dans  l'herméneutique de la continuité et de la discontinuité, une chose est claire : la dynamique de la lecture de l'Evangile pour aujourd'hui qui est propre au Concile, est absolument irréversible  ». (Civilta Catolica, 19 août 2013).

 

Les paroles qui consolent appartiennent au registre du sentiment et ne changent en rien la réalité supérieure, la théologie pastorale qui s’impose à tous, ou pour reprendre le titre d’un chapitre de Rafael Luciani : « La géopolitique des peuples et de leurs cultures ».

 

2 – Un deuxième exemple illustre à merveille ce comportement papal.

On parle beaucoup de la reconnaissance canonique de la Fraternité Saint Pie X. Elle est annoncée comme imminente. On vient de lui donner la permission de célébrer des mariages licites et valides.

 

Comment ne pas s’interroger ? Voici un pape qui par cent déclarations s’oppose à tout ce que Mgr Lefèvre a toujours défendu et que défendent encore vaillamment ses héritiers… et c’est lui qui donnerait droit de cité à la Fraternité Saint Pie X, après avoir liquidé de la manière que l’on sait les Franciscains de l’Immaculée qu’il a poursuivi jusqu’aux Philippines !

Le même pape François qui déclare à ses fidèles du diocèse de Rome que les couples non mariés pour des raisons superstitieuses, ont reçu de facto le sacrement de mariage à cause de leur fidélité :

 

« Pourtant, je dois dire que j’ai vraiment vu une grande fidélité dans ces concubinages, une grande fidélité; et je suis certain que c’est un véritable mariage, ils ont la grâce du mariage, précisément en raison de la fidélité qu’ils vivent ». (Rome 2 juillet 2016).

Le pape veut-il faire exploser la FFPX ?

 

3 – La théologie du peuple remplit des milliers de page. A aucun moment, elle n’affronte dans une « disputatio » loyale une autre théologie qui s’opposerait à elle. Elle prétend seulement à une originalité latino-américaine voire même argentine. Le cardinal Ratzinger avait en son temps ridiculisé cette prétention. Tous les auteurs sont issus des couveuses germaniques, belges, françaises et américaines du Nord.

 

Lorsque Luciani veut asseoir sa thèse sur l’amour non de l’Eglise mais dans l’Eglise il en est réduit à citer …Karl Rahner ! ( pages 169, 174,175) 

 

De la même façon lorsque madame Emilce Cuda veut nous apprendre ce qu’est la sagesse populaire elle précise (pages 166 et 167) que « c’est une forme de savoir du peuple qui ne procède pas de la réflexion mais seulement de l’autoconscience et aussi de la mémoire. Cette sagesse populaire est expérience de résistance de la vie. Elle agit comme nucleus porteur de sens, déplaçant l’idée européenne d’une métaphysique de l’unité perdue ».

 

Pour préciser cette profonde pensée elle a recours à deux notions, le « Grund » et l’ « Abgrund ». Elle compare ces deux principes  au cogito cartésien. Et pour achever sa démonstration : « Pour la théologie latino-américaine, et argentine, le « je », (yo) transcendental est un nous-peuple (nosotros-pueblo), qui met en relation le je-tu il/elle ».

 

Le tout est couronné par une référence au deus ex machina de la théologie du peuple, Juan Carlos Scannone.

 

Mais Emilce Cuda, nous introduit dans un monde inconnu qui mérite le détour.

 

Elle appartient à l’université jésuite, Boston College (comme Luciani), et au Catholic Theological Ethics in the World Church.

 Il s’agit de ce que nous pouvons appeler le second cercle. Le premier étant l’appareil jésuite directement lié au pape François.

Le CTEWC,  répandu dans le monde entier, est peu connu bien que ses membres soient autant de caisses de résonnance papales réparties dans plus de quinze pays avec un ancrage « jésuite » discret : Irlande Philippines, Slovénie, Pologne, Allemagne, Espagne, Autriche, Italie, USA, Inde , Kenya…Le Français du CTEWC  est bien connu des milieux « francisco » puisqu’il a été choisi par le pape lui-même comme expert au synode de la famille. Philippe Bordeyne, recteur de l’Institut Catholique de Paris, est une des coqueluches de l’appareil papal en France. Il a produit un livre sur les divorcés remariés qui reflète la voix de son maître. 

 

Heureusement, il reste l’Homme Nouveau !

 

Dans sa dernière parution n° 1635 du 25 mars 2017, en page 24, Thibaud Collin, réfute la religion du membre du club  « World Church », dans un article intitulé : La loi morale ne saurait comporter de double statut ».

 

 

 

Voilà un pape qui est arrivé au pouvoir avec sa propre théologie, FAIT UNIQUE dans l’histoire de l’Eglise. Après quatre ans de gouvernement, tout a été mis en place. Le pontificat est lancé sur une trajectoire précise, déterminée, sans marche arrière comme l’ont annoncé Gutierrez, Boff et Kasper.

 

 

 

A suivre : la nouvelle Eglise, le nouveau pape, ses nouvelles fonctions et le nouveau gouvernement.



05/04/2017
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