Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Depart de L.A. Knight : le Net en parle - La Croix - 2

La Croix 28/02/2011 17:00

Qu'est-ce qu'une association humanitaire catholique ?



Alors que la secrétairerie d’État s’oppose au renouvellement du mandat de l’actuelle secrétaire générale de Caritas Internationalis, en estimant que l’identité catholique de l’organisation caritative n’est pas suffisamment affirmée, François Soulage, président du Secours catholique-Caritas France, souligne que l’identité catholique de Caritas c’est d’abord sa capacité à se mettre au service de tous les hommes

François Soulage
Président du Secours catholique-Caritas France

« Être catholique, pour une association caritative, c’est être universel, c’est-à-dire se mettre au service de tous les hommes. Caritas est une association qui n’est pas seulement au service des catholiques, mais de tout être humain. Elle a comme tâche d’assister l’Église dans sa mission de charité.

Ce qui signifie à la fois que les catholiques puissent trouver là les moyens d’être au service de leurs frères, au nom de l’Évangile, et aussi qu’ils puissent être accompagnés spirituellement dans cette tâche, par une relecture, un discernement, pour trouver à travers un tel engagement un sens à leur foi. Là est l’expression concrète de l’évangélisation.

Peut-être peut-on reprocher certaines choses aux Caritas sur le terrain. Mais encore faut-il les dire. La tension qui s’est révélée entre le Saint-Siège et l’organisation, avec la mise en cause par la Secrétairerie d’État de Lesley-Anne Knight, la secrétaire générale de Caritas internationalis depuis 2007, aurait pu être évitée si Rome avait initié plus tôt un dialogue en vérité. Il nous aurait permis d’entendre ces reproches.

«Obligés de faire des compromis»

Personnellement, de ce que je peux constater sur le terrain, j’estime que la critique faite aux Caritas de ne pas être assez catholiques n’est pas justifiée. Au contraire, ses membres fournissent un énorme travail, avec cette double exigence d’être au service du frère et de le faire à la lumière des valeurs évangéliques.

Mais c’est extrêmement difficile car ils sont sur un terrain compli­qué, confrontés directement aux contradictions du monde, à des choix difficiles, et obligés de faire des compromis. Le besoin d’un soutien spirituel, d’un discernement pour bien comprendre comment agir au nom de Jésus-Christ n’en est que plus nécessaire.

Vous savez, il serait parfois plus simple d’être une ONG comme les autres sans nous poser des questions, de faire de l’humanitaire sans avoir notre souci d’être aussi porteur d’un message d’amour. »
Recueilli par Isabelle de GAULMYN


09/03/2011
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