Le Terrorisme pastoral

Le Terrorisme pastoral

Evêque c’est par toi que je meurs – 8 - Rouen : des laïcs s'en mêlent

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Que s’est-il passé à l’archevêché de Rouen la troisième semaine de novembre ?

Dés la première manifestation des prêtres contestataires, la réaction de l’archevêché  a été de dire qu’il s’agissait d’une affaire interne à l’Eglise et qu’il ne convenait pas de communiquer sur ce sujet.

Dans un article de Paris –Normandie du 19 septembre on pouvait trouver une réaction du meneur, le père Flament : «  Nous sommes las du piétinement des autorités de Rome qui se réfugient dans le culte et refusent d’écouter le monde d’aujourd’hui. Nous venons au secours de nos évêques ». Les pères Flament, Gravier, et Gobbé,  poursuit le journaliste, s’empressent d’ajouter que leur démarche n’est pas de s’opposer à leur hiérarchie directe. « Monseigneur Descubes est un homme ouvert, très sensible à l’action sociale et aux réalités d’aujourd’hui. »

La semaine du 13 au 19 novembre a été très chargée.  Selon certaines sources les prêtres contestataires devaient rencontrer l’archevêque et lui remettre une pétition de laïcs, Lettre ouverte à Mgr Descubes, qui venaient conforter leurs réclamations. Cette pétition a été publiée par Riposte catholique le 16 novembre.

Ce même jour, Mgr Descubes recevait une délégation de laïcs pétitionnaires. Cette délégation comprenait trois personnes : Colette Glück, Yves Millou et Henri Couturier. Sur la photo qui illustre cette rencontre dans Paris-Normandie du 25 novembre  figure Didier Lacheray qui n’est pas mentionné parmi les personnes reçues. Ils ont remis à l’archevêque une pétition comportant 170 signatures.

Colette Glück, Didier Lacheray et Yves Millou militent pour "ouvrir un vrai dialogue entre prêtres et laïcs, entre chrétiens de tendances différentes voire opposées..." © Benoit Vochelet

 

Madame Colette Glück commente ainsi  cet entretien : «  La rencontre a été cordiale. Mgr Descubes nous a redit qu’il ne souhaitait  pas être d’un camp ou d’un autre mais que son rôle était de préserver la communion dans le diocèse et de faire appliquer les décisions du synode diocésain ».

A la suite de cette rencontre le texte de la Lettre initiale a été  amputé  du premier paragraphe et s’intitule maintenant, Lettre ouverte aux chrétiens du diocèse de Rouen.

 Voici le paragraphe supprimé :

« Nous, laïcs chrétiens de Rouen et de son agglomération, nous prenons à notre compte et nous venons porter vers vous les questions et l’interpellation lancées à notre Eglise par les prêtres du diocèse  qui, dans la suite des prêtres autrichiens, ont écrit un Appel à la désobéissance… pour une plus grande obéissance à l’évangile. Ils ajoutent aussi « qu’ils veulent une Eglise qui soit à l’écoute des besoins et des attentes des hommes d’aujourd’hui, une Eglise solidaire des pauvres et des exclus ».

Ce texte a été remplacé par celui-ci : « Nous sommes un groupe de laïcs catholiques du diocèse de Rouen qui avons trouvé, dans l’appel d’un groupe de prêtres rouennais, des questions qui méritent d’être débattues plus largement et qui concernent la vie de notre Eglise. »

Voici notre explication de ces changements.

1 - Le texte supprimé s’apparente à une version moderne de l’apostrophe des juifs à Pilate. « T’u n’es pas l’ami de César », est remplacé implicitement par « Tu n’es pas l’ami du peuple de Dieu ! ».

2 - Il y a un changement de destinataire. Mgr Descubes les a convaincus que ce ton ne les conduirait à rien.  Et que ce faisant, ils récusaient le synode. Mgr Descubes ne sait pas le catéchisme mais c’est un redoutable manœuvrier. Il a devant lui trois énergumènes dont nous reparlerons. Ils sont engagés dans un processus révolutionnaire et après la Constituante  ils veulent la Convention Thermidorienne. Cependant les trois représentants du peuple de Dieu ne sont pas de simples factotums. Ils sont là pour exiger la reprise du dialogue. Ils sont le Tiers-Etat et suffisamment déterminés pour que l’archevêque comprenne que ce face à face est une présence constante et qu’ ils seront là s’il venait à s’écarter de la voie initiée au synode qui n’est que le commencement de la grande Réforme… comme le Concile a été le début d’une Eglise démocratique.

3 – L’archevêque prend le parti de défendre l’application du synode. Cela est sans risque pour lui car il n’y a pas de différence idéologique entre lui et ses interlocuteurs. Il y a seulement une différence sur le « modus operandi ».

Nous avons vu précédemment qu’il avait, en plusieurs occasions, fait choix de l’option révolutionnaire au Brésil ou à propos de la famille. Mais son statut de dépositaire de l’autorité ne lui permet pas de se prononcer pour des solutions immédiatement radicales.  Il n’est pas un Mgr Gaillot quelconque. Il feint de ne pas choisir un camp plutôt que l’autre, ce qui est purement rhétorique mais Il a déjà abandonné toute référence catholique en choisissant les critères « CONGAR » contre les critères d’ecclésialité.

A-t-il donné des gages à ces interlocuteurs ? C’est tout à fait vraisemblable. Ils sont là pour l’aider.

Il va continuer à fermer les yeux sur les pratiques du Père Flament et l’autonomie des communautés ne sera pas remise en question. Elles pourront développer leur charisme propre et le clergé ne dira rien. Les engagements politiques et religieux des membres des communautés mêmes les plus opposés à l’Eglise et au bien commun ne feront de sa part l’objet d’aucune remontrance ou admonestation.

Le diocèse de Rouen est déjà schismatique mais ce n’est pas officiel. La prochaine manifestation du schisme interviendra fatalement le jour du retour de la Fraternité Saint Pie X dans le giron de l’Eglise. Les contestataires de tout poil serreront les rangs autour de l’archevêque.

N’oublions pas que nous avons  à faire à des soixante-huitards du Concile II qu’ils se sont inventés et que l’appareil épiscopalo-médiatiques leur serine depuis cinquante ans. Lorsque nous découvrirons qui sont ces orphelins du progressisme qui meurent avec Témoignage chrétien on comprendra leurs angoisses. Comme l’a déclaré Yves Millou : «  On ressent parfois un réflexe identitaire dans l’Eglise ».



02/12/2011
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